ATTENTION!

AVIS DE TEMPÊTE!

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Il va falloir sérieusement garder son sang-froid, éviter de jeter de l'huile sur le feu... A lire ce qui suit après, on comprend, hélas, pourquoi les cousins des îles anglo-normandes n'étaient pas invités aux dernières assises de la Mer qui viennent de se tenir à Granville en présence du ministre en charge de la pêche, Didier Guillaume et d'Hervé Morin, le président de la Normandie.

L'Etoile de Normandie rappelle l'évidence:

Nous avons intérêt à mener un front commun voire à établir un accord bilatéral général entre Normands, ceux du continent et ceux des îles pour ensuite parler d'une seule et même voix lorsque viendra le moment de négocier les accords bilatéraux nationaux entre la France et le Royaume-uni, d'une part et de défendre plus que jamais les intérêts normands à Bruxelles, d'autre part...

Le chauvinisme franchouillard se préparant à rejouer les batailles navales d'autrefois contre le chauvinisme rosbeef (à l'instar de la bataille des Minquiers en 1949) serait une catastrophe qui détruirait tout le précieux acquis de confiance, d'amitié, voire de fierté normande retrouvée depuis trois ans entre les îles anglo-normandes et la Normandie réunifiée.

Le prochain sommet normand entre Jersey, Guernesey, Sercq, Aurigny, la Manche et la Normandie se tiendra à Cherbourg à la mi-octobre. Objectif: éviter que l'esnèque normande ne fasse naufrage dans la tempête du Brexit!

On va suivre ici cette affaire de très près!

https://actu.fr/normandie/barneville-carteret_50031/les-jeux-atout-dans-negociations-iles-anglo-normandes_27220667.html

Brexit : discussions avec les îles anglo-normandes autour des zones de pêche… et des jeux en ligne !

Les Normands veulent préserver des zones de pêche autour des Anglo-Normandes. Dans la balance, les jeux en ligne hébergés dans les îles, gourmands en électricité..

Outre-Manche, les Britanniques tardent décidément à se décider sur leur sortie, avec ou sans accord, de l’Union européenne. L’échéance, plusieurs fois repoussée, est maintenant fixée au 31 octobre.

« C’est le grand flou », a constaté le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Didier Guillaume. Jeudi 12 septembre, il était à Granville pour l’ouverture des Assises de la pêche et des produits de la mer. Face à quelque 450 acteurs de la filière, il a assuré que la pêche ne sera pas la variable d’ajustement de ce Brexit.

Une autre facette du Brexit

Face au ministre, les élus normands ont fait valoir une autre facette de ce Brexit, concernant l’accès aux zones de pêche autour des îles Anglo-Normandes. Celles-ci ne font pas partie de l’Union européenne, et dépendent directement de la couronne britannique.

Depuis 2000, les accords de pêche dits de la baie de Granville organisent la cohabitation entre les pêcheurs normands, bretons et jersais. Des accords souvent cités en exemple, mais que les Jersiais commencent à remettre en cause, accusant les continentaux d’un « soi-disant » pillage de la ressource.

Ce qui fait sortir Marc Lefèvre, président du Conseil départemental de la Manche, de sa modération habituelle :

"Nous allons devoir nous exonérer de tout romantisme avec nos cousins…"

Lire aussi : Le projet de tunnel entre les îles anglo-normandes et la Manche est relancé

Les îles ont besoin de notre électricité…

Cette petite phrase vise aussi les « cousins » des îles de Guernesey et d’Aurigny. Les pêcheurs normands ont des rapports tendus avec eux. Depuis 1992, ils ont été exclus de deux zones de pêche sur lesquelles ils avaient pourtant des droits historiques, le banc de la Schôle et le haricot, dans l’Etac de Sercq, et ne l’ont toujours pas digéré.

Sauf que cette fois, Guernesey a besoin du continent. Plus précisément de son électricité.

Jusqu’à présent, Guernesey était branchée sur Jersey. Mais le câble est bon à changer, après avoir subi un court-circuit. Et sa capacité de 50 MW ne suffit plus face aux pointes de consommations sur Guernesey, évaluées à 86 MW et qui devraient atteindre 100 MW à l’horizon 2025. Pour le moment, ce sont des groupes thermiques, avec de fortes et coûteuses émissions de CO2, qui permettent de passer ces pics.

Pour sécuriser son approvisionnement et le diversifier, Guernsey Electricity projette un câble sous-marin entre l’île et l’anse de Sciotot, dans le Nord-Cotentin, un investissement de 100 millions d’euros.

Lire aussi : Le projet de liaison électrique entre Sciotot et Guernesey fait débat sur le marché

Rapport de force

Cette augmentation de la consommation, selon Marc Lefèvre, serait notamment due aux sociétés de jeux en ligne, domiciliées à Aurigny, mais dont les gourmands serveurs sont hébergés par Guernesey.

C’est une activité qui s’est développée depuis une vingtaine d’années : des e-boomakers, mais aussi des jeux de casino… Les îliens y ont vu, avec un pragmatisme très britannique, un moyen de gagner quelques sous. 6,2 millions d’euros en 2018 pour les 53 licences attribuées, selon le rapport de l’Alderney Gambling Control Commission.

Son président, Lord Faulkner of Worcester, explique d’ailleurs dans le préambule de ce rapport :

"Les opérateurs qui choisissent Aurigny le font dans la perspective de se développer et prospérer dans un environnement stable."

Les parieurs, avec de telles plateformes, se sont affranchis des frontières. Alors, face à l’image de paradis fiscaux qui colle à ces îles, Aurigny affiche une politique de rigueur, la volonté de combattre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme.

Côté normand, on n’entend pas les choses de la même manière. Le président de région, Hervé Morin, est sur la même longueur d’onde que Marc Lefèvre :

 "Une discussion est un tout. Et même si nous avons des relations amicales, c’est un rapport de force qu’il va falloir établir avec les îles Anglo-Normandes. Il serait incompréhensible de satisfaire les besoins de Guernesey en électricité sans une contrepartie, le maintien et le respect des droits historiques de nos pêcheurs."

Le prochain sommet entre les îles Anglo-Normandes, le conseil départemental de la Manche et la région Normandie aura lieu mi-octobre à Cherbourg. Le ton est donné.


 

Commentaire de Florestan:

Tous les éléments sont réunis pour un accord inter-normand "gagnant-gagnant" entre les îles et le continent: fourniture électrique contre maintien des droits de pêche pour tous à négocier sous l'autorité morale d'un héritage culturel et historique aussi précieux que prestigieux.

Bref! nous aurions plus à perdre qu'à gagner en cas de désaccord normand à quelques jours du Brexit!