Dans la perspective de la prochaine assemblée plénière du conseil régional de Normandie qui aura lieu les 25 et 26 mai 2016 dans l'amphithéâtre de la caserne Jeanne d'arc de Rouen et qui aura à décider du siège définitif du conseil régional, nous avons vécu quelques journées agitées et quelques combats crépusculaires d'arrière garde qui démontrent qu'il se passe bien quelque chose en Normandie depuis le 1er janvier dernier: les chiens aboient, la caravane passe...

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Nous avons reçu l'analyse suivante proposée par Ginette Bléry de Normandie XXL et que nous partageons totalement:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1474

La grosse Bertha de l’inertie donne de la voix

La Normandie réunifiée traverse une phase enthousiasmante avec une conjugaison de décisions porteuses d’activités, tantôt fruit d’un heureux hasard, tantôt résultat du travail de l’équipe de la  Région

- les 720 millions de Manuel Valls pour les trains régionaux, gagnés de haute lutte par le Président Morin, s’ils ne résolvent pas tous les problèmes du trafic ferroviaire liés, entre autres à la surcharge des lignes entre Paris et Mantes, apporteront du confort aux utilisateurs et plus de régularité grâce à la prise en main de la gouvernance par la Région. Ce projet ne se substitue en aucune manière à la LNPN, nous y revenons plus loin.

- Le contrat du siècle de 34 milliards d’euros pour la commande à DCNS de 12 sous-marins conventionnels par l’Australie met Cherbourg en première ligne (le site a construit 107 sous-marins en 100 ans) et si l’ensemble de la construction ne se fera pas en France, on estime que la part de la DCNS s’élèvera à 8 milliards d’euros. L’ensemble des sites nationaux en bénéficiera mais aussi ses 200 sous-traitants dont nombre d’entre eux se trouvent en Normandie.

- Comme l’évoquait un récent article, les Constructions Mécaniques de Normandie investissent 70 millions d’euros dans un nouvel établissement sur le port de Cherbourg et PNA a préparé les infrastructures pour les Energies Marines Renouvelables.

- A côté de ces investissements tout un écosystème financier s’élabore à côté de l’Agence de Développement de la Normandie, pour favoriser le développement de la Région, ce sont la CEN qui crée Caisse d’Epargne Normandie Capital” pour intervenir auprès des entreprises normandes réalisant un chiffre d’affaires compris entre 5 et 100 millions d’euros en vue d’accompagner leurs phases de développement ou de transmission c'est-à-dire une renforcement de l’action de cet organisme auprès des entreprises ; BPI n’est pas en reste qui, en Normandie, a lancé de nouveaux produits pour aider les entreprises dans leur développement à l’exportation et travaille aussi avec la Région pour renforcer le Plan Régional d’Internationalisation des Entreprises (PRIE).

- Dans sa note de conjoncture de mars, la Banque de France signale une reprise de l’activité dans les travaux publics tant en Basse qu’en Haute Normandie, avec des prévisions de chefs d’entreprise orientées à la hausse pour la première fois depuis de nombreux trimestres.

- Cerise sur le gâteau, le recul du chômage est nettement plus marqué en Normandie que dans le reste de la France avec -1,7% pour la France et -3% pour notre région, presque deux fois mieux… ce qui ne préjuge en rien de l’avenir mais ajoute encore une touche lumineuse au portrait impressionniste de ce frémissement économique.

Face à cela, les forces sombres se déchaînent, ce sont Yvon Robert, Maire de Rouen et Frédéric Sanchez, Président de la Métropole qui se trouvent mal aimés, ce sont les syndicats du personnel de la Région qui ne se sentent pas écoutés, quant à Nicolas Mayer Rossignol, Président du groupe socialistes, radicaux et citoyens du Conseil Régional il craint l’abandon de la LNPN. Une sorte d’attaque en règle qui s’est étalée sur trois jours dont la concertation est évidente.

Pour les responsables de la Métropole : « le rôle et la place de la Métropole de Rouen sont niés ». Et de rappeler le poids démographique (500.000 habitants) et social (290.000 emplois) de cet ensemble auquel l’organigramme de la Région (encore en cours d’élaboration à notre connaissance) ne rendrait pas justice. Voilà que c’est le plus puissant qui craint.

Le 2 mai, lettre ouverte au Président de la Région Normandie des syndicats UNSA, CFDT, CGT, Snuter-FSU, FO. On admirera en l’occurrence la rare union de syndicats qui défendent habituellement des intérêts très divergents, sans doute il y a-t-il eu un bon catalyseur pour concentrer les mécontentements. Il est reproché au Président de la Région de n’avoir pas présenté à temps les documents nécessaires au Comité Technique du 2 mai qui a notre connaissance n’a pas eu lieu et là encore contestations quant à l’organigramme de la Région auquel il est reproché « le flou des positionnements de certaines missions » « un manque d’indication des effectifs » et de n’avoir pas été construit de « manière participative ». En conclusion, les syndicats appelaient à la grève pour le 9 mai.

Entre temps Hervé Morin a rencontré les syndicats, a répondu à leurs questions et à leurs inquiétudes et nous apprenons que le préavis a été levé et que la grève n’aura pas lieu.

Il est bien évident que cette réunification des deux régions crée un chambardement dont nombre de Normands n’ont certainement pas mesuré l’ampleur et l’être humain a horreur du changement, il suscite la peur et l’angoisse il n’est que de regarder le spectacle de la politique nationale pour en voir une belle illustration. A une France irréformable ne serait-il pas heureux d’opposer une Normandie qui transcende les clans pour aller vers un futur meilleur ?

Reste le message de Nicolas Mayer Rossignol qui dans un courrier du 2 mai au Président de la Région considère que l'annonce de la régionalisation des lignes Intercités porte un coup très dur à la LNPN. Comme si la volonté d’améliorer le présent entravait le futur dont on sait qu’il est particulièrement lointain et très mal financé comme l’a souvent expliqué notre correspondant Yves Loir dans ses tribunes. Hervé Morin a répondu en détail aux accusations de Nicolas Mayer Rossignol dans une lette ouverte qu’on trouve par ailleurs sur le site (rubrique Collectivités). L’ancien Président de la Région Haute Normandie a pourtant l’opportunité d’inventer un rôle nouveau, celui d’une opposition constructive, alors nous rappelons à ce bouillonnant Bélier les sages paroles de Maître Yoda, dans l’Empire contre attaque « Personne par la guerre, ne devient grand ».

Ginette Bléry