Ces derniers jours avait lieu à Caen un important colloque des professionnels du tourisme et des responsables des sites historiques et mémoriels des plages du Débarquement de juin 1944.

La question est de préparer l'avenir "touristique" de ces sites qui participent de la renommée internationale de la Normandie, lorsque le pélerinage de piété filiale et amicale s'achèvera avec le décès de tous les témoins directs de l'Histoire "avec une grande hache" comme le disait Georges Pérec...

Cette question est moralement sensible: Françoise Gondrée qui se bat pour fait vivre le café du pont de Pégasus Bridge à Bénouville en sait quelque chose. La pression du business du tourisme de la Mémoire est déjà très forte...

D'où l'intérêt d'en discuter et de réfléchir à une offre touristique qui n'en soit pas seulement une...

Il faudra impérativement préserver des sanctuaires de toute marchandisation pour qu'un pélerinage de la piété intérieure se substitue en douceur au pélerinage de la Mémoire: l'exemple à suivre ou à ne pas suivre qu'il faudrait avoir en tête pour demeurer lucide sur cette grave question c'est le cas extrême des camps de concentration nazis ouverts au public.

A Auschwitz- Birkenau (le nom allemand de l'Enfer) il a bien fallu sérieusement éloigner la baraque des souvenirs vendus aux "touristes" des "lieux" (si l'on peut moralement considérer un camp d'extermination nazi comme un "site" à visiter).

Un élémentaire principe de décence devrait être de mise: c'est peut-être ainsi qu'il faut entendre l'appel du directeur du Comité Régional du Tourisme de Normandie à une offre touristique de "haute qualité"...

A lire ci-après, l'excellent compte-rendu que fait Xavier Oriot de ce colloque pour Ouest-France / Caen:

OF Tourisme 1944