Lundi 3 octobre 2016 à Caen, en séance plénière du Conseil Régional de Normandie, une décision, sans précédent, a été prise: une autorisation de programme d'investissements pluri-annuel d'un total maximal de 892 400 000 euros (dont 720 millions apportés par l'Etat) (rapport présenté par M. Jean-Baptiste Gastinne) a été votée pour la reprise en main totale par la région Normandie des lignes TET. A l'heure du vote, on ne connaissait pas le nom du fabricant des rames qui serait retenu: il s'agirait du canadien Bombardier alors qu'on s'inquiète de l'avenir d'Alstom à Belfort. Enfin, on s'inquiète de voir une Normandie "aux poches profondes" (Nicolas Bay) financer le déficit chronique de lignes TET de plus en plus concurrencées par une mobilité "ubérisée"...

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Le Front National a donc voté contre une "dépense pharaonique"en arguant que le problème est d'abord un problème d'infrastructures plus qu'un problème de matériel roulant: avec 200 millions cela aurait suffit. Sauf que le problème est, bel et bien, à la fois, le matériel et les voies... De plus, la rénovation des trains Corail comme en Auvergne préconisée par le FN a déjà été faite.

Le PCF (Sébastien Jumel) annonce qu'il va s'abstenir sur ces choix car il s'agit aussi de saluer le transfert de la maintenance ferroviaire normande en Normandie (sites de Sotteville, Caen et Granville)

Les écologistes se plaignant de l'absence de l'écotaxe (merci aux Bretons et à Mme... Duflot) vont voter contre: ils voudraient une écotaxe régionale sur les poids-lourds pour financer l'effort ferroviaire régional.

Pour le PS, Marc-Antoine Jamet, au titre de sa présidence de la commission régionale des finances, dénonce que l'argent est dépensée à tout va désormais. La Normandie ne serait plus la région la mieux gérée de France. De plus, notre région normande ne pèserait plus rien face au mépris de l'Ile de France (Valérie Pécresse ne veut rien financer et le préfet de région Ile de France a affirmé récemment que la "LNPN était morte").

Nicolas Mayer-Rossignol (socialiste) a rappelé que l'engagement de l'Etat de remplacer les rames Corail a été pris dès le 7 juillet 2015. Mais il a aussi pointé que l'originalité dangereuse de la Normandie est que notre région n'aurait pas assez négocié avec un Premier ministre (... socialiste) et qu'elle va "raser gratis" pour une SNCF endettée en se lançant dans une régionalisation inédite des trains.

Laurent Beauvais (socialiste) rappelle l'effort de 150 millions qui avait été fait par l'ex Basse Normandie pour remettre à niveau le Paris-Granville avec, notamment, la prise en charge par la SNCF du déficit d'exploitation en échange de l'investissement pour la modernisation fait par la région: cet aspect semble avoir disparu du nouvel accord régional normand sur les TET et l'ancien président de région normand s'en inquiète.

Hervé Maurey s'agace en disant que la seule chose que les socialistes normands ont su négocier avec la SNCF c'est le recasage d'Alain Le Vern... Il réclame de leur part un peu plus d'humilité car il eut été plus confortable de ne rien et d'attendre que l'Etat agisse: l'actuelle majorité régionale a décidé d'agir en se substituant à un Etat central défaillant.

Jean-Baptiste Gastinne reprend la parole et s'inquiète de l'effondrement de la fréquentation du service public régional ferroviaire normand: le passif des quinze dernières années dans le cadre étriqué de la division normande est calamiteux. Un schéma normand des transports publics va enfin être réalisé: ce sera le premier du genre. La rénovation totale de la ligne ferroviaire Caen/ Rouen sera au coeur du projet.

Il rappelle aux élus Frontistes qu'on ne peut plus rénover les trains Corail: ils l'ont été déjà quatre fois! Le nouveau matériel normand sera fabriqué en France à Crespin dans le Nord par Bombardier à condition de savoir si ces nouveaux matériels pourront accéder aux quais de la gare St Lazare: on attend les conclusions des ingénieurs de la SNCF et c'est la dernière incertitude planant sur cette grande affaire ferroviaire normande.

Puis M. Gastinne revient avec précision sur l'affaire de l'abandon du projet de gare d'interconnexion à la Défense dans le cadre de la future LNPN:

Dans le nouveau schéma régional francilien des transports (lancé par Monsieur Huchon ancien président socialiste de la région Ile de France, c'est nous qui soulignons), la future gare de la Défense desservant la Défense était placée en réalité à 15 minutes de la Défense et la connection directe avec RCDG n'était plus possible pas plus que l'interconnexion avec les autres LGV: dans la perspective de la future arrivée du RER Eole à Mantes la Jolie, le schéma francilien a donc abandonné ces éléments faute d'un lobbying normand suffisant. On rappelera qu'à l'époque, la Normandie était divisée et qu'Alain Le Vern dans l'ex Haute n'en faisait qu'à sa tête...

