"Servir la Normandie au lieu de s'en servir"...

Voilà un beau slogan que certains militants du régionalisme normand connaissent bien!

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Car c'est à l'aune de cet adage que l'on peut mesurer l'authenticité des engagements politiques officiellement observés en Normandie. Au premier chef, ce devoir moral de servir la Normandie au lieu de s'en servir pèse, par principe, sur le premier magistrat de la Normandie, heureusement réunifiée depuis le 1er janvier 2016, à savoir: Hervé Morin, président du conseil régional.

On peut dire que pour une très large part, Hervé Morin sert la Normandie puisqu'il n'a jamais fait mystère de son intérêt ou de son attachement pour sa région natale.

Certes, il s'était abstenu lors du vote de la loi de réunification normande portée par la majorité gouvernementale socialiste d'alors (novembre 2014). Cependant, contrairement à un certain député-maire de droite qui avait, non sans courage, voté POUR  la réunification alors qu'il dévoile désormais un autre agenda qu'un agenda normand depuis qu'il a accepté d'être le Premier ministre du président le plus jacobin de la 5ème République, Hervé Morin montre parfois presque naïvement qu'il aime sa Normandie et qu'il fait tout ce qu'il peut (plus ou moins bien d'ailleurs) pour lui être utile...

On se permettra de douter, au contraire, de l'intérêt pour la Normandie d'un président de la République décidant d'une opération de communication inédite à partir de la chaise d'enfant d'une salle de classe d'une école primaire d'un village du Perche normand: il fallait bien causer depuis Berd'huis petit village de l'Orne, le "trou du c... du monde" dénoncé par un certain Hervé Morin lors de la dernière campagne des élections régionales. Voilà une belle pierre jetée dans le jardin normand de Morin: la Normandie a donc été instrumentalisée comme une carte postale rurale envoyée à celui qui empêche de "jacobiner" en rond depuis un hôtel particulier parisien...

Emmanuel Macron aurait pu faire son numéro de premier de la classe depuis une école de l'Eure ou du Calvados mais il a, finalement, jeté son dévolu sur l'Orne, département dont le vice-président reste un certain Alain Lambert qui s'est fâché, semble-t-il, définitivement contre un Hervé Morin lui même excédé à juste titre par le splendide localisme ornais pratiqué par Lambert: en voilà encore un qui se sert de la Normandie au lieu de la servir...

Mais il semble que le vent du destin ait tourné au profit de ceux qui servent authentiquement l'intérêt général normand et au détriment de ceux qui croit pouvoir utiliser la Normandie pour la réussite de petites combines politiciennes dérisoires.

En voici une preuve supplémentaire à lire ci-après:

https://www.ouest-france.fr/normandie/orne/senatoriales-dans-l-orne-l-ancien-prefet-bertrand-marechaux-candidat-5707808

INFO OUEST-FRANCE. Sénatoriales dans l’Orne : l’ancien préfet Bertrand Maréchaux candidat

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Âgé de 66 ans, l’ancien haut fonctionnaire, retraité depuis la mi-février, crée la sensation en annonçant sa candidature à la sénatoriale partielle de l’Orne qui doit avoir lieu début juillet. Son premier engagement politique.

L’annulation de l’élection du sénateur de l’Orne Sébastien Leroux (Les Républicains) par le Conseil constitutionnel fait des remous dans la famille de la droite et du centre. Alors que l’élu centriste Alain Lambert (UDI) affirme que son ancien directeur de cabinet pourra se représenter, les responsables des Républicains dans l’Orne se sont désolidarisés de la démarche, mercredi 18 avril, en indiquant qu’ils cherchaient une autre personne pour représenter le parti. Ils sous-entendent du même coup que la candidature de Philippe Senaux s’inscrit dans une démarche dissidente, comme en septembre dernier.

Et voilà que surgit la candidature de l’ancien préfet de l’Orne Bertrand Maréchaux. Âgé de 66 ans, l’ancien haut fonctionnaire est officiellement retraité de la fonction publique depuis la mi-février. Il dévoile ses attaches dans le département, partiellement quitté il y a près de sept ans. 

Bertrand Maréchaux, pourquoi êtes-vous candidat à la sénatoriale dans l’Orne ?

« Parce que l’Orne et ses problématiques me tiennent à cœur. Après mon départ de la préfecture à l’été 2011, j’ai continué d’habiter à mi-temps le département où vit ma compagne. J’y viens le plus souvent possible. J’ai conservé beaucoup de contacts avec des élus de l’Orne. De par mon expérience professionnelle et personnelle, je pense être qualifié autant qu’un autre pour porter les préoccupations du territoire au Sénat ».

Vous vous lancez sous quelle étiquette ?

« Aucune. Je pars sans le soutien d’une organisation politique, mais mon téléphone reste ouvert (sourire). Si je suis élu, je serai dans la majorité sénatoriale du président Gérard Larcher dont je suis proche. J’ai prévenu son entourage immédiat. J’en ai fait de même avec les principaux élus de l’Orne. Ils en ont pris acte. Je n’exclus pas qu’il y ait eu un premier effet de surprise… »

En 2011, vous aviez quitté la préfecture de l’Orne sur fond de divergence de vues avec Alain Lambert (alors président du conseil départemental), notamment au sujet du centre d’enfouissement de déchets automobiles GDE à Nonant-le-Pin. Vous êtes revanchard ?

« Nous n’avions pas la même position sur le dossier, c’est vrai. La tournure des événements m’a donné raison mais c’est de l’histoire ancienne. Si on vit avec la volonté de régler des comptes, on meurt. Ma candidature n’a rien à voir avec ça. Je suis vraiment attaché à l’Orne et je pense pouvoir apporter des choses à ce département ».

Quel a été votre parcours après votre passage dans l’Orne de 2009 à 2011 ?

« J’ai pris la direction de l’Agence nationale des titres sécurisés (agence en charge de la sécurisation des titres délivrés par l’État) où j’ai refusé de trafiquer un marché public. J’ai alors accepté en 2014 un poste de directeur général des services (DGS) au conseil départemental d’Eure-et-Loir. Depuis décembre, j’assure une mission d’intérim de DGS au conseil départemental de Haute-Savoie. Elle prendra fin quand j’engagerai ma campagne électorale».

Comment comptez-vous faire campagne ?

« J’irai à la rencontre de tous les élus qui sont prêts à m’accueillir afin de convaincre les grands électeurs du sens de ma démarche. L’effet de surprise de ma candidature nécessite que je m’engage dans une campagne encore plus forte ».

C’est votre premier engagement politique ?

« Oui et ce sera le dernier si je suis élu. Au terme des cinq années qu’il reste à assurer sur ce mandat au Sénat, j’aurai l’âge d’arrêter et de m’occuper de mes chevaux, une des passions communes que je nourris avec l’Orne ».


 

Commentaire de Florestan:

Décidement, Alain Lambert va de déconvenues en déconvenues... faute d'avoir misé sur un bon cheval normand!