L'Etoile de Normandie applaudit des deux mains!

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On est ici régulièrement critique sur le fait que les édiles ou les élites de Rouen, la seule métropole en titre en Normandie, soient, trop souvent, pris en flagrant déli de sabotage normand à force de vouloir rester, non sans obstination, les deux pieds dans le même sabot... rouennais. Sur bien des aspects les plus essentiels ou les plus stratégiques (on pensera, par exemple, à l'Axe Seine), les décideurs rouennais ne jouent pas franc jeu normand face à la région parisienne toute proche.

Rouen peine à projeter son rayonnement dans le reste de la Normandie, au delà du méandre séquanien où la métropole normande se trouve encaissée faute de coopérations suffisantes avec les autres grandes collectivités territoriales de la région, à commencer par Le Havre ou Caen la Mer qui préfère, ces temps-ci, coopérer économiquement et culturellement avec les Belges de la ville de Mons plutôt qu'avec les Normands de Rouen... c'est dire !

Cependant, il y a un domaine où Rouen rayonne avec bonheur par l'intelligence des projets annoncés ou déjà entrepris c'est dans la valorisation dynamique, innovante et attractive d'un patrimoine architectural, artistique et culturel exceptionnel: les projets rouennais sont ambitieux et l'objectif d'une attractivité, à la fois, régionale normande, nationale et internationale est clairement assumé et poursuivi.

Nous, qui sommes à Caen, disons: BRAVO LES ROUENNAIS !

Le Havre qui ronronne depuis 2005 sur son titre de ville de Monsieur Perret à l'UNESCO et Caen qui, au lieu de créer un centre international de l'art de tailler la pierre, laisse les promoteurs transformer ce qui reste de son centre ville ancien en cimenterie sont plutôt assez nuls, disons-le, en matière de valorisation du patrimoine architectural et artistique et, en ce domaine pourtant essentiel de l'attractivité territoriale, c'est Rouen qui peut donner une vraie et bonne leçon... normande !

Lire l'article ci-dessous:

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/laitre-saint-maclou-rouen-va-accueillir-centre-dedie-ceramique-ouvert-gratuitement-public_13080081.html

L’aître Saint-Maclou à Rouen va accueillir un centre dédié à la céramique ouvert gratuitement au public

L'aître Saint-Maclou, joyau du patrimoine de Rouen (Seine-Maritime) va accueillir, à partir de 2020, un pôle céramique, un espace d'exposition et de la petite restauration.

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Lieu de patrimoine exceptionnel, ayant eu au fil des siècles de multiples utilisations (cimetière, écoles, logements, commerces…) l’aître Saint-Maclou, à Rouen (Seine-Maritime), va trouver une nouvelle vocation à partir de 2020 : il accueillera un pôle consacré à la céramique, mais aussi un espace d’exposition, un autre dédié à la présentation de l’aître, et un service de petite restauration. L’annonce a été faite jeudi 19 octobre 2017.

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La Normandie, terre de céramique

Cette vocation à venir s’inscrit dans le cadre d’une restauration générale des lieux, qui accueillaient jusqu’en 2014 l’école des beaux-arts, devenus complètement vétustes. Coût total des opérations, conduites par la Métropole Rouen Normandie : 11 millions d’euros. Les travaux devraient démarrer en avril 2018, et se terminer à la fin de l’année 2019. Avant cela, d’importantes et fructueuses fouilles archéologiques ont été réalisées. Elles feront l’objet d’une publication.

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Un accès gratuit

L’idée du futur espace artisanal et artistique a été proposée par le Pôle Céramique Normandie. Il se situera principalement dans l’aile Est de l’aître. Il comprendra : un atelier tremplin, pour les céramistes en devenir, une « boutique métiers d’arts », qui proposera uniquement des pièces régionales, un centre scientifique et technologique, et un atelier pédagogique. L’accès à tous ces espaces sera gratuit, tout comme l’entrée générale de l’aître. Les animations estivales seront également maintenues. L’ouverture du centre céramique est prévue en janvier 2020.

La Normandie, c’est l’eau, la terre et le bois, et historiquement, une terre de céramique, souligne Rose-Marie Decroix, présidente du Pôle Céramique Normandie.

Il ne faut pas oublier également que Rouen compte un musée entièrement consacré à la céramique.

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Réouverture de la cour des prêtres, inconnue du public

Dans l’aile sud, un appel à projets a été lancé pour concevoir et organiser ce qui sera un lieu d’exposition artistique, et un espace de petite restauration. Fait notable, la restauration se trouvera dans la cour des prêtres, lieu aujourd’hui inaccessible, et que donc personne ne connaît ! La cour disposera d’un toit de verre.

Par ailleurs, l’accès par la rue Géricault sera rouvert, et ce, par anticipation, dès le printemps 2019, à l’occasion de l’Armada. On pourra entrer dans l’aître d’une entrée, rue Géricault ou rue Martainville, et en sortir par une autre.

L’aile ouest accueillera l’espace de présentation de l’aître. Et enfin, l’aile nord, une partie du centre céramique, et un lieu d’accueil pour les artistes qui se produisent, lors des spectacles donnés dans la cour de l’aître.

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Histoire de l’aître Saint-Maclou
Il est composé de quatre galeries, entourant un espace central de 32 mètres de long par 48 mètres de large. Il a été édifié à l’emplacement d’un ancien cimetière.
Dans la première moitié du XVIe siècle, après une nouvelle épidémie de peste, le cimetière est réaménagé. Trois galeries sont construites à l’est, à l’ouest et au nord, au cours de la période 1526-1533. Fait saisissant : les galeries présentent sur les poutres un décor macabre, qui de nos jours ne manque pas d’attirer la curiosité des visiteurs.
L’aître Saint-Maclou est d’ailleurs un des derniers cimetières charniers avec décor macabre aussi bien conservés en Europe, malgré les dégradations qu’il a subis au fil des temps. Des frises d’objets macabres (ossements, crânes, croix, pelles, cercueils…), aperçus de l’univers quotidien d’un charnier, décorent les poutres. 
L’aile sud, construite en 1651, similaire aux autres sans être toutefois identique, est destinée au logement du clergé. Dans les années 1660, des écoles s’installent.
Au milieu du XVIIIe siècle, la paroisse aménage des étages sur les trois première galeries, en plusieurs étapes, afin d’agrandir l’école de charité, et des escaliers d’accès sont implantés dans les quatre angles de la cour.
À la fin du XIXe siècle, les rez-de-chaussée des trois galeries anciennes sont obturés par des menuiseries et des cloisons à pan de bois afin de permettre l’aménagement des salles de classe d’une école de jeunes filles. De 1940 à 2014, l’aître Saint-Maclou abrite l’école de Beaux-arts de Rouen.