La Normandie dans son espace européen: rien de mieux qu'une image satellitaire prise de nuit pour y voir plus clair...

Notre région est un avant-poste maritime sur la côte française entre deux grands phares: le Grand Londres et le Grand Paris, placé en avant du Pas de Calais qui contrôle l'accès à la plus grande façade portuaire du monde, le "Northern Range" (d'Anvers à Hambourg en passant par Rotterdam) reliée par fleuves, canaux, autoroutes et voies ferrées au coeur productif et commercial de l'Europe (la région parisienne à l'Ouest, le Grand Londres et la  Randstad néerlandaise au Nord, la Ruhr et les landers allemands du Rhin à l'Est et au Sud): la position géographique et stratégique de la Normandie est donc privilégiée. Mais les privilèges ont parfois le désavantage de ne pas stimuler la prise de risque. La relation ancienne avec Paris, aussi nourrissante qu'étouffante qui donnait l'impression aux Normands d'être toujours du bon côté du manche, n'est plus une relation privilégiée:

Paris a un accès à la mer... Mais aujourd'hui, que cela soit par Le Havre ou Rouen ou par Anvers ou Rotterdam, le pouvoir parisien s'en fout!

Les décideurs Normands doivent redevenir des outsider de la mer: retrouver un  "esprit" Viking pour expliquer à nouveau aux Parisiens que la Seine n'est pas qu'une piscine pour bateaux-mouches et que ce fleuve s'écoule jusqu'à la mer la plus fréquentée du Monde ... après le pont de Puteaux!

  vs 

 


Le fait régional français vu d' Europe: PARIS c'est la France et la France c'est PARIS

Les régions françaises sont des "naines" à côté des géantes qui nous environnent mais surtout, le paradoxe français devient éclatant à l'échelle européenne car la plus puissante région d'Europe est en... France et c'est l'Ile de France! 

Il est donc plus que temps de libérer les énergies françaises de leur carcan jacobin...

Urgence de ne faire qu'une seule région normande!


Ci après, un excellent article paru ce vendredi 28 décembre 2012 sur Paris-Normandie: la Normandie, une région ayant un enjeu européen... Sur l'Etoile ça fait longtemps qu'on le dit! Mais maintenant c'est un prof de l'ESSEC qui le dit aussi, alors attention! la Normandie, voilà un sujet sérieux: cessez vos ricannements!

Un Axe Seine orienté vers le Nord

Paris-Normandie.fr, publié le vendredi 28 décembre 2012 à 07H18
Franck Vallerugo: « Le périmètre du Grand Paris doit prendre en compte une réalité économique plus vaste »

Franck Vallerugo: « Le périmètre du Grand Paris doit prendre en compte une réalité économique plus vaste »

Selon Franck Vallerugo, professeur en économie urbaine à l'Essec, le projet d'Axe Seine n'a de sens que s'il s'inscrit dans la perspective d'une large coopération avec les zones de production de « l'arc fertile » européen, et les grands ports du Nord. Invité à intervenir, lors du colloque parisien de l'Axe Seine, sous la forme d'un billet stratégique, Franck Vallerugo y a évoqué « des fantasmes et des utopies ». Parmi eux, celui qui voudrait que l'Etat aménageur soit de retour. Et celui qui laisserait penser que Le Havre serait en mesure de concurrencer de façon lourde les grands ports d'Europe du Nord, au prix d'investissements colossaux.


Qu'est-ce qui vous amène à parler de fantasme ?


« Je répondais indirectement à Jacques Attali, dont j'estime qu'il ne connaît pas ce dossier lorsqu'il déclare que l'abandon du canal Seine-Nord peut être une chance pour Le Havre. Moi je pense qu'il y a deux solutions : soit on se lance bille en tête dans une aventure mortifère qui consiste à investir des tonnes d'argent dans une compétition pour laquelle nous avons un retard considérable, et l'on est dans l'affrontement direct. Soit on essaie de bénéficier dans la vallée de la Seine, de ces fantastiques outils que sont les ports d'Anvers et de Rotterdam. Parce qu'eux-mêmes sont saturés en terme de surfaces disponibles. Ils auront besoin du Havre. Il faudra donc s'y connecter soit par la mer, soit par le canal Seine-Nord, et faire au Havre des investissements intelligents qui permettront de travailler ensemble ».


Vous défendez l'idée d'une « mégarégion » qui associerait Paris, Londres, mais aussi la Randstad, la Ruhr… Quel intérêt pour notre pays ?


