Si le groupe de presse et le titre Paris-Normandie devait disparaître ou passer sous contrôle nordiste ou belge, la Normandie se retrouverait dans la situation d'être la seule région de la France métropolitaine à ne plus disposer sur son sol d'un titre de la presse quotidienne régionale indépendant: notre région se retrouve donc avec la liquidation judiciaire du quotidien rouennais dans la même situation peu enviable dans laquelle se sont trouvées les Antilles françaises et la Guyane, l'hiver dernier, avec la faillite du groupe France Antilles repris in extremis par un oligarque français bien connu...

https://www.maydaymag.fr/france-antilles-repris-par-njj-presse/

La Normandie dispose pourtant avec le groupe Leclerc- La Manche Libre-Tendance Ouest-Le Courrier Cauchois d'un groupe multimédias 100% normand et 100% indépendant qui aurait pu reprendre le quotidien Paris-Normandie (sans la dette mise en liquidation judiciaire) mais c'était sans compter avec l'épineux problème du doublon industriel des imprimeries (le groupe Leclerc disposant déjà de la sienne à Saint-Lô).

Donc si l'un des trois repreneurs qui se sont faits connaître dans les délais impartis était confirmé par le tribunal de commerce de Rouen, la Normandie orientale passerait sous pavillon belge sachant que la Normandie occidentale est déjà sous pavillon... breton ou ligérien avec le groupe Ouest-France.

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On lira donc, ci-après, le dernier communiqué du réseau citoyen du cercle normand de l'opinion:

 

GUTENBERG, REVIENS  !   ILS  SONT DEVENUS FLOUS  !

 

                Depuis la transformation du Normandie  de Ch. Villain, après la guerre, en ce quotidien régional actuel, Paris-Normandie , fondé par P.R. Wolf, dont le directeur de publication est présentement R. Uzan, sans que l’on sache vraiment les liens qui rattachent le « roi de la palette », J.-L. Louvel, à ce journal, les vicissitudes les plus diverses ont marqué l’existence du quotidien rouennais qui peine, faut-il le rappeler aux jeunes générations ?, à prendre la succession du  Journal de Rouen  de l’avant-guerre… Il semble qu’aujourd’hui, plus qu’hier ou avant-hier, la situation financière de Paris-Normandie soit à ce point compromise qu’on s’interroge sur la survie du journal dans les prochains jours.

                Il est en liquidation judiciaire : on recherche pour l’instant des repreneurs. Il faudra quand même apurer les comptes (dettes sociales, 2 millions d’euros à l’URSSAF, que vont devenir les créanciers ? Le personnel technique ? Les journalistes ? Qui va payer?). Curieusement, on ne découvre d’enquêtes journalistiques d’investigation sur la tambouille qui entoure cette aventure calamiteuse.

                On peut s’interroger – et, là, cela dépasse le cas de Paris-Normandie -  sur les motivations de ceux qui, un jour, prennent le contrôle d’un organe de presse, entreprise qui, paraît-il, perd TOUJOURS de l’argent. Pourquoi ces chevaliers d’industrie, pourquoi les banques s’engagent-ils dans des opérations financières à perte ?

                Le Cercle Normand de l’Opinion ne prétendra pas répondre à ces questions : l’opinion publique, dans ce cas-là, est la dernière à pouvoir intervenir, sauf à accorder son soutien à la presse en continuant à l’acheter.

                Pourtant, nous nous placerons délibérément du côté du lectorat. Nous laisserons de côté les crises d’urticaire du Syndicat des Industries du Livre, du Papier et de la Communication (SILPAC  CGT), toujours prompt, par réflexe corporatiste, à mettre des freins dès lors qu’une évolution des techniques impliquent des changements. Pas plus que nous nous arrêterons aux sollicitations intéressées de soutien au principal syndicat de journalistes (SNJ), en rappelant opportunément qu’il faut défendre le pluralisme des opinions… qu’il méprise habituellement.            

                   Nous partirons d’une idée simple : une Région, ou si ce n’est pas possible, un territoire moins vaste, a besoin d’un quotidien régional. Les succédanés audiovisuels et informatiques, dont il faut tenir compte évidemment, ne remplacent pas la presse écrite. Elle participe à l’identité et à la construction d’une Région.

                         La Normandie est dominée, au quotidien, par le Groupe Ouest-France, dans sa partie occidentale, et, hebdomadairement, sur la quasi-totalité du territoire normand. Ce quasi monopole (nous ne portons pas de jugement) est battu en brèche par le Groupe Manche Libre (Manche Libre, Courrier Cauchois) et la Vallée de la Seine restait le fief de Paris-Normandie. Son inconcevable disparition augure-t-elle d’une bataille acharnée entre les deux protagonistes précités, voire d’un troisième larron, le Parisien Libéré ? Ou bien d’autres fées (sic!) vont-elles se pencher sur le berceau d’un quotidien Rouen Vallée de Seine pour des raisons plus ou moins avouées, financières ou politiques ? Nous sommes à quelques mois d’échéances électorales majeures et allons devoir faire face à une dépression économique inquiétante… Mais le nature a horreur du vide.

                Les autorités (i-e l’État) ne sont pas neutres, mais actrices. La préfecture 76, par exemple, en torpillant les annonces légales, a éliminé les Affiches de Normandie – pour conforter Paris-Normandie peut-être ? - ; les collectivités locales pourraient beaucoup si elles confiaient à la presse leur communication au lieu de distribuer des publications aussi coûteuses qu’auto-satisfaites… La Région veut aider l’entreprise de presse Paris-Normandie. Est-ce suffisant ?

                                                                                              C.N.O.                Rouen, le 25 mai 2020