Il faut le savoir, mais l'un des fleurons du patrimoine culturel, artistique et littéraire normand est à vendre depuis une discrète annonce publiée à la fin du mois de mai dernier dans la gazette de Drouot: une vente aux enchères des souvenirs du passage de Monet, Maupassant, Gide, Flaubert, Leblanc, Malot, Churchill, Camus,  et tant d'autres artistes, écrivains, peintres qui ont contribué au décor et au charme extraordinaire des lieux, est à craindre comme celle qui a dépouillé et dispersé les souvenirs du paquebot France...

Nouvelle image

La célèbre salle lambrissée du café de l'hostellerie des Vieux plats (du nom des plats en faïence et en porcelaine qui ornent la façade de l'établissement) décorée par les artistes peintres de passage qui payaient ainsi en nature, le gîte et le couvert...

Décidément, la Normandie est l'un de ses costumes trop grands ou trop fastueux qui embarassent ceux qui en héritent: les élus (la municipalité, la com de com, le conseil général de la Seine-Maritime, le conseil régional demi-normand présidé par qui vous savez) mais aussi les fonctionnaires de la DRAC sont placés, une fois de plus, devant leurs responsabilités. Mais on craint d'avance d'avoir à constater qu'ils rechigneront à intervenir, qu'ils hausseront les épaules en arguant d'un dossier trop complexe, que l'argent public est devenu si rare...

Oui c'est vrai, les "Vieux Plats" c'est du grand et du noble patrimoine de chez nous qui les dépasse, eux et leurs mandats, leur circonscription, leur bureau... C'est plus facile et plus valorisant de dépenser cet argent public si rare en rond-points fleuris débiles et accidentogènes, en pustules d'art contemporain officiel, en machins pseudo-culturels, en sauteries dînatoires pour les copains, en opérations festives auto-promotionnelles, en salles polyvalentes incertaines, en "mobilier" urbain immonde!

La solution? Une mobilisation à mettre en oeuvre sur Internet, créer un collectif de défense, mobiliser un grand mécène privé: d'emblée, les élus ou le ministère de la Culture ne feront rien. A nous d'agir donc!

C'est pourquoi l'Etoile de Normandie a pris l'initiative de contacter en urgence la Société Protectrice des Paysages et de l'Esthétique de la France  (association nationale reconnue d'utilité publique et agréée auprès du ministère de la Culture) pour que l'hostellerie des Vieux Plats de Gonneville la Mallet ne soit ni détruite ni démantelée...

 

 


Voir ci-dessous l'article paru en juillet dernier sur Paris-Normandie:

http://www.paris-normandie.fr/actu/lhotel-des-vieux-plats-a-gonneville-la-mallet-a-vendre#comment-520070

Et le reportage réalisé par 76 Actu:

http://www.76actu.fr/gonneville-la-mallet-une-petition-pour-sauver-lhotel-des-vieux-plats_42838/

L'hôtel des Vieux Plats à Gonneville-la-Mallet à vendre

 

 

Publié le 27/05/2013 à 14H49

 

Lucette Aubourg a confié tous ses souvenirs à son ami pour qu'il fasse revivre l'histoire de l'auberge

Lucette Aubourg a confié tous ses souvenirs à son ami pour qu'il fasse revivre l'histoire de l'auberge

VAST Bernadette

Denis Gancel, président du festival Jour de Lectures qui aura lieu cette année les 6 et 7 juillet, à Gonneville-la-Mallet (Seine-Maritime) monte au créneau pour sauver une "institution" de sa commune normande.

"Une petite annonce discrète est parue dans la Gazette Drouot de cette semaine : « À vendre, l’hostellerie des Vieux Plats à Gonneville-La-Mallet. Le rendez-vous des célébrités depuis 1835 : A. Gide, G. de Maupassant, J. Massenet, C. Monet, A. Dumas… Salle lambrissée de portes d’armoires peintes par des artistes. Plafond constellé d’assiettes. Cuisine typique d’époque XIX Écrire à… », explique-t-il.

"Cette mise en vente confidentielle fait suite au décès de Lucette Aubourg au début de cette année. Melle Aubourg était une personnalité exceptionnelle, vivante, joyeuse, accueillante, qui a tenu à maintenir la mémoire des « Vieux Plats » jusqu’à ses derniers moments. Ainsi, l’an passé, accueillait-elle avec joie la première édition du festival « Jour de Lectures », chantant et récitant des poèmes devant un public conquis, admiratif et enthousiaste ! L’Hôtel des Vieux Plats est un monument de notre histoire collective ! Il est tout ce que la France, la Normandie, la Seine-Maritime a de meilleur : l’hospitalité, la gastronomie, la rencontre des arts, la rencontre de tous les talents.

Pendant plus d’un siècle, cet établissement a « accueilli le monde entier » disait Lucette, devant plus de 2000 personnes, en introduction du spectacle de plein air qui lui fut consacré à l’occasion des célébrations de l’anniversaire de Guy de Maupassant.

Sauver l’Hôtel des Vieux Plats, c’est sauver la magnifique cuisine du restaurant. C’est sauver la salle « lambrissée » (comme le dit l’annonce) du café. Salle intégralement tapissée de portes d’armoires peintes, contrepartie géniale inventée par Paul Aubourg, le père de Lucette, pour permettre aux peintres (dont Claude Monnet) de payer leur séjour.

Dans cette salle maintes fois filmée par le cinéma ou la télévision (TF1 récemment), on entend le bruit des dominos qui claquaient sur les tables de bois vernis, il y a encore quelques mois…

Comment peut-on laisser vendre de tels éléments de notre mémoire ? Toutes les solutions qui permettraient de conserver ces œuvres sur place, dans ce lieu d’histoire, seront préférables à une vente en pièces détachées de ce patrimoine unique :

- l’installation d’un grand chef pour y lancer un restaurant gastronomique,
- la reprise par une chaîne hôtelière de renom pour célébrer

Guy de Maupassant et ses amis, comme a su le faire la chaîne internationale « MGallery » à Cabourg, avec le Grand Hôtel qui célèbre Marcel Proust,

- la reprise des murs par les collectivités et l’exploitation du site par le tissu associatif très actif de Gonneville.

Toutes les idées doivent être étudiées.

Toutes les énergies doivent être mobilisées pour sauver l’Hôtel des Vieux Plats.

L’association « Jour de Lectures » sollicite Madame la ministre de la Culture et tous les élus pour que ce patrimoine unique ne soit pas dispersé.

Le festival « Jour de Lectures », qui se déroulera les 6 et 7 juillet prochain sous le parrainage et en présence de Patrick Poivre d’Arvor, sera l’occasion de faire le point de la situation.

Cette année, le festival se déroulera sur une dizaine de sites ouverts au public. L’Hôtel des Vieux Plats, lui, restera sera fermé. Fermé avant vente. Fermé avant… dislocation ! À moins que…"


Voir aussi le reportage video de France 3 Haute-Normandie:

http://www.actus-france.fr/haute-normandie/lhostellerie-des-vieux-plats-a-gonneville-la-mallet-vendue-aux-encheres-a-drouot_a165130_fr