On vient de l'apprendre: le projet de liaison canal à grand gabarit européen entre l'Oise et la Meuse (liaison Paris-Gennevilliers/ Anvers) serait abandonné, crise des finances publiques oblige...

Le projet de Schéma National des Infrastructures de Transports doit effectivement être sérieusement révisé à l'automne prochain: tout projet n'ayant pas fait l'objet d'un financement ou fait la preuve de son intérêt national sera abandonné, une commission d'experts doit en décider... On pensera bien entendu à la Ligne Nouvelle Paris Normandie et au projet de développer les liaisons en fret ferroviaire pour les ports normands notamment le port du Havre qui doit lutter pour sa survie face à la concurrence du port d'Anvers déjà devenu le port privilégié de la région parisienne: inutile de dire donc que ce projet de Canal SEINE NORD EUROPE aurait eu pour conséquence de renforcer cette situation de fait...

Un choix reste donc à faire: mettre tous les financements disponibles pour que la vallée de la Seine, de PARIS jusqu'à la NORMANDIE redevienne le CANAL HISTORIQUE de la relation française à la mer et au Monde...


Lire ci-après la dépêche de l'AFP reprise par l'agence suisse Romandie.com :

Le Canal Seine-Nord, probable premier grand projet victime de la chasse aux économies


PARIS - Serpent de mer de l'aménagement du territoire depuis une vingtaine d'années, le canal Seine-Nord risque d'être le premier grand projet d'infrastructure abandonné par le nouveau gouvernement socialiste, faute d'un financement suffisant.

Pour les protagonistes du dossier, l'abandon de cette voie d'eau à grand gabarit de 106 kilomètres de long apparaît désormais inévitable même si les pouvoirs publics ne veulent pas encore l'officialiser.

L'opération d'attribution du partenariat public-privé (PPP) pour la construction et la maintenance de l'ouvrage est suspendue, a affirmé mercredi Yves Gabriel, PDG de Bouygues Construction, interrogé en marge d'une conférence de presse du groupe Bouygues.

Fruit du Grenelle de l'Environnement, le canal devait permettre aux péniches de grande taille de connecter le bassin de la Seine au Nord-Pas-de-Calais et aux 20.000 km du réseau grand gabarit d'Europe du Nord.

Bouygues, comme le groupement concurrent Vinci-Eiffage, n'a pas pas reçu de Voies navigables de France (VNF) les règles du jeu pour la prochaine étape du dialogue compétitif pour l'attribution du contrat.

Cela prouve, selon M. Gabriel, l'absence de volonté du gouvernement de réaliser cet ouvrage en raison de l'état des finances publiques.

Or Bouygues et Vinci-Eiffage devaient présenter leurs offres à l'automne avant un choix final avant la fin de l'année 2012.

-- le ministre voit ses craintes sur le financement confirmées --

Le projet n'est pas finançable sans une forte participation publique, a rappelé M. Gabriel.

Cela confirme les craintes qui étaient les miennes lorsque certains disaient que le bouclage financier était réalisé, a déclaré à l'AFP le ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier.

Aujourd'hui, le projet est suspendu. Ce n'est pas du fait du ministre des Transports mais de l'un des partenaires qui émet des réserves sur sa soutenabilité financière, a ajouté le ministre, sans cité le groupe Bouygues. Dans le passé, M. Cuvillier avait exprimé à plusieurs reprises ses doutes sur la faisabilité du canal, dont il estime le coût sous-évalué.

Pour lui, il faut donc explorer toutes les pistes de financement, y compris européennes.

Le schéma national des infrastructures de transport (Snit) fixe à 245 milliards d'euros sur 25 ans l'enveloppe nécessaire pour moderniser et entretenir les infrastructures existantes tout en développant de nouvelles installations.

C'est une charge insoutenable en termes de financement public. Cela impose de faire des choix et donc frustrer de nombreux élus, avait expliqué en juillet à l'AFP Gilles Savary, député PS (Gironde).

Le dialogue compétitif pour l'attribution du contrat avait démarré en avril 2011, après la visite de Nicolas Sarkozy à Nesle (Somme) qui avait relancé le projet de construction du canal entre Compiègne (Oise) à Aubencheul-au-Bac, entre Douai et Cambrai (Nord).

L'achèvement du projet, qui devait constituer le maillon manquant entre la Seine et le réseau fluvial de l'Europe du Nord, était prévu pour 2016-2017. Sa réalisation était estimée à 4,3 milliards d'euros dont 2,1 milliards de partenaires privés.

Le président de l'association Seine-Nord Europe Philippe Marini (sénateur-maire UMP de Compiègne) trouve pour sa part très paradoxal qu'un gouvernement qui s'est installé sous le signe d'une politique de croissance recule en ce qui concerne la réalisation de l'une des rares infrastructures nouvelles de ce pays qui puissent être un vrai levier de croissance.

Le probable abandon du plus grand projet fluvial européen rappelle celui en 1997 de la mise à grand gabarit du canal Rhin-Rhône par la ministre de l'Ecologie Dominique Voynet qui faisait partie du gouvernement de Lionel Jospin.


(©AFP / 29 août 2012 20h15)