Comme le savez tous ici ou presque, le collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie", grâce à l'amitié et à la confiance de Michel Onfray, le célèbre philosophe normand, anime depuis 6 ans maintenant le séminaire "Normandie" de l'Université populaire de Caen.

L'amitié et la confiance permettent de partager les mêmes points de vue, les mêmes valeurs ou les mêmes combats. Elles peuvent, elles doivent aussi permettre les divergences, les différences, les débats, les désaccords...

C'est parce que je suis lié d'amitié d'idées et d'humanité avec Michel notamment sur l'idée d'unité normande pour contribuer ici et maintenant à une réalité plus authentique, plus humaine, plus libre, plus belle, plus sensuelle, plus joyeuse que je me permettrais de dire ici que je ne suis pas entièrement d'accord avec lui quant à sa tribune parue lundi dernier dans Ouest France...

Autant il me parait nécessaire, indispensable qu'une grande voix normande comme celle de Michel nous rappelle avec lucidité, voire rudesse, quelques réalités, à commencer par le triste constat d'un certain désamour des Normands pour eux-mêmes qui, faut-il le rappeler, est la conséquence de plus de quarante années de division administrative et politique qui ont cassé un "espace vécu régional commun" (A. Frémont) avec son lot de "passions tristes" (M. Onfray) fleurissant sur le fumier de l'ignorance, autant, il me paraît, plus nécessaire encore, en tant que militant de l'unité normande et compagnon de route de l'Université Populaire fondée par Michel Onfray, de réfléchir avec générosité à toutes les solutions qui peuvent exister pour en finir avec l'ignorance, la méfiance, la défiance, le mépris réciproque entre Haut et Bas Normands...

Par exemple, notre devoir est de démontrer grâce à nos amis du collectif des Quinze géographes universitaires normands qui participeront à notre séminaire de l'UP Caen et qui ont, assurément, la plus grande expertise technique et concrète sur la question régionale normande, qu'une métropole capitale régionale en réseau de villes avec Caen-Rouen- Le Havre est la meilleure solution pour réussir une unité normande qui puisse profiter à tous les Normands.

La formule de Michel "Raffinements et Raffineries" est frappante mais elle est malheureuse car elle renvoie aux clichés qui font que les "Normands ne s'aiment pas" parce que bien peu en Normandie, ont du mal à dépasser le cadre mental bas ou haut normand, (on voit encore la même chose dans l'Allemagne réunifiée 25 ans après la chute du Rideau de Fer ou du Mur de Berlin): elle aura pu légitimement choquer et blesser, notamment en Haute Normandie où l'on peut aussi trouver beaucoup de raffinement culturel, politique, esthétique parmi ceux qui travaillent dans les raffineries...

On peut d'ailleurs remarquer que le dessin humoristique d'Emmanuel Chaunu qui accompagne le texte de Michel et qui était sensé illustrer la formule "Raffinements raffineries" a fait disparaître... le Pont de Normandie, symbole contemporain de l'unité normande: quand on évoque des frontières mentales, les ponts de la réalité concrète ne suffisent pas...

C'est donc avec une volonté normande faite de générosité, de détermination, d'esprit coopératif et mutuel au service d'une cause commune, d'un intérêt général normand qu'il faut nous affranchir de cette "servitude volontaire" (E. De La Boétie) qui consiste à se laisser enfermer en Basse-Normandie ou en Haute-Normandie alors que nous avons tous à nous reconquérir nous-mêmes pour reconstruire une seule Normandie, une seule fierté normande.

Invité ce samedi 8 novembre 2014 sur le plateau de FR Basse-Normandie de l'émission "la Voix est Libre" face à un Franck Besnier qui s'obstine dans sa  cécité bas-normande, Michel Onfray a eu l'occasion de préciser la véritable cible de sa tribune, et, pour le coup, nous sommes parfaitement d'accord avec lui:

Avec Michel Onfray, nous pensons que la réunification normande doit être l'occasion d'une véritable renaissance normande et de son identité régionale au service d'un projet humaniste de solidarité territoriale qui pourrait être, à terme, un antidote à l'ordre dominant qui provoque tant de désordres économiques, sociaux, culturels...

