"La presse n'est pas un pouvoir, elle est une puissance"

                                                                       Armand Carrel

Alors qu'un milliardaire breton et surtout malotru menace gravement la liberté de la presse (plus de onze jours de grève à la rédaction d'I Télé) et qu'une partie d'un reportage d'Envoyé Spécial l'émission de reportages de France TV dirigée par la normande Elise Lucet a été censurée à la demande d'une grande multinationale laitière bien connue, il nous est apparu pertinent, sinon urgent, de nous souvenir de la mémoire d'un grand Normand injustement oublié qui fut l'un des plus valeureux combattants pour les libertés constitutionnelles fondamentales à commencer par celle de la liberté de la presse.

http://www.lexpress.fr/actualite/medias/12e-jour-de-greve-chez-itele-meme-si-je-dois-manger-des-pates-je-continuerai_1845480.html

http://television.telerama.fr/television/lactalis-veut-le-beurre-et-l-argent-du-beurre-mais-pas-les-critiques-d-envoye-special,149361.php

Armand Carrel, né le 8 mai 1800 à Rouen et mort en duel le 24 juillet 1836 à Saint-Mandé est un journaliste, historien et essayiste français. Mais c'est surtout un grand héros politique et romantique qui a porté le coeur de nos valeurs normandes à l'incandescence: le combat pour les libertés politiques c'est d'abord celui de l'établissement d'un véritable état de droit et de sa défense farouche contre tout arbitraire!

Voici donc l'histoire édifiante et glorieuse d'un Normand, "un aristocrate qui s'est fait lui-même, héros des mots plus encore que des idées" (Thierry Tuot)

Description de cette image, également commentée ci-après

portrait d’Armand Carrel, huile sur toile d’Ary Scheffer, musée de la vie romantique à Paris.

Une jeunesse idéaliste et chevaleresque

Second fils parmi les sept d’un marchand aisé d'origine cauchoise, Armand Carrel fait ses études au collège de Rouen mais ne parvient pas à passer la seconde partie de son baccalauréat qui lui aurait permis d'embrasser une carrière d'avocat. Par idéalisme, admirateur de Xénophon et de César, il choisit la carrière militaire et intègre l'école de Saint Cyr mais il n'en sort qu'avec le grade de sous-lieutenant car il fut révolté par l'arbitraire et l'injustice pratiqué au sein du prestigieux établissement...

Entré dans l’armée et militant de la cause secrète de la "charbonnerie" (une organisation internationale visant à préserver en Europe l'acquis révolutionnaire français et à propager les idées républicaines), il prend part dans la nuit du 31 décembre 1821 au 1er janvier 1822 à la conspiration de Belfort, un complot militaire visant à renverser le roi Louis XVIII et à proclamer un régime constitutionnel républicain. Devant l'échec lamentable de ce complot, il prend la décision résolue de ne se battre pour la République que par de vraies armes et par des combats qui en valent vraiment la peine, à commencer par le combat des idées et le combat pour un véritable état de droit. Suspecté, il est envoyé à Toulouse dans la perspective de l'intervention de la France dans la guerre civile espagnole opposant partisans réactionnaires de la monarchie absolue et ceux qui veulent une monarchie libérale constitutionnelle.

Lorsqu'en 1823 Louis XVIII décide finalement de soutenir militairement le rétablissement de la monarchie absolue avec le retour de Ferdinand VII sur le trône d'Espagne pour mettre fin à l'expérience d'une Espagne constitutionnelle et libérale, Carrel donne sa démission et s’engage dans un bataillon français de la Légion étrangère espagnole qui combat pour la cause constitutionnelle contre l'armée royale française envoyée par Louis XVIII des "Cent mille fils de Saint Louis" venus défendre la monarchie des Bourbons établie en Espagne depuis Louis XIV: pour l'occasion, ce bataillon où va servir notre Normand, porte des uniformes de la Grande armée tout en prenant le nom de "bataillon de Napoléon II" (le Roi de Rome fils de Napoléon1er) et va arborer le drapeau tricolore.

Fait prisonnier près de Figueres par Damas un général français après la reddition de la Légion, en 1824, il est d’abord condamné à mort par un Conseil de guerre pour haute trahison. Mais assurant lui-même sa défense avec des arguments juridiques précis et logiques en déclarant qu'il n'était pas un traitre (il avait au préalable démissionné de l'armée française) et qu'il n'avait "pris les armes que pour la défense de la constitution espagnole", il échappe finalement à l’exécution avant d'être finalement libéré après avoir été acquitté par un autre tribunal.

