Il est vrai qu'un héraldiste du Moyen âge classerait sans hésiter un lion à trois têtes dans la catégorie fabuleuse et impossible des chimères...

 

Charles Lebrun, étude pour trois hommes à tête de lion...

http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/trois-tetes-d-hommes-en-relation-avec-le-lion

Mais tout l'enjeu et l'intérêt pour l'avenir de la Normandie, en tant qu'innovation territoriale, dans l'ombre portée de la plus grosse métropole d'Europe continentale n'est-il pas de créer une tête à partir de trois?

Dans un récent et long entretien accordé à l'excellent quotidien normand et rouennais Paris-Normandie qui continue son effort méritoire d'intéresser son lectorat haut-normand aux réalités bas-normandes (on sait hélas pourquoi Ouest-France n'en fait pas de même...) le maire LR de Caen, Joël Bruneau tient à nouveau le discours de bonne volonté qu'il a déjà tenu sur la nécessité de coopérations stratégiques et de mutualisations entre Caen, Rouen et Le Havre qui soient à la hauteur de la notoriété internationale de la Normandie...


 

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3681624/joel-bruneau-maire-de-caen--nous-allons-partager-un-nom-extremement-porteur#.VbKj9PkZZ_n

Joël Bruneau (maire de Caen) : « Nous allons partager un nom extrêmement porteur »

Publié le 20/07/2015 á 11H00

 

Très éloignée du fleuve, Caen ne profiterait-elle pas du développement de l’Axe Seine ? Le maire de la ville, Joël Bruneau, attend beaucoup d’un travail en réseau avec Rouen et La Havre.

Joël Bruneau (maire de Caen) : « Nous allons partager un nom extrêmement porteur »

 

CAEN (Normandie). Très éloignée du fleuve, Caen ne profiterait-elle pas du développement de l’Axe Seine ? Le maire de la ville, Joël Bruneau, attend beaucoup d’un travail en réseau avec Rouen et La Havre.

Quelle peut être la place de Caen dans le développement de l’axe Seine ?

Joël Bruneau : « L’axe Seine est un sujet qui doit concerner l’ensemble de la Normandie. L’axe Seine vue d’Europe, c’est le débouché maritime de Paris. Mais ce n’est pas que le grand port de Paris, c’est toute une région autour, toute la baie de Seine de Dieppe à Cherbourg.

Or la partie la plus à l’ouest apporte des choses complémentaires. Caen a un rôle d’ouverture vers la mer : notre façade maritime est le lieu de passage d’un million de passagers anglais par an.

Mais ne pas croire que nous ne sommes qu’un lieu de villégiature, il y a aussi toutes les autres spécificités du territoire en matière de recherche, d’enseignement supérieur, de vitalité culturelle, d’innovation... qui complètent les atouts de la Normandie.

L’ouest de la Normandie a un tissu industriel diversifié de PME dans toutes sortes de domaines, qui nous permet d’avoir une certaine résilience en ces temps de crise. Ce qui ne veut pas dire que ce tissu n’a pas besoin de se densifier ou d’augmenter, mais nous avons de vrais atouts ».

« Nous n’avons pas un port en eaux profondes »

Si on regarde l’axe Seine comme un axe industrialo-portuaire, que pourrait apporter Caen ?

Joël Bruneau : « En matière de logistique, notre vocation est de travailler sur des secteurs qui constitueraient des niches par rapport à la dimension conteneurs du Havre. Par exemple, au lieu d’éclater des marchandises au Havre, nous pouvons imaginer y prendre des conteneurs et les acheminer par voie maritime ou par camion pour des besoins locaux.

Le port de Caen a des possibilités d’accueil en remontant le canal même si les capacités n’ont aucun rapport. Nous n’avons aucune prétention à devenir une place portuaire complète : nous n’avons pas un port en eaux profondes, donc c’est un facteur limitant.

