Gustav LEONHARDT, le claveciniste et organiste hollandais, le musicien et interprète génial qui nous aura fait connaître les beautés inouïes des musiques européennes des XVI et XVIIe siècles, qui aura fait mentir les pédants qui refusaient de croire que l'Art de la Fugue de Jean-Sébastien Bach ne pouvait pas être joué sur un clavier avec une bonne paire de mains, cet "honnête homme" ou plutôt, cet homme simple, humble avec lui-même que l'on pouvait rencontrer humainement, est mort lundi 16 janvier dernier...

Gustav LEONHARDT aimait beaucoup la Normandie: ses paysages, la mer, son climat aussi changeant que les humeurs des musiques pour variations de l'âge baroque. Il appréciait aussi le magnifique patrimoine des orgues anciennes de notre région et il venait très régulièrement en Normandie donner des récitals et des concerts. La dernière fois, ce fut au théâtre de Lisieux en juin 2010.

En Normandie, Gustav Leonhardt appréciait un public de mélomanes plutôt connaisseurs qu'il aimait à retrouver dans l'ambiance presque familiale du festival de "l'Académie Bach" organisé chaque année à la fin du mois d'août autour de l'orgue de l'église d'Arques la Bataille près de Dieppe par Jean-Paul Combet, le fondateur du label discographique Alpha, qui a gravé le dernier enregistrement de Gustav Leonhardt au clavecin et au clavinorganum, un disque sublimement mélancolique dédié aux maîtres anglais, hollandais et allemands du XVI-XVIIIe siècles...

En Normandie, Gustav Leonhardt avait une tendresse particulière pour deux orgues anciennes et magnifiquement restaurées dues au facteur Claude Parisot (vers 1730- 1750):

Notre-Dame de Guibray à Falaise (Calvados) et...

Saint-Rémy de Dieppe: une merveille de délicatesse sonore, restituée par le talent du facteur d'orgue caennais Jean-François Dupont, toute en puissante transparence ou en ombres voilées et élégantes à l'image des cieux normands ou de la musique française des XVII et XVIIIe siècles.

Merci à Gustav Leonhardt.