De retour à Paris, sans le sou et trainant derrière lui une réputation sulfureuse, il s'essaye sans succès à divers métiers mais il finit par percer dans celui de journaliste avec la réputation  assez terrible d'être capable de défendre ses opinions jusqu'à la pointe d'une épée ou d'une balle de pistolet s'il le fallait. C'est ainsi qu'il se facha avec son ami... Victor Hugo qui défendait la valeur de Chateaubriand alors qu'il s'en tenait au vieux Bossuet en ce qui concerne la morale chrétienne. Heureusement, ce duel n'eut jamais lieu!  Doué d'une bonne plume, notre cauchois chaud-bouillant devient le secrétaire de l’historien Augustin Thierry qui l’initie au style. Il rédige, à cette époque, son Histoire de la contre-révolution en Angleterre. Il rédige également des articles pour divers journaux et revues.

Après l’assassinat en 1825 de Paul- Louis Courier, ancien officier d'artillerie de la Grande armée, distingué helléniste, libertin en religion et surtout pamphlétaire d'esprit républicain redouté par les ultras de la Restauration et dont Carrel était un fervent admirateur, il rédige la première biographie de cet esprit libre et décide de s'engager complètement dans le débat intellectuel pour la défense d'un vrai état de droit en France.

Avec l'arrivée du ministère Polignac au gouvernement, le régime de Charles X prend un tour résolument conservateur et réactionnaire sinon répressif contre tous ceux qui sont suspectés de défendre les idées libérales sorties de la Révolution française. Carrel, en bon normand, va défendre le modèle anglais de la monarchie constitutionnelle comme régime idéal de compromis de l'ancien et du moderne respectant les libertés politiques fondamentales.

Le combat pour l'établissement d'un véritable état de droit en France

Le 3 janvier 1830, il fonde, avec Adolphe Thiers et Mignet, "Le National" (dont il trouve le titre) un quotidien d'informations générales et politiques qui exerce une grande influence sur l’opinion dès son apparition. L'objectif de la publication: défendre la lettre de la Charte de 1814 (on fait avec ce que l'on a) contre la tentation à l'arbitraire et à la réaction de Charles X. Dès le mois de janvier, premiers procès et premier duel contre un éditorialiste royaliste. Lorsque paraissent les ordonnances du ministre Polignac suspendant la liberté de la presse qui existait depuis 1819, rappelons-le, Carrel les publie dans son quotidien accompagnées de commentaires critiques signés de son nom. Il risque l'emprisonnement. Mais cet article a un immense retentissement au point que l'on pourra dire que la Révolution des trois journées glorieuses de  juillet 1830 amenant le prince d'Orléans Louis-Philippe 1er au pouvoir comme "Roi des Français", a commencé dans les colonnes du National.

Saisie des presses du National après la parution de l'éditorial de Carrel dénonçant la fin de la liberté de la presse.

Alors que Paris se barricade et que Charles X s'enfuit en Angleterre en passant par Valognes et Cherbourg, Carrel, au lieu de rester à Paris pour participer au contrôle politique des événements, préfère repartir en Normandie à Rouen sa ville natale pour y conduire la Révolution de 1830 en prenant des risques pour sa vie alors que ses compères Thiers et Mignet préfèrent se cacher le temps que les émotions populaires se calment: cet héroïsme totalement désintéressé de Carrel fera dire à Chateaubriand que "Carrel fut du très petit nombre de ces hommes qui n'ont pas menti aux journées de juillet" en précipitant la fuite de Charles X  tandis que les ambitieux et les intelligents se plaçaient à Paris.

Alors que le nouveau régime de Louis Philippe 1er veut le gratifier d'une préfecture dans le Cantal ou du grade de colonel, il refuse. Il reste alors seul aux commandes du National, ses amis Thiers et Mignet ayant été nommés à des portefeuilles ministériels. Son journal devient le principal organe de presse de la place politique parisienne auquel collabore le critique littéraire Sainte-Beuve. Carrel devient une référence morale forçant le respect par son idéalisme et son courage consistant à tirer toutes les conséquences pratiques de son idéalisme. C'est ainsi qu'il dit à son ami Thiers devenu ministre que Le National ne sera jamais "une feuille gouvernementale".

Bientôt mécontenté par les mesures d'un gouvernement s'éloignant, une fois de plus, des principes constitutionnels qui le fonde et particulièrement par la politique internationale de Casimir Périer qui refuse d'intervenir dans le drame du peuple polonais en révolte contre la Russie, Carrel annonce le 1er janvier 1832 dans son journal qu'il soutiendra désormais un parti républicain qu'il va reconstruire autour de son autorité.

S'en suit pour lui que des ennuis: procès sur procès, des emprisonnements et des... duels. Mais aussi la fidélité à un chemin de crête ardu: faire advenir la République par le combat des idées pour la justice, la liberté et le droit sans faire couler le sang ni recourir à l'assassinat politique. Sans doute entre-t-il dans ce choix radical une certaine aigreur car la situation sociale et intime de Carrel est également ambiguë : il vit avec une femme mariée, Émilie Antoine-Boudhors, sans pouvoir régulariser sa situation puisque la Restauration morale a aboli la loi révolutionnaire sur le divorce en 1816 et que, malgré plusieurs propositions présentées par des députés de gauche, la Monarchie de Juillet ne l’a pas rétabli, à l'instar du drapeau tricolore. Carrel dénonce alors l'hypocrisie de ses anciens amis qui jouissent désormais d'importantes positions.

