Alors que nous célébrons cette année, le 950ème anniversaire de notre grande aventure anglo-normande scellée sur le sanglant champ de bataille d'Hastings le 14 octobre 1066...

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Alors que l'Angleterre est une Normandie en plus grande, que leur Reine est encore notre "duc" pour les îles, que près de 30% du lexique de l'anglais moderne vient du français de Normandie, qu'une grande communauté de résidents britanniques apprécient la Normandie, une Angleterre en plus petit, que le droit normand est à la racine de la grande tradition du libéralisme politique anglais, que le flegme et le pragmatisme des Normands valent bien ceux de nos cousins d'en face sous ce même ciel changeant, alors, oui, évidemment, le vote historique des Britanniques qui nous démontrent qu'il est encore possible d'être une nation souveraine (pour le meilleur et le pire) ne peut qu'intéresser les Normands habitant la région de France la plus proche de l'Angleterre...

  • Lire, ci-après, cet excellent article de Paris Normandie:

http://www.paris-normandie.fr/region/le-brexit-une-affaire-normande-IG6091930?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=7b6addbeda-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-7b6addbeda-137315997


 

Le Brexit, une affaire normande

Publié 18/06/2016 á 19H45
Barry Maguire, importateur de meubles anglais vintage au Havre, s’inquiète d’un Brexit qui mettrait son activité en difficulté.
Barry Maguire, importateur de meubles anglais vintage au Havre, s’inquiète d’un Brexit qui mettrait son activité en difficulté.
Politique. La Normandie a bien du mal elle aussi à se passionner pour le référendum britannique sur la sortie ou le maintien du royaume dans l’Union européenne. Pourtant, le pays le plus proche de notre région y joue un rôle non négligeable. Et si le Brexit avait des conséquences en Normandie ?

Mercredi en fin d’après-midi, dans la salle d’attente de la gare des ferries du Havre, plusieurs voyageurs attendent d’embarquer pour Portsmouth. Qu’ils soient Français ou Anglais, tous se posent la question du Brexit ou du Remain, c’est-à-dire le référendum du 23 juin sur la sortie ou le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne. Margaret, une Londonienne lève les yeux au ciel, car elle admet ne pas savoir encore ce qu’elle votera... «En vivant une partie de mon temps en Normandie, je suis un peu agacée par les jugements que j’entends ici. Pour vous, les Anglais restent ceux qui ont tué Jeanne d’Arc, ceux qui se croient si singuliers qu’ils peuvent se passer de l’Europe. Mais si vous aviez le même référendum en France, vous voteriez en majorité pour la sortie...»

Bernard Deladerrière, président du Mouvement européen en Seine-Maritime, est pourtant intarissable sur cette spécificité britannique. «J’ai monté un jumelage entre Canteleu et New Milton (Hampshire). J’ai toujours senti une forme de suspicion de mes interlocuteurs envers nos intentions. L’Europe est un concept étrange pour un peuple qui a le goût du large. Du coup, sur ce référendum, je crains que les Anglais se trompent sur leur avenir.» Edouard Philippe, député-maire du Havre, admet que le jumelage de sa ville avec Southampton est au point mort, alors que d’autres en Chine ou en Allemagne sont fructueux. «Nous avons proposé plusieurs projets, mais qui sont resté sans suite de leur part. Beaucoup de maires en France connaissent ça» précise-t-il. Mais si le Brexit passionne en salle d’attente du ferry, c’est beaucoup moins évident dans les cercles des dirigeants. À nos demandes, plus d’un service de presse a levé les yeux au ciel en s’exclamant : «Qu’est-ce que vous voulez qu’on vous raconte là-dessus!» Jean-Louis Laville, président du Comité régional du Tourisme de Normandie résume assez bien le dilemme. «À ce jour, c’est un problème politique dont l’issue reste incertaine. Et dans le cas d’un Brexit, les conséquences ne seront visibles et tangibles qu’à moyen terme.» Jean-Louis Laville n’étant pas oracle, il se contentera de nous rappeler que la clientèle britannique compte pour 10 % de la fréquentation touristique en Normandie, soit la première clientèle internationale... «Vous imaginez donc bien que nous regardons la situation de nos voisins d’outre-Manche avec intérêt», glisse-t-il.

