Billet de Florestan:

En parcourant la dernière livraison de la Lettre Eco Normandie (n°1608 datée du 1er février 2019) lettre d'information rédigée sous l'autorité de Nathalie Jourdan de la rédaction de Paris-Normandie, nous apprenons avec étonnement (pour ne pas dire davantage) que Madame Fabienne BUCCIO la préfète de région qui, à ce titre, représente officiellement l'Etat en Normandie, prenait langue avec Monsieur Frédéric Ollivier, le directeur général des services de la Région Normandie, autrement dit, le chef de l'administration régionale...

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Le sujet officiel de cet entretien officiel étant consacré à la gestion des conséquences normandes d'un Brexit sans accord: on conviendra que le sujet est de la plus haute importance pour la Normandie, pour ses ports, pour notre économie régionale et pour la sécurité des biens et des personnes avec le sujet humanitaire lancinant des migrants mineurs non accompagnés qui hantent nos passerelles ferries.

Fort bien!

Sauf que cet entretien s'est déroulé à Rouen, semble-t-il, probablement à l'Hôtel-Dieu siège de la préfecture de Normandie (Mme Jourdan pourtant journaliste qui se croit bien informée ne nous en dit rien) le mercredi 30 janvier dans l'après-midi, c'est- à- dire, le même jour que la réunion politique organisée à Caen, le matin même,  au cinéma des Rives-de-l'Orne par l'association "Territoires unis" (https://www.territoiresunis.fr/) qui fédère, suite à l'appel de Marseille, les principales associations d'élus locaux face au néo-jacobinisme comptable du gouvernement Macron-Philippe-Darmanin: en tant que président de la Normandie et président de l'association des régions de France, Hervé Morin, responsable politique faisant de la politique, participait à ces "Assises des libertés locales" en présence de 150 élus Normands qui se montrèrent bien critiques avec l'action de l'Etat (par exemple: jacobinisme comptable de l'agence régionale de la santé) pour exiger une plus grande autonomie financière pour les collectivités ou la suppression des doublons administratifs entre l'Etat central en région et les collectivités territoriales dans le but d'achever la décentralisation.

En lisant la brève publiée sous la responsabilité de Mme Jourdan, on a la fâcheuse impression que Madame la Préfète a tenté d'allumer un contre-feu en utilisant le rendez-vous obtenu avec un responsable régional subalterne pour évoquer un sujet essentiel faute de pouvoir le faire avec son véritable homologue politique: Hervé Morin, président de la Normandie, par ailleurs, ancien ministre de la Défense de la République dans un gouvernement précédent...

Car la préfète de préciser selon la Lettre Eco de Normandie: "C'est une nouvelle démonstration qu'Etat et Région ont intérêt à travailler ensemble pour l'intérêt de la Normandie. C'est pourquoi j'ai toujours la main tendue".

Et Madame Jourdan de commenter : "un message à peine voilé à Hervé Morin qui ce même mercredi animait à Caen les Assises des Libertés Locales, événement très girondin pendant lequel les services de l'Etat n'ont pas été ménagés".

(source: Lettre Eco Normandie n°1608 01/02/19)

On passera sur le commentaire de Mme Jourdan, pythie dérisoire, ayant probablement glané ce mot de Madame la Préfète à l'occasion de la conférence de presse que cette dernière a tenue à Rouen ce même mercredi 30 janvier à 11h30, conférence de presse effectivement largement consacrée à la préparation au choc du Brexit avec, notamment, l'annonce d'un recrutement de douaniers supplémentaires pour la Normandie sans pour autant nous dire exactement quand ces douaniers seraient opérationnels.

En revanche, on ne passera pas sur ce que nous sommes, hélas, obligé de constater non sans agacement et inquiétude:

Madame Buccio et Monsieur Morin sont incapables d'avoir un entretien en tête à tête, d'homologue à homologue pour évoquer les sujets les plus essentiels, les plus urgents de l'intérêt général en Normandie: Madame Buccio cheffe de l'Etat en Normandie connaît parfaitement l'agenda public de Monsieur Morin chef politique de la Normandie et si le directeur de l'administration régionale normande avait vraiment à rencontrer son homologue du côté de la préfecture de région c'était le Secrétaire général aux affaires régionales qu'il aurait dû rencontrer...

http://www.prefectures-regions.gouv.fr/normandie/content/download/53148/351725/file/2018-12-19%20-%20Organigramme%20SGAR.pdf

D'ailleurs, on conviendra que le SGAR, Monsieur Nicolas HESSE et l'ensemble de ses services, sont d'une discrétion de Sioux dans l'actualité régionale normande au point que l'on peut se demander si ces Messieurs de la préfecture de région ont encore une réelle utilité au moment où l'exécutif régional Normand présidé par Hervé Morin se montre très actif sur le dossier du Brexit y compris en Irlande et en Angleterre grâce aux contacts noués par l'intermédiaire de Monsieur Jean-Pierre Jouyet ambassadeur de France à Londres et ami de la Normandie:

On aurait aimé observer un soutien plus clair, plus ferme et ordonné du Ministère des Affaires étrangères via la préfecture de région à l'égard de l'exécutif normand qui sait mieux que personne (avec celui des Hauts-de-France) quel pourrait être l'impact du Brexit sur l'économie régionale normande. Mais il faut craindre que le très Breton ministre des affaires étrangères ne voie d'un oeil mauvais l'activisme du Normand Morin sur le dossier du Brexit, notamment sur le dossier de la pêche surtout lorsqu'il s'agit de défendre aussi les intérêts des pêcheurs de Jersey et de Guernesey...

Face à la grande urgence du BREXIT et ses conséquences normandes, la solution idéale eut été de réunir, enfin la Conférence Territoriale de l'Action Publique (CTAP) qui doit réunir, à la demande du président de région qui doit la co-présider avec le préfet de région, l'ensemble des grandes collectivités territoriales de la région pour évoquer les grands sujets d'intérêt général qui affectent le présent et l'avenir de la région.

A notre connaissance, la CTAP de Normandie n'a toujours pas été réunie. A qui la faute?

La faute à Hervé Morin? Qui prend à ce point au sérieux son mandat de président de région normand pour exiger de pouvoir en tirer toutes les conséquences? A savoir: assumer et achever la décentralisation, exiger la fin du rabot jacobin comptable et refonder la République par une démocratie plus locale et girondine.

La faute à Fabienne Buccio? Qui prend à ce point au sérieux sa fonction de première représentante de l'Etat central en Normandie pour... marquer à la culotte celui qui est d'abord perçu à Paris, tant à Matignon qu'à l'Elysée, comme un opposant politique?

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