La Normandie agricole est déjà "réunifiée": une seule chambre régionale d'Agriculture (siège à Caen); un bassin laitier normand sur les cinq départements, l'Institut Régional de la Qualité Alimentaire...

En outre, la Normandie agricole et agro-industrielle est très diversifiée et a su ces trente dernières années éviter les excès environnementaux du modèle productiviste qui fait désormais le malheur et les odeurs d'autres régions plus "avancées" que la Normandie dans une certaine forme de performance économique au détriment de la qualité, de la santé animale et humaine et de l'environnement (ex: pollution des eaux; épuisement de la terre)

Enfin, la Normandie dispose déjà de 11 produits du terroir ayant le label AOC et cela à 200KM à l'Ouest de la PREMIERE REGION URBAINE d'Europe (la région parisienne qui ne dispose que d'une autonomie de 3 jours seulement pour son approvisionnement en produits alimentaires frais).

C'est pourquoi, la Normandie peut retrouver sans peine son rôle ancestral de fournisseur privilégié de produits alimentaires frais et de grande qualité pour la région parisienne: dès la fin du XVe siècle, le beurre du Cotentin était exporté vers son marché parisien... On connaît bien entendu la fortune des quatre fromages normands sur les tables parisiennes ou dans la besace de tous les Poilus de la Grande Guerre (le "camembert" devenant le fromage national des Français).

La Normandie peut et doit devenir la REGION DE L'AGRICULTURE "BIO-CAL" à destination des grands marchés urbains qui sont à proximité. Mais la Normandie de l'agro-industrie doit aussi devenir un leader européen pour la qualité de ses produits: la filière LINICOLE en est déjà l'exemple.

Malgré ce potentiel, le monde agricole normand, est saisi par le doute:

Un vieux monde (pas si vieux que cela) s'effondre (celui de la vache à lait FNSEA arrosée au lisier des subventions européennes) et un monde neuf émerge (retour à une vraie agriculture paysanne de proximité, financièrement autonome, dynamique et innovante). La mutation des esprits va prendre du temps car "on ne met pas le vin nouveau dans de vieilles outres" et cela prendra d'autant plus de temps qu'une nouvelle "question agraire" se pose de plus en plus: accaparement des terres par le système "FNSEA SAFER Crédit Agricole" qui empêche l'installation de jeunes exploitants "non conventionnels"; disparition des meilleures terres au profit de l'étalement péri-urbain et de ses infrastructures de transports: autoroutes, parkings de supermarchés, voiries résidentielles...

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