Car même s’il ne le dit pas, le taux de change qui pourrait évoluer entre l’euro et la livre sterling jouera sur le pouvoir d’achat des Anglais et donc sur leurs dépenses touristiques. C’est d’ailleurs l’un des points essentiels qui interrogent les Normands. Éric Rungeard, du conseil régional des notaires, qui voit les Anglais comme une clientèle de niche pour l’immobilier normand, craint que le Brexit joue sur le marché, mais à l’échelle nationale, voire européenne. «Une crise financière est toujours à craindre dans ce cadre, mais elle n’aura rien à voir avec une clientèle anglaise cherchant une résidence secondaire sur la côte normande. C’est une crise de l’Union européenne qu’il faut craindre...»

Néanmoins, à l’échelle normande, certains craignent pour leur activité. C’est le cas de Barry Maguire, importateur au Havre de meubles anglais vintage (www.themodernplan.blogspot.com). «Un Brexit me fait craindre des procédures d’importations plus complexes, des hausses des taxes douanières qui mettraient en péril mon activité», se plaint-il. Lui-même citoyen britannique, il votera au Havre pour le Remain par internet. «L’Angleterre a tout à perdre en quittant l’Europe. Rien qu’en termes d’image, ce sera désastreux.» Alice Mallet, créatrice du festival d’art contemporain Diep-Haven qui se déroule à la fois à Dieppe et dans le Sussex, s’avoue également inquiète. «À ce jour, le financement public, côté anglais, n’est pas encore finalisé. Que se passera-t-il en cas de Brexit? Il y a pourtant tant de dynamisme à exploiter entre les deux rives.» Franck Sottou, vice-président de l’agglomération de Dieppe en charge notamment de la promotion du territoire, est en contact permanent avec les élus du Sussex. «Il y a deux camps à 50-50 là-bas. Mais chez nous à Dieppe, on souhaite en majorité que l’Angleterre reste dans l’union. Entre le tourisme, le fret via le transmanche et les échanges commerciaux, la Grande-Bretagne compte pour 1500 emplois sur l’agglomération.» À l’heure où Franck Sattou comptait sur une augmentation du trafic transmanche avec des procédures simplifiées, le Brexit pourrait-il stopper net ses ambitions ? Pascal Martin, président du Département de Seine--Maritime, gestionnaire de la ligne et propriétaire du port de Newhaven, n’y croit pas. «Dieppe et Newhaven ont un intérêt majeur réciproque: elles sont des débouchés économiques l’une pour l’autre. La ligne transmanche perdurera même dans le cas d’un Brexit.» Édouard Philippe, membre du groupe d’amitiés franco-britanniques à l’Assemblée Nationale, se veut pragmatique. «Le lendemain du vote, si c’est le Brexit qui l’emporte, rien ne changera. Il faudra revoir, au cours de longues négociations, les normes, les procédures douanières, les conditions de circulation... Et là, je pense que LeHavre, la Normandie auront moins à perdre que l’Angleterre elle-même...»

Philippe LENOIR

Le contexte

Tourisme: Les Britanniques sont la première clientèle internationale en Normandie. On comptait 944 208 nuitées sur l’année 2015. Ils privilégient la Vallée de Seine (22 %), Caen-Côte de Nacre (18 %) et la Côte Fleurie (13 %).
Transmanche: En 2015, plus de deux millions de passagers ont pris le transmanche dans les ports normands. Le port de Dieppe bénéficie de la plus belle progression avec 45 % de passagers en plus.
Commerce: Les exportations normandes en Grande-Bretagne comptent pour deux milliards d’euros en 2014, composés majoritairement de produits chimiques (15 %), de produits pétroliers raffinés (13 %) et de produits pharmaceutiques (11,2 %).
Pour mémoire, le potentiel du jumelage anglo-normand est aussi immense qu'ancien... Il serait vraiment temps d'en faire quelque chose d'important!
En témoigne ce prospectus datant du début des années 1980:

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