Vendredi 30 octobre 2015 à Val de Reuil au stade Jesse Owens avait lieu le premier grand meeting de la campagne des régionales normandes pour le parti socialiste autour de Nicolas MAYER ROSSIGNOL président sortant du ci-devant Conseil régional de Haute Normandie et en présence de Laurent Fabius, Bernard Cazeneuve et Clotilde Valter (ancienne députée PS de Lisieux et désormais secrétaire d'état chargée de la simplification administrative).

Disons les choses clairement:

Si Nicolas Mayer-Rossignol et ses listes départementales continuent de donner l'impression d'être plus au service d'un clan (la Fabiusie) que d'un projet (mettre en oeuvre un fédéralisme solidaire normand aussi inédit qu'original) ils perdront la Normandie car la nécessité de réunir toute la gauche normande au lendemain du premier tour tant pour espérer l'emporter face à la droite (et c'est possible)  que pour éloigner le spectre du Front National, risque d'être cornélienne !

Le débat sur la "capitale" normande qui occulte les vrais enjeux de l'avenir normand que sont la question lancinante du transport ferroviaire, de la mobilité, de la formation et l'avenir des jeunes, de l'avenir du port du Havre et de la Basse Seine, du sous-financement chronique des grands projets d'infrastructures, de l'avenir même de la Normandie face à la Région parisienne, sert habilement la droite normande qui a beau jeu de dénoncer la captation fabiusienne de la Normandie et la tentation prêtée aux Fabiusiens Rouennais de s'abandonner à un jacobinisme régional pour le seul profit de la métropole de Rouen.

C'est certes symbolique mais Nicolas Mayer-Rossignol doit clairement participer du seul consensus existant actuellement entre toutes les principales têtes de listes de ces premières élections générales normandes de l'Histoire: affirmer comme les autres l'équilibre entre ROUEN préfecture régionale et CAEN exécutif du conseil régional.


 

La cathédrale Rouen, centre ville.

Laurent Fabius, Bernard Cazeneuve et Clotilde Valter viennent soutenir ce vendredi Nicolas Mayer-Rossignol, qui conduit les socialistes en Normandie. Rien ne semble joué face à Hervé Morin (UDI) et Nicolas Bay (FN).

Les socialistes sortent l’artillerie lourde en Normandie pour soutenir Nicolas Mayer-Rossignol, leur tête de liste pour les régionales. Ce vendredi soir, ils vont tenir leur principal meeting de campagne à Val-de-Reuil (Eure) en présence de Laurent Fabius, Bernard Cazeneuve et Clotilde Valter, les trois ministres normands.

En choisissant Val-de-Reuil, ville socialiste dans l’orbite de Rouen où ils règnent sans partage, ils signifient qu’ils veulent en priorité mobiliser leur électorat. Nicolas Mayer- Rossignol, président du Conseil régional de Haute-Normandie, rappellera que la région bientôt réunifiée est la moins endettée de France et que cet avantage lui permet de ne pas augmenter les impôts tout en conservant des marges pour développer les services à la population. Il n’épargnera pas la tête de liste de la droite, le député UDI de l’Eure Hervé Morin, qu’il accuse régulièrement de « démagogie » et de « mensonges » et qu’il épingle pour son absentéisme au conseil régional.

Les mots ne sont pas plus amènes à droite. « Si la région n’est pas endettée c’est parce qu’elle n’a pas de projet et pas de stratégie », déclare Hervé Morin, qui recevra fin novembre le soutien de Nicolas Sarkozy.

« Un juste équilibre »

Dans ce scrutin, la droite veut parachever ses victoires aux municipales et aux cantonales . Elle gère aujourd’hui les cinq départements et une grande partie des villes, à l’exception de Rouen, Dieppe, Cherbourg et Alençon. En campagne, l’ancien ministre de la Défense promet une seule agence de développement dotée d’un capital de 100 millions d’euros, une bourse régionale où s’investirait l’épargne des Normands ou encore une agence d’attractivité pour développer la marque « Normandie ». Il plaide en faveur d’un plan Marshall pour le train, d’investissements dans les ports et de routes à quatre voies pour desservir les villes moyennes qui en sont dépourvues.

Sur le plan de l’organisation de la nouvelle région, les deux camps paraissent satisfaits du choix de Rouen comme préfecture, assorti d’une répartition des services de l’Etat entre cette dernière et Caen. Mais, en Basse-Normandie, des voix s’élèvent pour que l’exécutif régional soit en contrepartie basé à Caen. Une association a organisé dimanche dernier une marche qui a réuni 500 personnes dans Caen pour réclamer « un juste équilibre » des pouvoirs, condition pour que la fusion soulève « l’enthousiasme » dans la population. Hervé Morin assure qu’il s’installera à Caen s’il est élu tandis que Nicolas Mayer-Rossignol indique qu’il se partagerait entre les deux villes tout comme son cabinet. Concernant les effectifs, le candidat de droite plaide pour « le non-remplacement de tous les départs en retraite », tandis que le candidat PS assure que les agents resteront en place « où ils sont » et que « les économies d’échelle se feront sur les achats de la collectivité et non sur les services rendus ».

Fusionner les listes

Enfin, la droite ne dispose pas de réserves de voix, à la différence des socialistes qui peuvent espérer fusionner leur liste à l’issue du premier tour avec celles du Front de gauche et des écologistes. Un sondage BVA datant d’une semaine montre que les socialistes distancés au premier tour talonneraient la droite (34 % contre 36 %) au second grâce au renfort de ses alliés. « Cela montre que tout reste ouvert », dit Nicolas Mayer-Rossignol, qui se voyait jusqu’alors simplement en position de « challenger ». Pour tous, le niveau prêté au Front national (30 %), conduit par son secrétaire général Nicolas Bay, peut susciter des craintes.