Caen est aussi un nœud routier vers l’ouest, le sud et l’est. En termes d’aménagement routier, nous avons résolu depuis un certain nombre d’années la problématique d’enclavement routier.

Il nous reste à parfaire des aménagements à l’intérieur de l’agglomération, notamment autour du plateau d’or où se trouvent un laboratoire de recherche et un pôle d’enseignement supérieur ».

Du développement de l’axe Seine, quelles retombées attendez-vous ?

Joël Bruneau : « Le premier élément important : l’axe Seine nous accroche au premier pôle économique national, le grand Paris. Le deuxième élément : l’axe seine est très lié à la Ligne Nouvelle Paris Normandie, indispensable pour faciliter le lien ferroviaire avec Paris. Mais il faut rapprocher les villes entre elles. Quand vous réduisez le trajet Caen-Rouen à moins de 50 minutes au lieu d’une heure trente, ça change tout. Tout ce qui permettra de rapprocher les villes entre elles participera largement à la dynamique du territoire. Aujourd’hui, la vraie amélioration, c’est la Ligne Nouvelle Paris Normandie. Mais c’est pour 2025 ».

« Rien de pire qu’une Normandie rognée par les deux bouts »

Avec la fusion des deux Normandie en janvier 2016, vous attendez-vous à participer davantage au développement de l’axe Seine ?

Joël Bruneau : « Je serai vigilant en termes d’organisation territoriale pour qu’il y ait un équilibre entre les différents territoires et la façon de les administrer. Nous sommes une des seules régions à ne pas disposer d’une métropole de dimension européenne capable à elle seule d’entraîner tout un territoire.

C’est seulement la complémentarité entre les trois agglomérations, Rouen, Le Havre, Caen, et la coopération dans un esprit de bénéfice commun qui créera un dynamisme. Rien de pire qu’une Normandie rognée par les deux bouts, entre un grand Paris qui aurait une grande influence à l’est, et un axe Rennes Nantes qui mordrait côté ouest. Cela implique de travailler en réseau, ce qui ne veut pas dire que chaque territoire n’a pas sa propre dynamique de développement sur un certain nombre de sujets. Clairement, l’intérêt de travailler à trois est manifeste. Le point positif est que nous allons partager un nom extrêmement porteur, celui de la Normandie ».

Cette dynamique est déjà enclenchée...

Joël Bruneau : « Oui, ce ne sont pas des paroles, puisque les premiers actes ont été notre candidature commune à la French Tech et la promotion à l’extérieur de Normandie Avenue. Mais c’est encore embryonnaire, il faut que l’on aille très vite dans cette une logique de mise en réseau.

C’est une évolution culturelle qui correspond mieux au monde tel qu’il s’organise aujourd’hui. Il n’est plus centralisé, mais dans des systèmes en réseau. Ça peut être des coopérations à la carte : on peut travailler avec Rouen sur certaines choses, et Le Havre sur d’autres sujets. Il le faut. Les difficultés budgétaires vont perdurer malheureusement, et l’isolement ne ferait que les augmenter ».

Propos recueillis par Cécile Margain, Paris-Normandie, juillet 2015, interview publiée dans le numéro 8 du supplément Avenir Seine.


Commentaire de Florestan:

Pas un mot sur le pôle métropolitain de l'Estuaire et le collègue havrais du maire de Caen!

En attendant que de trois têtes boudeuses on finisse par faire une seule intelligence, la base, quant à elle, ne traîne plus des pieds: le pôle métropolitain de l'Ouest normand s'aggrandit avec les villes de Vire, Coutances et d'Avranches qui annoncent leur entrée...

En octobre 2015, aura lieu une grande assemblée des villes du pôle métropolitain de l'Ouest normand qui devrait rassurer notre ami Michel Onfray qui craint toujours un mariage forcé et subi avec la Fabiusie rouennaise.

L'idéal est que cette dynamique de mise en réseau des petites et moyennes villes normandes commencée dans l'Ouest puisse se propager vers l'Est dans un esprit de jumelage entre villes normandes qui ne se connaissent finalement peu ou pas !

