Il faut donc mettre le feu, bloquer les routes, déverser meules de paille et lisier, souder ou défoncer les portes... Et après cela, vous pourrez déguster un bon café et une madeleine dans la porcelaine de Monsieur le Préfet ...

Alors que le breton qui fait fonction de ministre de l'Agriculture annoncait hier à Rennes un doublement des aides européennes pour la Bretagne dans le cadre de la nouvelle P.A.C.

http://www.paris-normandie.fr/article/societe/la-crise-bretonne-persiste-les-bonnets-rouges-font-des-emules#comment-569377

 

... Des éleveurs laitiers normands manifestaient violemment contre leur coopérative à Gruchet Le Valasse:

http://www.paris-normandie.fr/article/gruchet-le-valasse/nouveaux-nuages-sur-les-producteurs-de-lait-photosvideo

Gruchet-le-Valasse. Les producteurs de lait alimentant l’usine Senagral ont bloqué hier après-midi l’accès de l’établissement pour réclamer le rétablissement d’une prime.

Hier après-midi, les producteurs ont bloqué les accès de l’usine Senagral, à Gruchet-le-Valasse (photo Christian Cariat)

Hier après-midi, les producteurs ont bloqué les accès de l’usine Senagral, à Gruchet-le-Valasse (photo Christian Cariat)

 En mars dernier, les producteurs de lait de la France entière déclenchaient un vaste mouvement de protestation : en cause, le prix du lait, tout au moins celui payé par les coopératives laitières, bien trop bas au vu de leurs coûts de production. « Nous avons vécu des hausses spectaculaires des coûts de l’alimentation animale qui faisaient que nous travaillions pour beaucoup à perte », plaide Alain Anquetil, président de l’association des producteurs fournissant Senagral et membre de la FDSEA.

Devant la grogne des producteurs laitiers, le gouvernement nommait un médiateur et, après négociation, il était convenu que les producteurs toucheraient 25 € supplémentaires par 1 000 litres de lait vendu en coopérative, la grande distribution acceptant de vendre plus cher ses produits laitiers. « Ce qui correspondait environ à 1 centime sur un yaourt et à 3 centimes sur un litre de lait », expose Alain Anquetil.

Avance ou acquis ?

Ce supplément de 25 € a bien été versé aux producteurs alimentant Senagral au cours du deuxième trimestre. Mais les producteurs pensaient que la mesure s’appliquerait sur chaque trimestre de l’année 2013. « On a fait une avance, rétorque Gilles Sanzey, directeur de la production laitière de l’usine Senagral de Gruchet-le-Valasse. Cela faisait suite à la négociation nationale confirmée d’ailleurs le 12 octobre dernier. Mais cette négociation prévoyait 25 € sur l’année. Nous avons respecté notre contrat au pied de la lettre et on va arriver à cette hausse moyenne sur l’année. On a du mal à comprendre le point de vue des producteurs ».

Les producteurs ne l’entendent absolument pas de cette oreille. Pour eux, il ne s’agit pas d’une simple avance sur trésorerie, mais un acquis faisant suite à leur combat du printemps dernier.

Certes, les coûts de production ont très légèrement baissé. Mais les contraintes sont de plus en plus importantes. Nous ne faisons pas le même métier que les producteurs de céréales. Mais surtout, alors que le lait nous est payé aujourd’hui 356,07 € les mille litres (NDLR : 304 € en novembre 2012), il est payé plus de 400 € en Allemagne ».

Cette prime de 25 € aux mille litres paraissait donc légitime et acquise pour les producteurs. D’où leur désappointement quand ils ont vu qu’elle avait disparu au troisième trimestre.

Pour protester, ils étaient près de quatre-vingt hier devant les portes de Senagral à Gruchet-le-Valasse. Arrivés à 13 h 30, ils ont commencé par déverser lisier, paille, palettes et pneus devant l’entrée de l’usine, interdisant toute entrée et sortie des camions. Puis ils ont soudé la grille d’accès.

Vers 15 h, une délégation comprenant des représentants de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs, de l’association des producteurs et de la Confédération paysanne, était reçue par la direction de l’usine. Après une heure de discussion, elle en ressortait sans aucune avancée sur les revendications de producteurs.
Le bras de fer ne s’arrêtera pas là, les producteurs voulant maintenant saisir les pouvoirs publics et le médiateur.

Côté direction de Senagral, on affirme que le dialogue n’est pas rompu et que producteurs et industriels se reverront le 22 novembre prochain pour la négociation des prix pour 2014.

Et quant à la différence du prix du lait entre la France et l’Allemagne, Gilles Sanzey l’explique par le fait « qu’en Allemagne, on suit les cours et la grande distribution suit les prix des industriels. Le marché est bien plus réactif que chez nous ».


Commentaire de Florestan:

Il existe depuis 2011 un "bassin laitier normand" commun à toute la Normandie pour harmoniser les pratiques entre producteurs et laiteries: à quoi sert-il?