Dans cette émission, Michel Onfray le dit clairement: la Normandie actuellement divisée est soumise à une "captivité fabiusienne" (l'expression est nôtre) et ce que craint Michel, c'est que l'actuelle Basse Normandie ne soit définitivement subordonnée, au sein de l'unité normande, à ce pouvoir fabiusien car, je cite, "Laurent Fabius est un requin" (M. Onfray) car le risque est grand que toute l'énergie, l'argent de la future région ne soient "là haut" parce que, je cite encore Michel Onfray évoquant une certaine caste de politiciens faisant carrière dans le trou normand :"ils n'aiment pas les Normands, ils aiment le pouvoir qu'ils ont sur les Normands"...

On ne peut que partager la crainte du philosophe normand. Raison de plus pour faire connaître la seule solution qui permettrait de ne plus confondre la Normandie avec la Fabiusie, c'est à dire construire ensemble non pas un ensemble de "trois capitales" mais un réseau métropolitain capitale régionale avec Caen et Rouen sans oublier Le Havre.

Enfin, et ce n'est pas le moindre, il faut savoir que la décision de publier la tribune de Michel Onfray dans l'édition caennaise et normande de Ouest France lundi dernier a été prise par Monsieur Lerosier de la rédaction de Caen, qui visiblement, aime bien nos débats normands au point que l'on pourrait reprendre au sujet de ce "bas"Normand perdu au fond du Grand Ouest, les mots d'une célèbre déclaration d'amour française à l'Allemagne: "j'aime tellement la Normandie que je préfère en avoir deux !"

Philippe CLERIS, co-animateur du collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie"


 

Michel Onfray, invité de La voix est libre ce samedi à 11h30

L'Université Popualire de Caen vient de faire sa rentrée. Michel Onfray, son fondateur, sera sur le plateau de La voix est libre avec Franck Besnier ce samedi à 11h30.

  • Par Catherine Gauberti
  • Publié le 06/11/2014 | 17:30 , mis à jour le 07/11/2014 | 17:43
Michel Onfray et Franck Besnier © B.Goulet
© B.Goulet Michel Onfray et Franck Besnier
Le philosophe Michel Onfray sera l'invité de la "Voix est libre" ce samedi 8 novembre à 11H30 sur France 3 Basse-Normandie.
Franck Besnier recevra donc celui qui a lancé il y a treize ans l'Université populaire de Caen qui faisait sa rentrée cette semaine dans un théatre d'Hérouville plein à craquer. Cette semaine, Michel Onfray publie une tribune dans Ouest-France en lançant un appel aux Bas-normands :

"Aimez vous ! Soyez fiers de vous ! La Basse-Normandie est riche de talents (...) Cette vieille terre de philosophie, de sagesse, de gastronomie, de nature doit montrer aux "requins de la région haute" qu'elle a des valeurs qu'il faudra prendre en compte au moment du mariage des deux Normandies."


Michel Onfray, défenseur de l'identité normande plaide pour que Caen devienne la "capitale culturelle" mais sera-t-il entendu ? Les politiques bas-normands sont-ils prêts à l'écouter ? Pas sûr car ils en veulent plus et réclament un partage équitable entre Caen, Rouen et le Havre.

Franck Besnier et Michel Onfray feront également un tour d'horizon de l'actualité : l'affaire des drones au dessus des centrales nucléaires, le bilan à mi-mandat de François Hollande, le problème des réfugiés et de la construction d'un "village mobile" au nord de Caen ou encore la CGT qui se trouve dans la tourmente avec l'affaire de l'appartement de Thierry Lepaon.

► La voix est libre, samedi 8 novembre à 11h30 sur France 3 Basse-Normandie

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/emissions/la-voix-est-libre-basse-normandie