Ainsi, en terme d'attractivité et d'accès ferroviaire dans la région parisienne, Il ne reste à la Normandie que la gare Saint Lazare: elle sera "normandisée" pour mieux identifier la Normandie sur les quais de la dernière gare terminus de Paris.

Et le Serqueux-Gisors?

Gastinne rappelle que le lancement du projet en 2009 s'est très mal passé. Le Vern n'a rien expliqué dans le Val d'Oise pour dire l'importance du fret ferroviaire pour le port du Havre. Le Vern a d'ailleurs méprisé autant le Val d'Oise que le Pays de Bray  où les riverains et leurs élus ne voyaient que les nuisances jusqu'à ce que des réunions de concertation et des aménagements d'accompagnement ne soient mis en oeuvre par la nouvelle majorité régionale normande. Heureusement, il y a eu une mobilisation de la société civile normande lors de l'enquête publique qui s'est conclue par un avis positif du commissaire enquêteur permettant à ce projet essentiel pour l'avenir maritime de la Normandie de se poursuivre.

Conclusion:

Fallait-il attendre 2020 pour commencer à faire quelque chose?

Le pire eut été de ne rien faire: d'autres régions pensent faire comme la Normandie.

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 A ce sujet, on ne pourra que partager la colère de Jean-Baptiste Gastinne à l'encontre de certains élus socialistes normands, à commencer par les députés socialistes de la Seine-Maritime Christophe Bouillon et surtout Catherine Troallic qui multiplient des déclarations intempestives sur les dossiers ferroviaires au risque de nuire à l'intérêt général normand... Il est vrai qu'un député de la "Nation" n'étant pas lié à ses électeurs par un mandat impératif peut se permettre de dire... n'importe quoi!

Lire le communiqué de Jean-Baptiste Gastinne à l'issue de la dernière assemblée plénière du conseil régional:

Le 4 octobre 2016

Serqueux-Gisors : les mensonges de Madame Troallic

Dans un communiqué de presse publié à l’issue de l’Assemblée Plénière de la Région du 3 octobre 2016, Catherine Troallic que l’on entend très peu dans l’hémicycle, multiplie avec une mauvaise foi désarmante les mensonges et les omissions sur la position de la Région au projet d’électrification de la ligne Serqueux-Gisors.

-         mensonge n°1 : Contrairement à ce qu’affirme Mme Troallic, la Région Normandie a apporté son soutien plein et entier au projet Serqueux-Gisors. Elle l’a exprimé par délibération à l’occasion de la Commission Permanente du 4 avril 2016 !

-         mensonge n°2 : la majorité régionale a rappelé en séance, par la voie d’Hervé MORIN, le caractère stratégique pour la Normandie, les ports du Havre et de Rouen, de la réalisation de ce projet ;

-         mensonge n°3 : la précédente majorité en Haute-Normandie avait mis en péril le projet Serqueux-Gisors en refusant tout dialogue avec les territoires impactés (le Bray normand et Gisors). Ce mépris a eu pour conséquence de mobiliser les élus de ces territoires contre ce projet. Dès notre élection, Hervé Morin et moi-même avons ouvert le dialogue avec les élus concernés pour favoriser son acceptation de ce projet alors que l’enquête publique arrivait à son terme et que l’Etat s’apprêtait à lui donner son feu vert.

Les déclarations de Madame Troallic sont choquantes. A l’image de la stratégie engagée par les élus PS de la Région Normandie, elles privilégient les contre-vérités. Plus grave, Madame Troallic prend sciemment le risque de créer une polémique infondée pour mieux se positionner pour les législatives, quitte à affaiblir Serqueux-Gisors à quelques semaines de la décision finale de l’Etat sur ce projet.

Jean-Baptiste GASTINNE

Vice-Président de la Région Normandie en charge des transports


 

Lire aussi sur le même sujet, la décision aberrante de commander des rames TGV à l'usine Alstom de Belfort pour les faire rouler sur les grandes lignes Intercités:

http://www.francetvinfo.fr/economie/entreprises/alstom/alstom-mettre-des-tgv-sur-des-lignes-intercites-c-est-une-aberration-en-termes-d-economie-et-de-service-aux-clients_1855853.html

Au delà d'une politique industrielle bricolée à quelques mois des élections présidentielles parce qu'un grand groupe faisant pourtant des bénéfices à l'étranger s'essaye, une fois de plus, à l'art de faire chanter l'Etat actionnaire, on s'interrogera plutôt sur l'absence de financement suffisant de l'association nationale de financement des infrastructures de transports français présidée par un certain Philippe DURON  (voir ici-même un billet sur ce sujet) car, entre les Bretons qui nous ont cassé les portiques de l'écotaxe et les amis autoroutiers de François Hollande qui nous font les poches ou, last but not least, le siphonage du peu d'argent disponible par les grands projets des camarades en région (on pensera au Canal Seine Nord cher à Martine Aubry)...

IL N'Y A PLUS DE POGNON!