Pendant des siècles, la réputation de la pierre de Caen a parcouru l'Europe et franchi les mers vers l'Angleterre ( la Tour de Londres) sinon l'Amérique (Le Rockefeller center de New York). Hélas cette belle époque de la pierre de Caen est bien passée quand bien même elle fut aussi honorée à égalité avec le béton de la Reconstruction des années 1950.

En raison de la voracité des promoteurs locaux ou non se nourrissant de l'impuissance des élus de la majorité municipale (au nom de l'obligation légale d'instruire les permis de construire déposés), de l'incompétence des architectes à commencer par celui qui devrait présider au maintien de l'intérêt général de l'architecture et de son patrimoine à Caen, un certain Laprie Santenac, un Architecte des Bâtiments de France (sic!) qui se tient au secret, au fond d'un tiroir de son bureau, l'ancienne capitale mondiale de la bonne pierre à bâtir est en passe de devenir la Mecque normande du cube de béton enduit "ton pierre" virant au gris jaune pisseux en raison des caprices de la météo de notre région.

Le Plan Local d'Urbanisme dont on attend patiemment qu'il soit enfin révisé est un véritable pousse au crime qui met en danger de disparition définitive tout ce qui peut encore rester d'authentique dans l'urbanisme caennais dès lors qu'une parcelle est mise en vente et rachetée par un promoteur dominé par l'obsédante nécessité de TOUT RASER pour faire un maximum d'argent: le degré zéro de toute politique publique en matière d'urbanisme est désormais atteint à Caen au point qu'il n'est pas excessif de parler d'un second bombardement de la ville depuis 1944.

Exemple avec le "pavillon Savare" dernier hangar à bois encore debout de l'ancien port de Caen daté de 1858:

Acte 1: l'abandon et le délabrement... (le terrain appartient à un fonds de pension norvégien spéculant sur la future urbanisation de la Presqu'île portuaire)

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Acte 2: avril 2016, un incendie accidentel et criminel ravage (fort opportunément) les lieux qui accueillent des réfugiés:

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Acte 3: juin 2017, le promoteur SEDELKA, très actif sur la place caennaise ( où Bomber Harris avait pourtant déjà largement sévi il y a 73 ans...) vient de racheter la parcelle aux Norvégiens avec pour conséquence très directe, la destruction des derniers vestiges du site dont il ne restera que la petite maison en pierre devant le pont tournant car l'immeuble en brique et pierre de l'ancienne direction départementale de l'équipement du Calvados qui avait pourtant abrité pendant la dernière guerre les réunions de la Résistance caennaise sera lui aussi démoli par les féroces prétentions du promoteur à l'architecture... On craint le pire !

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