Que les citoyens ne soient pas d'accord avec les décisions prises pour leurs élus locaux c'est une chose... Que les citoyens s'invectivent vainement entre eux sur les réseaux sociaux ou sur Internet, on en sait ici quelque chose. Mais quand les élus locaux se tirent, à leur tour, dans les pattes autour de la rédaction d'une tribune à paraître dans la presse régionale afin de faire pression sur le président de région de Normandie qui est devenu le Monsieur qui aide au financement de tous les projets locaux c'en est une autre proprement dérisoire même si le sujet mérite qu'on s'y attarde puisqu'il s'agit d'articuler le transport ferroviaire avec le transport routier par autobus pour proposer aux Normands un service public de la mobilité qu'ils n'ont plus...

Le récent sondage Elabe fait pour l'Institut Montaigne et la presse régionale sur le niveau d'attachement à l'idée régionale montre clairement que les Normands, au delà de l'évidence d'un profond attachement affectif à la Normandie, sont inquiets de l'avenir de leur pouvoir d'achat et de l'état plus que médiocre du système des transports publics normands pour la bonne et simple raison que ce système régional des transports publics normands... n'existe plus puisque des élus départementaux localistes rabiques et autres présidents de demi-région tant de Haute que de Basse (mais surtout celui de l'ex Haute au front particulièrement bas et aux oreilles collés à sa gapette) se sont évertués à faire en sorte qu'un réseau régional des transports normands ne puisse plus exister au point qu'il demeure toujours plus facile d'aller à Paris Saint-Lazare, malgré tous les retards et incidents de la Sncf, que de faire un voyage tant en train qu'en autocar entre deux grandes villes normandes... On jettera, en effet, un voile pudique sur l'état de la liaison ferrée entre Caen et Rouen et sur celui d'autres lignes (on pensera au Caen-Tours par exemple...).

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C'est une urgence absolue et nous savons ici que l'actuelle majorité régionale normande présidée par Hervé Morin en a fait l'une de ses priorités avec un investissement de 1,4 milliards € tant sur les infrastructures que sur le matériel roulant mais aussi pour assurer la prise en charge complète de l'organisation des transports publics régionaux par voie ferrée et par route (lignes de bus).

Les premiers effets concrets de cette politique normande totalement inédite dédiée aux transports devraient être visibles à partir de 2020. L'idée, à terme, sera d'articuler les mobilités entre elles notamment le train et le bus avec des correspondances, des cadencements, des horaires réellement utiles aux usagers des différents bassins de vie normands. L'effort portera aussi sur la billetique pour qu'elle soit, à la fois, pratique et multimodale.

Reste une réalité essentielle qu'il ne faudrait pas sous-estimer du côté de la région:

Il faut un système régional des transports publics normands qui soit réellement financièrement accessible au pouvoir d'achat des Normands dont l'étude citée plus haut nous dit que 53% d'entre eux ont des difficultés financières après le 15 du mois...

L'enjeu d'une mobilité régionale au service des Normands, performante tant du point de vue technique que social sera le grand enjeu de la seconde mandature du retour à l'unité normande.


 Lire l'article de Paris-Normandie (21 février 2019):

https://www.paris-normandie.fr/actualites/politique/yvetot--une-tribune-sur-le-plan-ferroviaire-prevu-par-la-region-cree-la-discorde-entre-des-elus-GA14631412

Sur le fond, les élus du pays de Caux ne peuvent que s’entendre sur l’absolue nécessité de défendre les transports collectifs, et notamment le train, sur leur territoire. Mais sur la forme, il y a comme un malaise. Dans son schéma de service ferroviaire prévu pour la période 2020-2025, la Région Normandie envisage, entre autres, de fermer des petites gares et de réduire le nombre de dessertes sur la commune d’Yvetot. Il va sans dire que ce projet soulève beaucoup d’inquiétude en milieu rural, où les acteurs locaux, quelles que soient leurs convictions politiques, s’efforcent de ramener les instances régionales à de meilleurs sentiments. Mais chacun le fait à sa façon.

« Je méprise ces méthodes »

Et c’est là tout l’objet du litige entre, d’un côté, Charlotte Masset, conseillère départementale du canton d’Yvetot, et, de l’autre, Émile Canu, maire d’Yvetot, et Gérard Charassier, président de la communauté de communes Yvetot Normandie. « En juin dernier, suite au débat de politique départementale, nous avons acté avec mes collègues conseillers départementaux de proposer un projet de tribune publiable dans Paris-Normandie à l’ensemble des maires et présidents de communauté de communes concernés par les modifications de la desserte ferroviaire », expose Charlotte Masset. Dans le but, dit-elle, « de mener une démarche conjointe et de pouvoir parler d’une même voix auprès du président de Région, Hervé Morin », elle imaginait pouvoir associer Émile Canu et Gérard Charassier à sa démarche. C’est raté.

« J’ai appris que je figurais sur la liste des signataires d’une tribune rédigée par Mme Masset, mais c’est complètement faux », a démenti avec force Émile Canu, hier matin lors d’une conférence de presse. « Je n’ai pas besoin que l’on me force la main pour signer un texte. C’est parfaitement désobligeant et je méprise ces méthodes », a-t-il lâché. « J’ai clairement répondu à Mme Masset par e-mail que je ne signerai pas ce texte, a-t-il ajouté. Il contient des amalgames et sa rédaction ne me convient pas. Je lui ai ensuite confirmé de vive voix que ce texte long, verbeux et trop généraliste n’apportait rien de constructif et que j’étais, pour ma part, engagé dans un dialogue avec la Région depuis plusieurs mois à ce sujet. »

Un discours en parfaite adéquation avec celui de Gérard Charassier. « Notre façon d’assumer les fonctions et le mandat que nos concitoyens nous ont confiés ne privilégie pas les grandes déclarations dans la presse ou sur les réseaux sociaux. Comme tous les élus communaux ou intercommunaux, nous sommes dans le concret, le travail, le dialogue, la concertation et l’action. Pour preuve, nous venons de signer avec la Région un contrat de territoire qui va nous aider, à hauteur de 1,5 million d’euros, à poursuivre le développement de notre territoire. Par ailleurs, nous ne pouvons pas ignorer les apports déjà importants réalisés par la Région pour la gare d’Yvetot. Nous souhaitons entretenir le sentiment de confiance qui caractérise notre relation avec la Région, c’est pourquoi nous préférons privilégier le dialogue à l’interpellation par voie de presse. Cette méthode n’exclut nullement la fermeté, ni l’opposition si des décisions contraires aux intérêts de nos concitoyens étaient annoncées. Mais aujourd’hui, nous ne connaissons pas de façon précise le contenu définitif du plan ferroviaire régional. »

Cette tribune a été envoyée il y a quelques jours à Hervé Morin, mais pas encore à notre rédaction. Son éventuelle publication dans nos colonnes dépendra sûrement de ce qui ressortira de la réunion que le président de Région a proposé d’organiser le jeudi 14 mars prochain, afin d’étudier avec les élus concernés les possibilités d’évolution du projet de schéma ferroviaire. Difficile de ne pas voir un lien de cause à effet entre ce projet de tribune et la tenue de cette réunion.


 Commentaire de Florestan:

Un système régional normand des transports publics a existé autrefois avant son déclin et son démantèlement à partir des années 1980:

La Sncf pour le rail et les Courriers Normands pour la route...

Ne serait-il pas temps de recréer les Courriers Normands à l'initiative de la région qui vient de reprendre les Bus Verts du Calvados, héritiers des... Courriers Normands justement?

ccccccc

Voir aussi sur l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2014/12/12/31128717.html