Contrairement à ce que continue de faire Ouest-France, le groupe multi-médias indépendant 100% normand "TENDANCE OUEST" nous propose régulièrement des infographies normandes complètes sur les réalités normandes...

 

(source: L'Orne combattante)

On peut ainsi apprécier la dernière infographie proposée, celle des accidents de la route qui se sont produits sur l'ensemble du réseau routier des cinq départements normands au cours de l'année 2012. Chaque événement est classé par ordre de gravité jusqu'au triste point rouge signalant un accident mortel. Une fiche précise les circonstances pour chaque événement. La carte normande des accidents de la route pour l'année 2012 recense ainsi 2139 événements, d'après les chiffres communiqués par les préfectures.

Pour voir l'infographie c'est par ici:

http://www.tendanceouest.com/infographie/accident-normandie/carte.html


 

Commentaires de Florestan:

La "France périphérique" opposée à la " France métropolitaine" qui inquiète tant le géographe Christophe GUILLUY nous en voyons une claire et tragique illustration en observant avec précision la carte normande des accidents de la route...

1) Le grand axe routier normand le moins accidentogène et le moins mortel c'est l'A13 et l'ensemble du réseau concédé à la "Sangsue aux Normands" (SAPN): le prix du péage semble être corrélé au niveau de sécurité pour rouler jusqu'à 130km/h...

Les liaisons métropolitaines sont coûteuses mais fiables.

2) Sur les grands axes à 2x2 voies non concédés et encore dépendants de l'Etat central via la DIRNO  (par ex: l'A84, la RN13, la RN 31, la RN 12...) il y a déjà un peu plus d'accidents graves voire mortels. L'entretien est moins régulier de même que les normes autoroutières sur l'ensemble de ce réseau encore 100% PUBLIC ne sont pas continues: il y a encore de nombreux carrefours à niveau. C'est notamment le cas sur les anciennes portions de routes nationales qui sont à 3 voies ou à 2x2 voies limitées à 110km/h

3) Bien entendu, les trois grandes agglomérations normandes concentrent la plupart des événements en raison de l'intensité de la circulation automobile quotidienne dans les grandes agglomérations urbaines.

Dans leur immense majorité, les accidents restent sans gravité. A noter qu'il y a globalement moins d'accidents dans l'agglomération caennaise ou au Havre que dans celle de Rouen: la métropole normande est vraiment l'agglomération la plus peuplée, la plus densément parcourue et dans les pires conditions (absence d'un vrai périphérique pour le transit Nord Sud). 

Rouen confirme donc son statut d'enfer routier !

4) L'immense majorité des accidents mortels se produisent sur le réseau routier secondaire rural, à l'occasion de trajets domicile -travail. Ainsi, voit-on des auréoles accidentogènes dans un pourtour de 20 à 40km autour des agglomérations caennaise et rouennaise. On se tue donc beaucoup sur la route dans les confins de la plaine de Caen et du Pays d'Auge mais aussi du côté du Pays de Bray.

Reste le cas particulier de l'accidentologie en zone rurale profonde (Orne, Sud Manche, Ouest de l'Eure): trois facteurs s'entrecroisent...  Les conditions météos difficiles (la pluie, le verglas, le brouillard), les accidents impliquant des conducteurs d'un certain âge et des jeunes qui visiblement peuvent parfois rouler trop vite en doublant un véhicule trop lent !