S'agit-il d'une profanation? D'un blasphème? Ou, au contraire, d'une... reconsécration laïque d'un lieu autrefois considéré comme sacré dans une époque pas si lointaine où l'on faisait encore des hiérarchies et des distinctions entre ce qui valait quelque chose et ce qui ne valait rien. Aujourd'hui, c'est le règne du vide et du rien où flottent toutes les fausses monnaies. Et quand on ne croit plus rien, rien de mieux que d'occuper une ancienne église désaffectée...

Quoiqu'on puisse penser du mouvement Nuit Debout, de ses excès, de ses limites, il a le mérite d'exister!


 

http://www.normandie-actu.fr/des-militants-de-nuit-debout-a-rouen-squattent-illegalement-une-eglise_201824/comment-page-1/#comment-216625

Rouen Des militants de Nuit Debout squattent une église, à Rouen

Depuis jeudi 5 mai 2016, des militants de Nuit Debout occupent le presbytère de l'église Saint-Nicaise de Rouen. Une occupation illégale d'un site fermé au public depuis 1992.

nuit debout

Nuit Debout Rouen a mis en ligne des photos prises dans l'église Saint-Nicaire (©Nuit Debout)

Depuis jeudi 5 mai 2016, une cinquantaine de personnes du mouvement Nuit Debout revendiquent l’occupation de l’église Saint-Nicaise, située rue des Requis à Rouen (Seine-Maritime). Désaffectée depuis le 30 novembre 2012, l’accès à l’église est interdit au public depuis 1992, à cause de la dangerosité des lieux. L’occupation s’est donc faite dans l’illégalité.

> Lire aussi : Le conseil municipal de Rouen avait voté la désaffectation des églises Saint-Paul et Saint-Nicaise, ouvrant la voie à la mise en vente à des promoteurs privés. Explications.

« Non, nous n’avons pas d’autorisation. Le mouvement Nuit Debout se réapproprie le lieu, qui est un espace de partage et de vie ». Parlant au nom de son groupe, « Monsieur Debout », 26 ans, un des représentants du mouvement, est ferme sur la légitimité de leur action.

Le maire attend qu’elle s’écroule. Ils ne peuvent pas la détruire car elle est classée et cela revient trop cher de la réparer. L’idée est donc de la réparer. Le site possède quand même l’une des plus belles orgues de Rouen», explique « Monsieur Debout » à Normandie-actu.

Les occupants sont installés dans les jardins et le presbytère depuis le jeudi 5 mai 2016, date à laquelle ils ont organisé une grande fête. « Ce n’est pas un squat, même si au niveau de la loi c’est considéré comme un squat. Les gens vivent dans le presbytère, c’est un lieu social, de jeunes, d’étudiants ». Ils ambitionnent de redistribuer la soupe populaire et d’accueillir les sans-domiciles. La cave et les étages du presbytère étant jugés «inaccessibles», ils occupent uniquement le rez-de-chaussée.

En recherche de maçons pour restaurer l’église

Concernant les dégradations éventuelles des lieux, ils affirment avoir pris les devants.

Le lieu était complètement ouvert avec des vitraux déjà brisés. On a pris des photos comme preuves.

« Monsieur Debout », présent dans le mouvement de Rouen depuis le 31 mars 2016, souhaite organiser une collecte de fonds. Le mouvement affirme être en recherche de maçons pour effectuer des travaux sur le site. Il explique ne pas avoir peur de l’expulsion et affirme bénéficier du soutien des riverains.

On nettoie, on répare. Et on attend la visite de l’huissier ou l’avis d’expulsion. On a effectué toutes les démarches, comme le raccordement à l’eau et l’électricité.

Le risque « fondé, mais pas crédible »

Fondée en 640, l’église Saint-Nicaise est inscrite comme monument historique depuis le 23 décembre 1981. Un incendie a en partie détruit les lieux en 1934. Des travaux en béton seront effectués les années suivantes, mais leur état de dégradation a poussé les autorités à fermer le site. Depuis 1992, la mairie a estimé que l’église Saint-Nicaise était dangereuse pour le public et en a interdit l’accès. Le 30 novembre 2012, elle a été officiellement désaffectéeet la Ville de Rouen l’a récupérée dans son patrimoine. Depuis, elle est à l’abandon.

Vis à vis de la dangerosité, c’est fondé, mais pas crédible », estime « Monsieur Debout »

Les militants ont pris la responsabilité d’ouvrir le site, principalement les jardins et le presbytère, de 10h à 22h tous les jours. Ils auraient protégé les statues « en les mettant de coté, derrière une barricade ». Ils précisent aussi laisser des personnes sur le site lors de leur assemblée générale à l’Hôtel de ville pour prévenir d’éventuels dommages. La Ville de Rouen affirme avoir été informée du squat grâce aux réseaux sociaux, sans préciser ses actions futures sur cette affaire.


 

Commentaire de Florestan:

Quoique traité de facho pro-normand par l'un d'entre eux, sur ce coup-là je les approuve de construire dans l'urgence et l'audace une 3ème voie conforme à l'esprit des Lieux, à savoir celui des Evangiles d'un anarcho-libertaire spirituel juif du 1er siècle nommé Jésus de Nazareth: cela nous permettra, provisoirement, de retrouver un peu de respect pour nos anciennes valeurs humanistes laïques autrefois judéo-chrétiennes (quand l'argent n'était pas le roi) et d'éviter les deux autres solutions pour cette ancienne église qui nous conduiraient en enfer:

La réduction à l'état de simple bâtiment par une promotion immobilière sans grâce, sans coeur, âpre au gain qui agit sous les yeux aveugles d'une autorité publique cynique ou nihiliste...

ou

La transformation des lieux en ... mosquée salafiste!

Valérie Fourneyron, députée fabiusienne et ancien maire de Rouen est surtout, encore, une vraie catholique pratiquante: qu'a-t-elle l'intention de faire?