Le Républicain exemplaire: social et décentralisateur

Le spectacle désolant de l'émeute de juin 1832 (après les funérailles du général républicain Lamarque) et la répression sanglante qui s’ensuit font définitivement basculer Carrel dans le camp républicain. Le National devient le principal organe de l’opposition, dénoncant la trahison de la Constitution de 1830, à savoir le « programme de l’Hôtel de ville », tout en refusant systématiquement de jeter de l'huile sur le feu en évitant l'invective bien loin de l'autre journal républicain, la Tribune des départements qui appelle régulièrement le peuple à l'émeute.

L'idée géniale de Carrel est de proposer un combat républicain exemplaire par les moyens utilisés permettant de justifier la fin: la République ne peut être un arbitraire de plus, à savoir celui du peuple contre l'arbitraire des puissants et les possédants qui en ont l'habitude. Comme le note la duchesse de Maillé dans ses mémoires: « Carrel ennoblit l’opinion républicaine en la dégageant de ses attaques systématiques à la propriété, aux nobles et aux prêtres».

La République doit garantir la liberté et la justice par la loi et le droit. Voilà la position du Normand Carrel. C'est celle d'un républicain raisonnable (C'est aussi une idée qu'on trouvera après chez Tocqueville). Constatant qu'une fois de plus, le souverain abuse de son autorité, il vaut mieux que le peuple choisisse lui-même l'exécutif qui ne devrait être que le pouvoir d'exécuter les lois... Et puis, ayant usé de cinq dynasties en quarante ans, le peuple français s'est pourvu de réelles aptitudes républicaines pour l'alternance politique.  Carrel admire la République des Etats-Unis mais sa lucidité normande lui interdit d'idolâtrer le modèle américain: la question de l'esclavage et la religiosité excessive des Américains l'en empêchent. Sur ce dernier point, Carrel peut être présenté comme un précurseur de la laïcité, à savoir que la liberté de conscience et de culte est garantie par une constitution et qu'en retour, cette dernière doit être respectée par les croyants des divers cultes. 

Carrel est aussi un républicain décentralisateur: il est favorable au communalisme en réclamant en vain que les conseils municipaux soient élus par les citoyens habitants.

Enfin, à l'instar d'un Lacordaire affirmant "qu'entre le riche et le pauvre, le puissant et le faible c'est la liberté qui opprime et la loi qui libère", Carrel sera l'un des tous premiers à comprendre l'importance de la question sociale ouvrière qui monte et qu'elle ne saurait trouver de solution dans la proclamation de principes abstraits aussi généreux soient-ils: 80 ans avant les discours de Jaurès, Carrel entrevoit une République sociale transformant la société par la loi et le droit (par exemple, la réforme constitutionnelle pour autoriser progressivement le suffrage universel). C'est ainsi que Carrel soutient la création le 18 février 1832 de l'Association libre pour l'éducation du peuple fondée par Arago et Cabet pour créer une école gratuite et obligatoire mais il était trop individualiste et dandy pour militer...

De telles opinions lui attirent, néanmoins, de nombreux ennuis, dont six mois d’emprisonnement à Sainte Pélagie, du 5 octobre 1834 au 2 août 1835: Chateaubriand, lui-même, viendra le voir dans sa cellule pour lui dire l'admiration qu'il éprouve pour lui et son sens de l'honneur au point que le grand romantique monarchiste breton déclara au sujet de Carrel le républicain normand qu'il était "l'André Chénier de la politique".

Vaillamment, Carrel enchaîne les procès et deux duels avec des rédacteurs de journaux rivaux. En 1834 il est même contraint de comparaître devant la Chambre des Pairs pour avoir défendu la mémoire du Maréchal Ney, le célèbre héros militaire de la Grande armée de Napoléon 1er qui servit de victime expiatoire au début de la Restauration. Ce procès fit grand bruit car l'avocat Carrel se défendit lui-même et osa reprocher devant les Pairs « l’assassinat » du Maréchal Neyles trahisons de la Monarchie de Juillet vis-à-vis de sa charte fondatrice notamment sur le point essentiel de la liberté de la presse alors que c'était au combat éditorial du National que Louis-Philippe 1er avait pu arrriver au pouvoir...

Le duel de trop

Le pavillon de chasse à Saint-Mandé où Armand Carrel a été transporté après son duel.