Pour le coup, ce serait là, l'acte de naissance d'un fédéralisme territorial normand


 

http://www.normandie-actu.fr/coutances-avranches-vire%E2%80%A6-le-pole-metropolitain-de-caen-a-la-conquete-de-l%E2%80%99ouest_147824/

Coutances, Avranches, Vire… Le Pôle métropolitain de Caen à la conquête de l’ouest

Le Pôle métropolitain "Caen Normandie Métropole" est parti à la conquête de l’ouest et s’étoffe avec de nouvelles intercommunalités. Explications.

Mise à jour : 10/07/2015 à 18:10 par La Rédaction

Le « socle » du Pôle métropolitain

Le « socle » du Pôle métropolitain "Caen Normandie Métropole" avait été posé en avril 2015.

Les élus de 13 intercommunalités du Calvados (Communauté d’Agglomération de Caen-la-Mer et Communautés de communes Campagne et Baie de l’Orne, Cœur de Nacre, Cingal, Suisse-Normande, Pays de Condé et de la Druance, Pays de Falaise, Entre bois et marais, Entre Thue et Mue, Evrecy Orne-Odon, Plaine Sud de Caen, Val es Dunes et Vallée de l’Orne) s’étaient rassemblés, en avril 2015, dans l’amphithéâtre de l’Agglomération Caen-la-Mer pour installer le « socle » du Pôle métropolitain Caen Normandie Métropole, présidé par Sonia de la Provôté. Depuis, il s’est « étoffé ».
Le comité syndical de ce nouveau Pôle s’est réuni, vendredi 10 juillet 2015, afin de formaliser l’entrée de cinq nouveaux membres. Après la Communauté de communes de Tinchebray (Orne) et la Communauté d’Agglomération de Saint-Lô (Manche), qui s’étaient prononcées dès le printemps, les intercommunalités de Coutances (Manche), Vire (Calvados) et Avranches (Manche) ont délibéré en faveur de leur adhésion au cours du mois de juin.

Réunir les villes moyennes de l’Ouest de la Normandie

« L’arrivée de ces cinq EPCI (Établissement public de coopération intercommunale) marque la première étape de l’extension du projet de Pôle métropolitain vers sa seconde dimension – le “pôle réseau” – qui a vocation à réunir autour de Caen, les villes moyennes de l’Ouest de la Normandie et leurs groupements ainsi que les Départements et la Région s’ils en expriment le souhait. Cette première phase d’élargissement en appelle une seconde qui se conclura par un nouveau comité fin octobre, après que toutes les collectivités qui ont manifesté le souhait d’adhérer aient pu le faire à l’occasion de leur conseil de rentrée », annonce le Pôle métropolitain Caen Normandie Métropole.
L’objectif d’un Pôle métropolitain ? Cet outil a pour ambition de permettre à des intercommunalités de l’ouest de la Normandie de coopérer selon des modalités souples pour répondre aux besoins des habitants et des acteurs du territoire qui dépassent parfois les frontières administratives. Et de peser, face à la Métropole de Rouen (Seine-Maritime). 
Avec comme « moteur » la ville du Havre (Seine-Maritime), le Pôle métropolitain de l’estuaire de la Seine s’étoffe lui aussi après avoir intégré, notamment, l’intercommunalité de Pont-L’Évêque, dans le Calvados.


 

Commentaire de Florestan:

Mieux vaut cela que rien du tout !

On continuera néanmoins de déplorer qu'au niveau de la tête cela ne puisse pas plus coopérer qu'au niveau des pieds qui ont l'habitude, et par principe, des actions qui avancent sur le plancher des vaches ! Il est vrai que pour l'instant, entre Caen Normandie Métropole et Rouen Métropole Normandie c'est la confusion la plus totale, ne serait-ce qu'au niveau des appelations. A croire que le mot "métropole" est devenu un... hochet pour élus locaux infantiles !

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