Après les annonces parues dans le Canard Enchaîné du 27 mai 2020, les Normands ont eu très peur: Renault, premier constructeur automobile français dispose encore en Normandie d'importantes usines avec les nombreuses industries locales de sous-traitance qui vont avec et qui font un système qui inerve, finalement, tous les bassins d'emploi de la Normandie.

Dans la première région industrielle de France tant par le PIB que par le nombre de salariés, Renault est l'un des grands donneurs d'ordre de l'emploi normand.

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Renault fait encore travailler deux grandes usines en Normandie:

Cléon près d'Elbeuf, usine essentielle au groupe voire une usine d'intérêt national car on y fabrique les moteurs qui sont montés sur les différents modèles du groupe Renault-Nissan: on trouve même un moteur Renault fabriqué par les Normands de Cléon sous le capot de certaines... Mercedes! Comme quoi le made in Germany...

Sandouville près du Havre: une usine importante dans le groupe puisqu'elle fabrique les véhicules utilitaires de la marque au losange. C'est aussi une usine assez polyvalente qui peut s'adapter à la conjoncture et aux évolutions en cours. C'est ainsi qu'on apprend à l'occasion du plan de réorganisation annoncé ce vendredi 29 mai 2020 que l'usine normande de la pointe de Caux pourrait fabriquer le futur moteur électrique Renault. (En revanche on apprend aussi que l'usine de Flins dans les Yvelines n'assemblerait plus le modèle Zoë et qu'elle pourrait fermer en 2023).

Enfin il y a le site emblématique de Dieppe où la fameuse Alpine modèle A110 est fabriquée et assemblée: on a cru un moment que la fabrication de l'Alpine allait cesser immédiatement. Sébastien Jumel le député communiste et ancien maire de Dieppe a fait savoir que l'Alpine était "la prunelle de ses yeux"... Il a, semble-t-il, été entendu. Cependant il ne faudra pas se faire d'illusion: le site de Dieppe a obtenu un sursis et une réflexion pour son avenir va être engagée... 

Pourquoi ne pas proposer une version électrique haut de gamme de l'A110 et concurrencer, avec le rapport qualité/prix Renault, Tesla et compagnie sur un marché de niche qui était très dynamique avant la crise sanitaire?

Enfin, sur le fond, la crise du covid19 est l'occasion pour Renault de solder sinon de purger le passif Carlos Ghosn sur le dos des salariés du groupe bien évidemment:

La croissance externe et financière du groupe a été conduite à marche forcée, l'alliance avec Nissan vacille devant le souverainisme industriel japonais et vacillera encore plus lorsque les décideurs français vont enfin s'apercevoir que le souverainisme industriel n'est pas sans vertus. Conséquence pour Renault: les chaînes de valeurs qui ont été géographiquement éclatées au maximum afin de profiter de toutes les opportunités industrielles et financières de la mondialisation ont révélé leur fragilité à l'occasion de la crise actuelle.

Le plan social et de restructuration qui nous vient d'être présenté en témoigne: il ne s'agit pas seulement d'un banal et brutal ajustement de la capacité de production face à la demande en automobiles neuves qui s'est effondrée, il s'agit aussi et surtout d'identifier ce qui est stratégique pour l'avenir du groupe Renault et de faire en sorte que ce qui est stratégique demeure en France et que cette présence soit renforcée: ça tombe bien car la forteresse stratégique de Renault n'est pas au Maroc ni même au Japon... Elle se trouve en Normandie avec la conception et la fabrication des moteurs innovants adaptés à la transition énergétique mais aussi avec la conception de l'automobile autonome du futur (Cléon, Sandouville, technopôle du Madrillet).

Dans cet objectif, il paraît important que la Normandie prenne, en quelque sorte, le contrôle du pôle de compétitivité "Movéo" associé à l'industrie automobile puisque Renault semble vouloir abandonner ses activités industrielles en Ile-de-France...

Mais Renault n'a pas (encore) annoncé la fermeture de son techni-centre ou son transfert en Normandie!


