L'article qui suit, repéré par notre consoeur en charge de notre revue de presse sur le site de Normandie actu, relate une situation que nous prendrons la responsabilité de qualifier de... grave au regard des valeurs et du projet que nous défendons ici, à savoir le droit à la ruralité provinciale d'exister, de créer, de s'éduquer, de réfléchir et de partager des émotions intellectuelles et esthétiques loin des prescriptions parisiennes!

Le nom propre de la ville de Limoges avait, hélas, pris depuis longtemps un sens commun pour désigner le malheureux contraint, par sanction, d'être tenu éloigné des lumières de la Ville (Paris) ou de la Cour (Versailles).

Voici qu'il faut, dorénavant, donner un nouveau sens au verbe "virer": être, non seulement renvoyé de son emploi mais aussi vouloir quitter un emploi dans un théâtre à... Vire!

"Vous êtes virés" prenant donc le même sens que... "vous êtes limogés!"

Plus sérieusement, à la lecture de l'article qui suit on apprend qu'une directrice artistique qui vient, donc, d'être virée (c'est-à-dire, qu'elle vient d'être nommée au Centre Dramatique National de Vire) a l'outrecuidance de vouloir tout changer dans cette maison théâtre si particulière (les CDN en "zone rurale" comme ils disent c'est si rare...) entre deux longues absences car à Vire, c'est bien connu, on s'emmerde comme un rat mort au fil-de-l'eau d'un vau-de-Vire qui, autrefois, fut si drôle et qui pourrait nous faire encore rire si les théâtreux professionnels d'eux-mêmes, payés avec l'argent de nos impôts, avaient plus de curiosité intellectuelle pour le patrimoine théâtral français dont la ville de Vire est l'un des fleurons!

https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Basselin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_des_Chants_nouveaux_de_Vaudevire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vaudeville

Bref! la décentralisation culturelle technocratique en "milieu rural" (comme ils disent) montre, une fois de plus, ses coûteuses limites!


 

https://actu.fr/normandie/vire-normandie_14762/depuis-an-demissions-senchainent-theatre-preau-vire-normandie_30630249.html

Depuis un an, les démissions s’enchaînent au théâtre du Préau à Vire Normandie

Depuis l'arrivée d'une nouvelle Direction au théâtre du Préau de Vire Normandie, en janvier 2019, huit salariés sont partis. Un sauve-qui-peut général ?

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C’est la débandade au théâtre du Préau, à Vire Normandie. Depuis que Lucie Berelowitsch a été nommée directrice du Centre dramatique national, le 1er janvier 2019, 8 salariés ont pris la poudre d’escampette. Un sauve-qui-peut général ? Éléments de réponse avec Michaël Pruneau, directeur technique, et Clémence Herbert, attachée aux relations avec les publics. Tous les deux jettent l’éponge.

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Michaël Pruneau, directeur technique, est né à Vire, il a 46 ans. Il est permanent au théâtre du Préau depuis le 1er septembre 2000.

Pourquoi avez-vous choisi de démissionner ?

M.P. Les désaccords avec la direction du théâtre du Préau ont accéléré les choses, mais j’avais, de toute façon, la volonté de partir. Si bien qu’un arrangement a été conclu, permettant de mettre un terme à mon contrat de travail.

Quels sont ces points de désaccord ?

M.P. J’estime que nous sommes au service du Centre dramatique national de Vire, avant d’être au service d’une personne, en l’occurrence, Lucie Berelowitsch, directrice du théâtre du Préau. La particularité du CDN de Vire, c’est qu’il est implanté en milieu rural. C’est unique en France. Avec une mission réellement spécifique par rapport à cela. Cette action d’intérêt public exige notamment un ancrage territorial, ainsi que le développement des publics.

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La direction est trop souvent absente ?

M.P. Les gens ne la connaissent pas, aussi bien Lucie Berelowitsch que Sébastien Juilliard, directeur adjoint. Ils sont totalement absents du Pôle national de ressources sur le spectacle vivant en milieu rural (PNR), établi avec des partenaires intercommunaux, municipaux ou associatifs, tels que Noues-de-Sienne, la communauté de communes Andaine-Passais, etc. Mais aussi Barenton, qui a d’ailleurs décidé d’annuler la représentation de la pièce Au Bois, qui devait être jouée le 8 janvier dernier.

Un manque d’expérience ?

M.P. Le ministère de la culture leur explique-t-il vraiment la mission d’un CDN ? On ne gère pas un tel établissement comme on gère une compagnie théâtrale. Il faut du temps. On a le sentiment que la direction veut faire table rase de tout ce qui a été réalisé auparavant. De rejeter tout héritage et même celui attaché aux missions d’un CDN. De ne s’intéresser qu’à son projet, sans concertation. Il n’y avait donc que deux solutions : soit adhérer au projet sans tenir compte des missions d’un CDN. Soit démissionner. J’ai fait le choix de la deuxième solution.

Clémence Herbert, attachée des relations avec les publics, est Viroise. Elle a 25 ans. Elle occupe ce poste depuis le 1er septembre 2018.

Quels sont vos motifs de départ ?

C.H. En tant qu’attachée des relations avec le public, ma fonction est de sensibiliser les gens au droit à la culture sur un territoire. En l’occurrence un territoire rural. J’ai aussi été bercée par la décentralisation culturelle. Or depuis le changement de direction, je ne trouve pas ma place dans le projet qui est proposé. Car, dorénavant, on nous demande d’être au service d’une personne et non plus d’un territoire et d’un accès à la culture. Ce sont deux façons de penser le théâtre, qui ne sont pas compatibles.

Votre conception de la médiation était en jeu ?

C.H. La médiation directe consiste à entrer en contact avec les gens, à leur parler. Mais, très vite, je me suis sentie à la merci d’une stratégie commerciale consistant à simplement vendre du spectacle et à faire du remplissage de salle. Je ne me sentais plus légitime.

La médiation demande du temps ?

C.H. On est sur un rythme débordant, alors que la médiation directe demande effectivement du temps. Il faut acquérir la confiance des gens, en dialoguant, en créant du lien. Il y a aussi un travail à réaliser avant et après les spectacles. Or tout va très vite. Un spectacle chasse l’autre. On nous demande de renouveler le public, mais le souci à Vire, c’est que le public on ne le renouvelle pas comme dans une grande ville…

Il y a aussi un manque de présence et de connaissance du territoire ?

C.H. Le festival ado demande une présence régulière, sinon on nous oublie. Il y a donc un risque que les ados soient absents, lors de ce grand rendez-vous. Il y a une étape importante qui a été occultée par la direction : la connaissance du territoire.

Vos projets ?

C.H. Je pensais réellement rester plus longtemps au sein de cette équipe. C’est dans ce lieu que j’ai découvert le théâtre. Il fallait couper le cordon. Je pars à Lille, exercer la même mission, au théâtre du Grand Bleu, une scène nationale.