C'est à croire que c'est une spécialité française! Quand un défi se lève, quand un problème se pose, quand une bonne idée se présente comme LA solution, les décideurs français au lieu d'agir et de décider font des rapports. Mieux! Ils font des colloques...

On connaît bien en Normandie la différence entre les "diseux et les faiseux" et sur la porte d'entrée d'un vieux manoir normand du Pays d'Auge j'ai vu, cet été, cette devise inscrite:

"Faire et se taire". On a donc visiblement décidé de parler et de ne rien faire de véritablement concret. Une fois de plus!

Alors que les projets de l'éolien marin normand à Cherbourg et au Havre deviennent de plus en plus incertains en raison de la ruine financière d'AREVA au point qu'Hervé Morin craint que "la Normandie ne devienne un nouveau Belfort du gouvernement" tandis qu'un ancien président du conseil départemental de la Manche, perd, quant à lui, son sang froid normand en nous ressortant de la poubelle de l'Histoire la lutte faisandée entre une Haute Normandie hégémonique et une Basse Normandie dominée (à cause de l'ouverture prochaine de la chasse?), on apprend que les chantiers de "tête de série" de l'EPR de Flamanville mais aussi celui de Finlande virent à la catastrophe: plus de 11 milliards d'euros dépensés (soit plus qu'il n'en faudrait pour faire la LNPN) une cuve de réacteur présentant un défaut de fabrication majeur. Et, last but not least, l'annonce d'une fuite en avant financière autant que technologique dans le projet d'EPR anglais à Hinkley Point.

Bref! entre un éolien terrestre et marin sujet à caution tant au niveau technique qu'au niveau financier et environnemental (ne parlons même pas de la question paysagère et patrimoniale pourtant essentielle pour la Normandie: un parc éolien "off shore" sera-t-il compatible avec l'inscription des plages du Débarquement sur la liste de l'UNESCO?) et une filière nucléaire qui risque l'implosion financière, c'est tout le modèle énergétique français, ce colbertisme d'Etat voulu autrefois par le Général de Gaulle et planifié à plus de trente ans, qui est destabilisé.

Alors qu'il faudrait entretenir la base nucléaire pour permettre une transition énergétique en douceur car le nucléaire n'émet pas de gaz à effet de serre (mais génère hélas des déchets radioactifs pour des millénaires: il n'y a pas de solutions idéales), les écologistes voudraient une mutation radicale vers les énergies renouvelables (en rallumant les centrales au gaz et au charbon comme en Allemagne?) notamment vers un éolien non rentable largement subventionné par les contribuables et qui génère une bulle immobilière spéculative dans nos campagnes normandes qui doivent subir, à la fois, des lignes électriques THT pour servir un EPR qui ne marche toujours pas et les pales d'éoliennes géantes et bruyantes (et clignotantes la nuit comme des sapins de Noël) qui ne marchent pas toujours!

La Normandie est souvent présentée comme la 3ème région productrice d'énergie en France et c'est très bien... Mais, dans la réalité, on cumule ici plus les inconvénients que les avantages du nucléaire d'un côté et de l'éolien de l'autre...

Sachant que toutes les solutions de notre avenir énergétique n'ont pas encore été explorées...

Retour donc à la mer!

A Cherbourg avec un colloque ce 22 septembre 2016 organisé à la Cité de la Mer:

Lire ci-après le dossier de presse proposé dans le magazine "Marianne" (n°1015):

22-09-2016 17;57;06

22-09-2016 17;58;46

22-09-2016 20;22;30

22-09-2016 20;24;06

22-09-2016 20;31;39

22-09-2016 20;34;32


 

Commentaire de Florestan:

Bravo la Normandie! Bravo Cherbourg! qui sera en 2018 la capitale mondiale des énergies marines renouvelables. Quant à l'idée de créer, enfin, un pôle normand spécifique sur la mer nous sommes heureux de la voir évoquée. On commence donc à faire le bilan de la participation de l'ex Basse Normandie au pôle "Mer Bretagne": il est catastrophique!