Tout comme elle a cruellement besoin de formation et de qualification pour sa jeunesse. Pendant trop longtemps et à cause du déclin régional renforcé par une division administrative néfaste, les décideurs politiques et administratifs normands tout comme les décideurs économiques ont négligé la nécessité d'augmenter le niveau de la formation et de la qualification initiale de la jeunesse normande sous prétexte que dans une région agro--industrielle longtemps florissante en terme d'offres d'emploi, cet effort qui a été fait ailleurs depuis plus de trente ans, n'était pas la priorité.

Malheureusement depuis plus de 20 ans, la Normandie enchaîne les crises de restructuration industrielle: des pans entiers de l'industrie régionale ont disparu (on pensera à la filière textile qui a totalement disparue en moins de 15 ans à partir des années 1980). Quant aux autres filières industrielles subsistantes (l'automobile, l'énergie) elles sont fragiles et vieillissantes...

En revanche, l'apprentissage en Normandie fonctionnait plutôt bien et c'était une force de notre région. Mais il faut, là aussi, parler au passé car les politiques nationales de traitement social du chômage des jeunes sont passées par là: disons-le clairement, la politique gouvernementale des emploi d'avenir pour réduire le chômage du présent est une idée du passé! Qui a eu des conséquences concrètes négatives, notamment sur la voie de l'apprentissage.

Au plus haut sommet de l'Etat, on se souvient soudain que la jeunesse est une priorité du président de la République: résultat! Un nouveau tête à queue dans cette instable gestion politicienne de la question de la jeunesse que l'on ose encore qualifier de politique publique!

Une fois encore, ce sera aux régions de réparer sur le terrain les dégâts pensés dans les ministères parisiens!

apprentissage

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  • Voir ci-après, les mesures annoncées pour stopper la crise de l'apprentissage en Normandie (source: Normandie XXL):

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1257

Grenelle de l’apprentissage : pistes pour sortir d’une situation calamiteuse

 David Margueritte qui sera la cheville ouvrière de l’apprentissage avec Marc Millet, ici à côté de Hubert Dejean de la Bâtie

Collectivités. Si l’éditorial « une ébullition plus qu’une concertation » donne la tonalité de la rencontre du 14 janvier au CFAI du Havre ici nous entrons dans le détail de l’action. Ce ne sont pas moins de 11 lignes d’actions qui ont été listées par Hervé Morin qui n’a d’ailleurs n’a pas hésité à en ajouter une 12ème à la demande d’un participant et une fois de plus le timing est serré.

Pour agenda il annonce 3 mois de débat approfondi avec tous les publics concernés, y compris les apprentis qui aboutiront à un premier état des lieux.

Au conseil régional, lors de l’assemblée plénière de juin, premier débat où l’opposition pourra formuler ses propositions.

En juillet, université populaire de l’apprentissage pendant un week-end complet.

A ce moment, il considère que les principales pistes seront établies afin qu’en septembre 2016 ait lieu le débat de fond à la session du conseil régional.

Edouard Philippe maire du Havre a reconnu un peu confus qu'il venait pour la 1ere fois au CFA

Les chantiers prioritaires

- Connaissance des métiers : la faciliter en apportant une meilleure information pour les lycéens et leurs familles concernant les métiers, leurs débouchés et les perspectives d’avenir.

- Adaptation de la carte des Formations pour répondre aux besoins de l’économie normande.

- Orientation : Préciser les textes relatifs à l’orientation et intégrer la démarche du Grenelle dans les compétences de la Région, notamment à travers le Service Public Régional d’Orientation, structure dans laquelle la Région coordonne depuis début 2015 tous les services d’orientation pour les demandeurs d’emploi, les actifs et les décrocheurs.

- Relation avec les entreprises : en apportant une aide financière de 5 000 euros aux employeurs d’apprentis (cette aide s’adressera tout particulièrement aux apprentis en bac professionnel et particulièrement aux plus de 18 ans qui pour l’instant se trouvent plus ou moins exclus du système) et en développant la formation des maîtres d’apprentissage.

- Soutien aux apprentis : en veillant à l’amélioration de la vie des apprentis au quotidien (accès aux internats, aides au logement et à la restauration).

- Changer l’image de l’apprentissage : une meilleure communication pour changer la représentation sociale des familles et des jeunes vis-à-vis de l’apprentissage.

-Décrocheurs : une attention particulière en lien permanent avec l’Etat envers les publics décrocheurs et les jeunes éloignés de l’emploi.

Hugues Malecki du SGAR et Jean-Luc Van Ryssel président de l’UIMM

126 millions pour l’apprentissage mais des CFA parfois à moitié vides

Il y a en Normandie 71 CFA et 3 sections d’apprentissage où se trouvent 22.325 apprentis qui travaillent chez 16.000 employeurs (sur 220.000 entreprises que compte la région).

La capacité d’accueil de l’ensemble des CFA est de 32.218 jeunes mais ils ne sont que 22.325 à bénéficier de la formation, soit un taux d’occupation de 69,3%, pour les CFA de l’Education Nationale ce taux tombe à 57,5%. « Une situation calamiteuse » n’hésitera pas à dire Hugues Malecki, Secrétaire général pour les affaires régionales (SGAR) de la région Normandie qui s’est jeté sur ses papiers pour prendre des notes, il arrive de la Nouvelle Calédonie et notre région ne lui pas encore très familière.

La fonction publique joue un rôle modeste : on ne trouve que 14 apprentis dans la fonction hospitalière et 223 dans les collectivités territoriales.

L’apprentissage est en baisse de - 9,5 % sur 4 ans, à cause de l’effet conjugué de la crise économique, de la baisse démographique et de la réforme de la voie professionnelle de 2009.

La Région consacre 126 millions d’euros à l’apprentissage dont 73,5 millions pour le fonctionnement, 17,2 d’investissements, 9,7 pour l’accompagnement des apprentis et 26 millions pour les entreprises.

Un apprenant met son équipement de travail pour le cours de soudure

Coup de projecteur sur le CFAI

Ce centre comprend trois sites, deux au Havre et un à Notre-Dame-de-Gravenchon, il est le seul centre piloté par les industriels et 450 entreprises lui font confiance. Ses équipes comprennent 62 collaborateurs et 30 intervenants qui forment annuellement 270 apprentis, 860 salariés en entreprises et 130 demandeurs d’emplois.

Les formations comprennent : CAP, Bac Pro, BTS et licence Pro ainsi que le CQPM : certificat de qualification de la métallurgie.

Le centre annonce 90% de réussite aux examens et à l’insertion professionnelle.


 

Commentaire de Florestan:

Le Gouvernement national a comme objectif principal de faire baisser les chiffres du chômage. Le Gouvernement régional a surtout comme urgence de faire en sorte que chaque jeune Normand trouve un vrai travail. On appréciera la nuance...