La dernière affaire est sa querelle avec le fondateur de La Presse, lancé le 1er janvier 1836 par Emile de Girardin. Ce dernier parvient à multiplier le nombre des abonnés en réduisant le prix de ses abonnements de moitié grâce à l’usage d’encarts publicitaires. Carrel trouve le procédé malhonnête et peu conforme à l'éthique du journalisme et le préjudice causé aux intérêts financiers de ses confrères suscite une polémique entre La Presse et Le National, le second accusant le premier de concurrence déloyale.

Girardin menace alors Carrel de révéler dans son journal l’irrégularité de sa vie privée avec une femme mariée, à la suite de quoi Carrel provoque Girardin en duel. La dispute aurait pu, sans l’obstination de Carrel, s’arranger à l’amiable. Lors du duel qui a lieu le 21 juillet 1836 au bord du lac de Saint Mandé, Girardin est blessé à la cuisse et Carrel à l’aine. Transporté chez Monsieur Peyrat, un ami qu'il avait connu à Saint-Cyr il succombe à sa blessure trois jours plus tard le 24 juillet au matin.

On raconte que sa dernière parole fut: "la France, peut-être, se souviendra de moi".

Ses obsèques donnent lieu à une grande manifestation silencieuse d'union nationale où les monarchistes orléanistes ou légitimistes comme les bonapartistes ou les républicains suivirent son cercueil.

On citera, pour finir, cet extrait d'une lettre d'Edgar Quinet envoyé à sa mère quelques semaines plus tard: "je connaissais Armand Carrel et je l'ai bien regretté, car c'était un caractère, chose rare. Le parti républicain est avec lui dans le cercueil, il ressuscitera, mais il lui faut du temps" (6 août 1836)

Postérité

On peut se demander ce qu'Armand Carrel aurait fait s'il avait plus vécu: aurait-il conduit la Révolution de 1848 en s'en faisant l'inspirateur? Certainement. Se serait-il présenté aux élections présidentielles? Certainement pas. Serait-il devenu député de son département normand: probable. Aurait-il dénoncé le coup d'Etat du 2 décembre 1851 faisant du Prince Louis Napoléon Bonaparte "Napoléon le 3ème le second en pire" (Victor Hugo)? Assurément. Serait-il allé à la rencontre du grand Victor Hugo sur une île anglo-normande: certainement.

On pourra dire qu'un caractère d'une telle trempe nous fait gravement défaut aujourd'hui car rien n'est acquis y compris le marbre qui doit pourtant retenir pour longtemps nos beaux principes et nos valeurs les plus sacrées. Nicolas Sarkozy disait récemment qu'une "constitution n'était qu'une argutie juridique"... Y a-t-il eu un Carrel pour se lever et s'indigner pour provoquer un Nicolas Sarkozy en duel? Autre temps, autres moeurs...

Carrel, un caractère normand?

Thierry Tuot dans une remarquable note biographique proposée à l'occasion d'un colloque de Cerisy sur l'esprit constitutionnel normand (2006) et qui nous a été utile pour vous proposer ce billet sur l'Etoile de Normandie, dit la chose suivante au sujet du caractère d'Armand Carrel:

"Carrel fut l'une des expressions (de la Normanité): avec son art de la propagande, son refus des grands mots, l'acceptation tranquille de la matérialité de la vie et de son commerce, mais aussi le courage personnel, le refus des systèmes abstraits et de la violence collective et surtout sa foi en la promesse, en l'écrit, le droit, la délibération et surtout en l'homme, quelle que soit sa naissance, bref en tout ce qui fait la liberté paisible des jours ordinaires. Toutes ces qualités forment une identité normande, reconnaissable aujourd'hui encore, à laquelle il n'a pu rester étranger durant la moitié d'une existence trop brève, pendant laquelle il y fut chaque jour confronté."

Buste d'Armand Carrel par le sculpteur David d'Angers(1838).

Œuvres

Outre ses articles de journaux, on a de lui :

  • Résumé de l’histoire des Grecs modernes, 1823
  • Histoire de la contre-révolution en Angleterre, 1827
  • Essai sur la vie et les écrits de Paul-Louis Courier (en tête des Œuvres de cet écrivain),1831
  • Essai sur la littérature anglaise, 1836
  • Oeuvres littéraires et économiques précédées d’une notice biographique sur l’auteur par Littré, Éd. Charles Romey, 5 vols. 1857-1859.

Bibliographie:

Thierry TUOT: "Armand Carrel: la liberté par le droit" dans "Normandie constitutionnelle, un berceau des droits civiques? de la charte aux Normands (1315) au traité constitutionnel: du prétoire à l'urne" colloque de Cerisy (2006), éditions Economica. pp.187 -197

Gilles CROCHEMORE: "Armand Carrel, un républicain réaliste", presses universitaires de Rennes (2006)

Voir aussi la page wikipédia:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Armand_Carrel