« Si vous regardez une carte de l'Europe du Nord, la nuit, vous y voyez une extraordinaire concentration urbaine de plusieurs dizaines de millions de personnes qui ont un pouvoir d'achat extrêmement élevé par rapport au reste du monde, et qui est fortement dotée d'infrastructures lourdes, d'équipements industriels performants, de réseaux routiers et ferroviaires…
Et tout ce qu'on trouve à faire, c'est de nous noyer dans des espèces de concurrence mortelles. Il vaudrait mieux trouver des moyens de convergence. Il y en a ! »


Par exemple ?


« Essayons de trouver les meilleures pratiques de chacun en matière de développement environnemental, social, ou en matière de modalités de financement des équipements publics. Attachons-nous à améliorer les normes administratives et les barrières douanières, à les assouplir et les adapter aux besoins de l'économie. Tâchons d'imaginer des infrastructures nouvelles. Nous, universitaires, sommes prêts à travailler à ces coopérations ».


Quelle place pourraient y prendre les villes normandes ?


« Pour moi, l'idée de Paris et la mer est une pure construction intellectuelle, quoi qu'en dise Jacques Attali. Selon moi, l'avenir de la Normandie est lié au développement de Paris, et pas le contraire. Et donc tout ce qu'on pourra faire pour développer une mégarégion puissante à l'échelle mondiale pourra bénéficier à la Normandie à condition de créer les conditions du raccord, de la connexion. C'est dans ce cadre que la LNPN (ligne nouvelle Paris Normandie, NDLR) est importante pour le ferroutage, le transport. D'ailleurs toutes les idées qui ont été avancées pour l'Axe Seine ne sont pas contradictoires avec celle de la constitution d'une mégarégion. Et de Paris, de Londres, des villes de la Randstad et de l'arc fertile européen, c'est Paris qui y a le plus d'intérêt. C'est elle qui n'est pas connectée à la banane bleue et qui tirera le plus d'avantages de cette connexion à ce marché de consommation extraordinaire qui se trouve en Europe du Nord. Et avec elle, quelque part, les villes normandes et la vallée de la Seine ».


Pas d'autres régions ?
« Il existe bien sûr d'autres villes importantes, qui se trouvent en concurrence, parce qu'elles expliquent aux investisseurs qu'elles offrent, à une heure de Paris, tous les avantages de l'Ile-de-France sans en supporter les inconvénients. Mais le vrai avantage de la vallée de la Seine est qu'elle est le seul territoire relié à la mégapole parisienne qui a un projet de coopération, une initiative de raccordement. Orléans, Le Mans, Reims, ne disent rien. Troyes non plus. Donc je pense que la Normandie, Rouen, Le Havre, Caen, ont une longueur d'avance ».


L'un des principaux enseignements de l'Acte 3 de l'Axe Seine est qu'il doit franchir le cap de sa gouvernance. Qu'en pensez-vous ?


« La tradition en France est de commencer par construire la structure administrative et ensuite de s'intéresser au projet. C'est le meilleur moyen de le tuer.
Moi je pense qu'il faut mettre en place une structure très souple, dans laquelle tout le monde s'assied autour de la table et participe au diagnostic. Les réponses y sont beaucoup plus faciles à trouver parce que les compétences sont diverses, les apports variés. Les interventions ensuite, quand elles ont besoin d'être financées, sont multiples. Observez ce qui se passe chez nos voisins. Le plan stratégique de Barcelone est fondé sur ce principe-là. C'est une structure très restreinte qui fait de la prospective. Mais ensuite les décisions sont prises dans une logique de coordination entre les acteurs économiques, les universitaires, les politiques, les syndicats ».
Et vous dîtes que le temps presse…
« Ce que je vois, c'est que le taux de croissance urbaine en France est de 0,4 % par an en moyenne. Il était de 5 % à Shanghai il y a peu. Je ne sais pas quand ça deviendra critique, mais il est évident que nous ne sommes pas sur les mêmes dynamiques. Ni avec la Chine, ni avec l'Inde où les villes, contrairement à ce qui peut se passer ailleurs, notamment en Afrique, ne croissent pas dans le chaos ».
 

