On peut parler de trahison idéologique de nos soi-disant "élites": veut-on encore de l'industrie en France? Il faudrait peut-être, hélas, reformuler la question en reprenant le titre provocateur du dernier gros livre proposé par notre célèbre philosophe normand: oui ou non, êtes-vous d'accord pour accompagner la décadence de la civilisation avec, pour finir, le suicide collectif?

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A force de demeurer dans leurs bulles (à l'instar de ces expériences actuellement menées aux USA de bulles pour survivre sur la planète Mars), à force de ne connaître que l'archipel métropolitain mondialisé où elles habitent masquées derrière leurs écrans idéologiques (exemple: l'idéologie individualiste relativiste libérale prônant l'absence des idéologies), nos élites politiques et médiatiques ne voient plus l'immense océan des réalités et des évidences. A commencer par celles-ci:

1) Pour goûter aux plaisirs subtils des emplois de services métropolitains supérieurs il faut, d'abord, une solide base concrète industrielle et technicienne.

2) Pour réussir la transition écologique face à la menace du changement climatique, il faut des ouvriers et des ingénieurs.

La Normandie n'est pas l'une des régions des empires et états de la Lune où le voyageur Cyrano, crevant de faim, devait se contenter d'un "festin de fumets" ou d'une cerise en l'absence du gâteau disparu. La Normandie n'est pas, non plus, un plan sur la comète que cela soit en 1066 ou en 2017: c'est une réalité concrète puissante avec une géographie, une histoire et des collectifs humains qui vivent et travaillent avec des savoir-faire qui vont se révéler précieux pour préparer l'avenir et ses urgences rappelées ci-dessus.

Le constat à lire ci-dessous est scandaleux.

C'est le constat clinique d'un sacrifice collectif où la négligence le dispute avec l'incompétence: la Normandie, région industrielle participe de tout ce grand angle Nord-Est français placé idéologiquement "dans le dos" de nos "élites" politico-médiatiques parisiennes qui regardent toutes vers l'Ouest et le Sud avec ce fameux modèle à la mode des "EMS"(emplois métropolitains supérieurs) qui font la clinquante réussite de certaines métropoles "attractives où il fait bon vivre".

Un exemple, voire une caricature:

Les réalités maritimes dans les grands médias parisiens dominants ce sont, avant-tout, des skippers en solitaire qui arrivent à Brest ou aux Sables d'Olonne après avoir couru les plaines océanes du Monde en moins de 80 jours. L'arrivée d'un porte conteneur géant au Havre ou la mise au point des hydroliennes à Cherbourg c'est moins "sexy".

A l'instar de la météo matinale sur les grandes radios: on donne les températures de ce qu'on s'autorise à voir plus ou moins consciemment. Ce qui se trouve sous le nez de Paris ou dans son dos n'existe pas.

Et pourtant, c'est dans ce grand quart Nord-Est industriel français et sur nos côtes, à commencer par celles où turbine l'économie maritime normande, que va se jouer l'avenir même de notre pays au XXIe siècle.

Il n'y a pas pire aveugles que ceux qui refusent de voir!


 http://www.tendanceouest.com/actualite-202207-la-normandie-une-des-regions-les-plus-violemment-frappees-par-la-crise-apres-insee.html

La Normandie, l'une des régions les plus durement frappées par la crise d'après l'INSEE

La Normandie, l'une des régions les plus durement frappées par la crise d'après l'INSEE

La Normandie est l'une des régions les plus touchées par la crise économique d'après l'INSEE.

Le 17 novembre 2016 à 17:48

Entre 2003 et 2014, 11 000 emplois ont disparu en Normandie. D'après une étude au long cours dont l'INSEE dévoile les résultats ce jeudi 17 novembre 2016, la région est l'une des plus touchées par la crise économique en termes d'emplois et celle qui remonte le plus doucement la pente depuis 2012.

De toutes les régions de France, la Normandie est l'une de celles qui a été le plus violemment frappée par la crise économique. L'INSEE, dans un rapport qu'il présentait ce jeudi 17 novembre 2016, souligne que le choc de 2008 a creusé les difficultés que connaissait déjà la région. Le taux de chômage, qui était de 6,9 % fin 2009 dépasse aujourd'hui les 10 %.

En moyenne, 4 000 emplois ont disparu dans l'industrie chaque année

En ligne de mire notamment, la désindustrialisation, l'effondrement de la construction et le manque de dynamisme du secteur des services. Si l'industrie souffre partout en France, ces difficultés frappent plus durement la Normandie où ce secteur représente une part importante des emplois, en particulier en vallée de Seine.

 

Globalement, la bonne santé de l'industrie agroalimentaire favorise l'ex-Basse-Normandie tandis que les difficultés des secteurs comme l'automobile ou la fabrication d'équipements pénalisent l'ex-Haute-Normandie, en particulier l'Eure qui perd plus de 23% des ses emplois industriels entre 2003 et 2014.

L'Orne et l'Eure accusent les plus grosses pertes d'emploi

Dans les départements plus ruraux, comme l'Orne (qui perd des habitants), c'est la question du secteur des services qui se pose plus particulièrement. Dans la plupart des régions de France, le tertiaire a largement compensé les effets de la crise. Cette variable d'ajustement ne fait pas recette en Normandie, principalement du fait de la faible croissance de sa population qui augmente deux fois moins vite que dans le reste de la France.

Les inégalités entre territoires se creusent. La Manche s'en sort le mieux en termes de chômage alors que l'Eure et l'Orne accusent les plus grosses parts de pertes d'emploi.

Les ménages les plus pauvres en difficulté

Du côté des ménages, les revenus augmentent moins vite qu'avant 2008. Les plus pauvres en particulier ont souffert durant la crise d'une baisse de revenus qui peine à s'inverser.

Parmi les premières victimes du chômage, on retrouve les jeunes mais aussi les seniors qui, s'ils s'en sortaient mieux côté normand avant la crise, sont plus touchés dans la région qu'ailleurs en France.