 Lire ci-après:

https://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/plan-d-economies-chez-renault-en-normandie-les-salaries-a-demi-soulages-AK16850819

Plan d’économies chez Renault : en Normandie, les salariés à demi soulagés

L’usine Alpine de Dieppe, qui emploie plus de 380 personnes, ne fermera pas. Toutefois, l’annonce du plan d’économies du groupe inquiète les salariés de Sandouville et de Cléon.

À Dieppe, la très forte inquiétude n’a pas tout à fait laissé place à un « ouf ! » de soulagement. Dans le cadre du plan d’économies annoncé hier par Renault, l’usine Alpine ne fermera pas, d’accord, mais tous les interlocuteurs ne sont pas convaincus des garanties de sa pérennité au-delà de deux ou trois ans... Stéphane Hauchecorne, délégué CGT au sein de l’usine, a passé une bonne partie de la journée d’hier en réunion... ou au téléphone. « Deux réunions le matin avec des coupures de séance pour aller expliquer les choses au personnel. Et franchement, ce n’était pas vraiment des annonces qui rassuraient complètement. » Cela dit, « on a l’espoir d’un nouveau produit à fabriquer à Dieppe, sur un site conservé au moins trois ans, jusqu’à la fin de vie de l’A110, pour une reconversion vers un nouveau modèle, des véhicules de niche ou de la sous-traitance pour Renault ». Reste l’échéance du 15 juin où il sera peut-être question de « réduction du personnel », le groupe Renault prévoyant de supprimer 4 600 postes en France (lire ci-dessous). En attendant, « le site n’est pas menacé à court terme. À nous de montrer qu’on est là, qu’on est motivés, qu’on est capables ».


 Sur l'avenir de l'usine de Dieppe:

https://www.ouest-france.fr/normandie/le-havre-76600/dieppe-un-sursis-de-trois-ans-pour-le-site-renault-alpine-6851633

À Dieppe, un sursis de trois ans pour le site Renault Alpine

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Le constructeur automobile français prévoit de réduire ses effectifs dans le cadre d’un plan d’économies de 2 milliards d’euros sur trois ans. L’usine de Dieppe (Seine-Maritime), qui fabrique l’Alpine, obtient un sursis de trois ans.

Les quelque 350 salariés en CDI de l’usine Renault Alpine de Dieppe (Seine-Maritime) ne sont qu’en partie soulagés d’avoir appris que l’usine ne fermerait pas dans l’immédiat, selon la CFDT. « Les salariés sont moins inquiets mais c’est un soulagement contrôlé. L’usine ne fermera pas dans les trois ans, jusqu’à la fin de vie de l’Alpine A110. Après, c’est un point d’interrogation, on n’a pas de garantie », indique Dominique Seraffin, secrétaire CFDT du CSE de l’usine de Dieppe.

La direction de Renault a annoncé, ce vendredi, la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France, dans le cadre d’un plan d’économies sur trois ans. Quatre sites devraient être affectés en France dont Dieppe, où le groupe ouvre « une réflexion sur la reconversion de l’usine, à la fin de la production de l’Alpine 110 ».

Une usine « ultra-moderne »

Renault prévoit de produire 2 500 Alpine en 2020, après 5 000 en 2019 et 2018, mais « on a servi tous les passionnés d’abord. Maintenant, on a un rythme régulier où on va chercher les clients », selon Dominique Seraffin, qui a indiqué qu’il n’y avait pas de plan de suppression de postes à l’ordre du jour.

Pour le syndicaliste, « trois ans, ça laisse le temps de rebondir comme on l’a déjà fait sur ce site des dizaines de fois. Il faut ramener un maximum d’activité pour ne pas fermer le site ». Un site où 36 millions d’euros ont été investis ces dernières années pour lancer la nouvelle Alpine.

Dieppe « possède un centre de production ultra-moderne » qui permettra « d’embrayer sur la voiture de demain », a estimé de son côté Sébastien Jumel, député PCF de Seine-Maritime dans un communiqué.


 

Voir aussi:

https://actu.fr/normandie/cleon_76178/plan-pour-l-automobile-renault-cleon-va-confectionner-les-nouveaux-moteurs-electriques_33869618.html