Propos recueillis par Franck Boitelle

Commentaires de Florestan:

On souscrira à l'analyse ci-dessus moyennant trois conditions: 

1° NE PLUS CONFONDRE REUNIFICATION DE LA NORMANDIE AVEC REUNIFICATION DE DEUX CONSEILS REGIONAUX! La Normandie des acteurs sociaux et économiques, des grands décideurs stratégiques est déjà réunifiée ou est en passe de l'être. La ringardisation de l'actuelle organisation institutionnelle et politique est en cours. Les acteurs régionaux travaillent désormais à l'organisation d'une NORMANDIE CONCRETE, UTILE, SOUPLE et surtout UNIE!!!

Les décideurs économiques Normands ont décidé, désormais, de lire le mode d'emploi de la géographie normande sans attendre que les "décideurs" politiques se décident enfin à le faire... après les prochaines élections!

2° NE PAS CONFONDRE AXE SEINE et NORMANDIE: pour que l'Axe SEINE retrouve tout son intérêt et sa pertinence en Europe, il ne faut plus penser un "tube digestif" Paris-Le Havre mais le"visage de majesté" (Jules Michelet) portuaire et maritime présenté par la France sur la mer la plus fréquentée du Monde, ce qui implique de penser la Normandie dans son ensemble:

710 km de littoraux normands

Ce qui fait de la NORMANDIE, la PREMIERE REGION MARITIME DE FRANCE , un avant-port européen premier système portuaire français de Cherbourg au Tréport avec deux grands ports maritimes: Le Havre et Rouen et derrière cette façade urbaine et portuaire (Cherbourg-Caen-Le Havre-Rouen -Dieppe) des arrières pays normands dotés d'un très dense réseau urbain qui ne demande qu'à être mieux relié par des transports efficaces (voies ferrées et routes express) pour que la Normandie soit enfin ce qu'exige d'elle sa géographie, à savoir une "RANDSTAD" EN FRANCE dans le prolongement de la Région Parisienne qui doit se souvenir que la Marine ce n'est pas qu'un musée poussiéreux sous le Trocadéro!

 

3° LA NORMANDIE est enclavée, en miettes, derrière PARIS , "angle mort" placé dans l'ombre de la Ville LUMIERE:

il faut DESENCLAVER la Normandie en France et en Europe mais aussi DESENCLAVER la Normandie EN Normandie.

Depuis 40 ANS on attend l'achèvement de la ROCADE OUEST SUD OUEST de la région parisienne (RN 154 entre ROUEN et ORLEANS, contournement Nord-Est de Rouen) de même qu'il n'est plus acceptable de n'avoir que 7 trains par jour entre CAEN et ROUEN et que 95% des Normands soient obligés de prendre leur voiture pour aller dans une ville normande ou à Paris !

A l'échelle européenne, le désenclavement ferroviaire et routier normand est pourtant programmé dans le cadre du CORRIDOR IV européen (axe Le Havre-Metz-Allemagne) afin de créer une alternative à l'axe Nord-Sud qui traverse la France de Lille à Marseille... Nous avons 30 années de retard sur ce désenclavement, le maillon manquant correspondant au maillon faible normand...

On ne demandera donc pas à des gens politiquement limités de fusionner leurs paires de fesses  dans un seul et unique conseil régional en Normandie: nous n'exigeons plus l'impossible! Mais au moins qu'ils puissent travailler ENSEMBLE. Une conférence normande sur les TRANSPORTS, voire une "commission permanente" normande commune aux deux conseils régionaux normands concernant l'urgence du DESENCLAVEMENT LOGISTIQUE de la NORMANDIE est devenue INDISPENSABLE: qu'ils se débrouillent pour trouver la façon de travailler la plus efficace mais il y a urgence. 

Pour nous l'alternative est claire: c'est soit la Normandie transportée au XXIe siècle ou faire du vélo avec LE VERN!

 


LA GEOGRAPHIE NORMANDE a son MODE d'EMPLOI: il n'est pas JACOBIN, il est EUROPEEN

La Randstad des Pays-Bas: Amsterdam la métropole au Nord (sur les bords des vestiges de l'ancien Zuider zee entouré de polders) La Haye la capitale politique au centre et au Sud sur les bouches du Rhin, et Rotterdam, le plus grand port européen et le 4ème port mondial, le tout dans un rayon de 80 à 100km...

Rêve de géographes normands: la Randstad normande

Rouen métropole préfecture régionale, Caen technopole capitale politique, Le Havre, port international: la géographie normande demande enfin à être respectée par nos "grands" élus!

Mais pour lors, les chômeurs normands connaissent déjà...