Dominique Aubin
Correspondant au Havre

 
  • Le reportage de Paris-Normandie vendredi 30 octobre au meeting socialiste (ou fabiusien?) du Val de Reuil:

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/4354269/actualites+politique/regionales-2015--nicolas-mayer-rossignol-lance-sa-campagne-a-val-de-reuil-avec-les-ministres-cazeneuve-et-fabius#.VjSZTyubLv0

Régionales 2015 : Nicolas Mayer-Rossignol lance sa campagne à Val-de-Reuil avec les ministres Cazeneuve et Fabius

Régionales 2015 : Nicolas Mayer-Rossignol lance sa campagne à Val-de-Reuil avec les ministres Cazeneuve et Fabius

Publié le Il y a 11 Heures

Régionales. Hier, à Val-de-Reuil, le candidat socialiste Nicolas Mayer-Rossignol a reçu le soutien direct de deux poids lourds du gouvernement et pris le pouls des militants.

Un militant socialiste gare sa voiture au bord d’un champ : «C’est la campagne ici.» La campagne à Val-de-Reuil, peut-être. Le lancement d’une campagne, celle du Parti socialiste pour les régionales, indubitablement. Aux abords de la salle Jesse-Owens, les drapeaux PS et Jeunes socialistes sont en nombre. Les bus immatriculés en Basse-Normandie déversent leurs passagers. Quelque 2 000 soutiens, un peu plus selon les organisateurs, sont là pour le lancement de la campagne de Nicolas Mayer-Rossignol.

Hervé Morin, cible favorite

Un candidat qui, selon le sondage publié récemment, part challenger, devancé par Hervé Morin (UDI-MoDem-Les Républicains) et Nicolas Bay (Front national) au premier tour du 6 décembre. «Ça va être dur, oui, confie un élu socialiste haut-normand. Mais, 33% ne savent pas encore pour qui voter, nous devons aller les chercher. Nicolas est combatif.»

Sur scène, Nicolas Mayer Rossignol arrive, entouré de Laurent Beauvais (président de la Basse-Normandie) et du poids lourd du gouvernement Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur.

Valérie Fourneyron, ex-ministre des Sports et députée de Seine-Maritime est là aussi. Le siège de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, reste vide. «Il va arriver, il rentre d’un déplacement en Autriche», assure le maire de Val-de-Reuil Marc-Antoine Jamet. L’hôte de la soirée, très en forme, ouvre le bal et dézingue Hervé Morin, adversaire désigné du candidat socialiste et punching-ball officiel de la soirée. «Il a trahi un Sarkozy bling-bling pour un Le Maire gnangnan! Ne les laissons pas détruire la région comme ils ont détruit les départements», balance-t-il, profitant de la tribune pour étriller le président du Département de l’Eure, Sébastien Lecornu.

Les discours s’enchaînent. Laura Slimani, pour les jeunes socialistes et maîtresse de cérémonie, puis Valérie Fourneyron lâchent les coups sur Hervé Morin toujours. Clotilde Valter, secrétaire d’État chargée de la Réforme de l’État et de la Simplification, en remet une couche. Alain Tourret, pour le Parti radical de gauche, insiste sur la «pépite» touristique Normandie et appelle les électeurs à «éliminer les conservateurs et abattre les ultras du Front national» ; il est le premier à en parler directement alors que les sondages créditent les frontistes de 27 % au 1er tour.

Pour Bernard Cazeneuve, l’absentéisme d’Hervé Morin au conseil régional est un boulevard. Revenu d’Autriche, Laurent Fabius, lui, en appelle à l’union de la gauche et à «l’unité de la Normandie»: «Ce serait immoral que ceux qui n’ont rien fait soient ceux qui l’administrent. Avec Nicolas et Laurent, l’unité de la Normandie sera garantie. L’unité et la crédibilité: cette région est la mieux gérée de France.»

«Nous pouvons gagner»

Avant de laisser la place à Nicolas Mayer-Rossignol, Laurent Fabius, qui ne tarit pas d’éloges sur le candidat socialiste, conclut : «Ça se jouera à peu de choses. Mais, sur le papier, nous pouvons gagner.» L’optimisme, en campagne, est certainement indispensable : «On disait la gauche au fond du trou. Mais elle est là, la gauche normande, rassemblée», s’enthousiasme un Nicolas Mayer-Rossignol galvanisé, en égrenant son programme : trains, éducation, culture. Égalité aussi, pour laquelle un ou une vice-présidente sera nommée en cas de victoire. Il salue également le tavail de son prédécesseur Alain Le Vern. Un bref coup d’œil dans le rétro, avant de regarder vers l’échéance du 6 décembre.

Anthony Quindroit

a.quindroit@presse-normande.com


Commentaire de Florestan:

Pour que la gauche normande l'emporte afin que la Normandie qui est rouge et or ne soit pas repeinte en bleu marine, il faut qu'elle soit unie !

Ce qui est très loin d'être le cas ! Tant qu'il ne sera pas clairement démontré que le projet socialiste normand n'est pas celui d'un clan fabiusien souhaitant centraliser le pouvoir à Rouen alors qu'il nous faut construire un fédéralisme solidaire et coopératif aussi inédit qu'innovant: hélas, le passif fabiusien ne nous aide pas à croire à cette belle idée longtemps plus partagée par les socialistes normands réunificateurs de Basse Normandie que par leurs camarades Haut-normands.

Car n'oublions pas que c'est moins la gauche normande qui a réalisé l'unité normande qu'un François Hollande, natif de Rouen qui l'a historiquement imposée à Laurent Fabius, qui n'en voulait pas, en juin 2014 à la veille des commémorations du 70ème anniversaire du Débarquement de 1944!