Un récent rapport de la Fondation de la Mer déplore le manque d'intérêt presque total des candidats à l'élection présidentielle pour les questions maritimes:

On vous signale l'éditorial économique de Christian Menanteau dans la matinale de RTL du 21 février 2017...

http://www.rtl.fr/actu/conso/presidentielle-2017-les-candidats-devraient-s-interesser-a-l-economie-de-la-mer-7787343819

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On a fini, au fil du temps, par oublier notre potentiel économique maritime. On peut se consoler en soulignant que ce secteur représente une contribution de 270 milliards d'euros par an à l'économie nationale, qu'il produit l’équivalant de 14% de la production de richesse du pays, qu'il emploie 820.000 personnes, et que son apport équivaut à trois fois celui de l’automobile et à six fois celui de l’aéronautique.

Sauf que cette puissance se fait par défaut. Sans stratégie nationale, nous sommes très loin d’exploiter nos capacités. Sur ce dossier, le seul véritable succès, depuis Colbert, c’est à Charles Trenet qu’on le doit. Pour le reste, on baigne dans un océan de négligence.

Nous avons un passé maritime prestigieux. Il s’est éteint à la Révolution. Depuis ce qui est l’un de nos plus exceptionnels gisements de richesses et d’emplois est délaissé. Nous possédons pourtant la deuxième plus grande zone maritime du monde (juste après les États-Unis) et le premier écosystème marin d’Europe (10% de la biodiversité de la planète). Nos ports sont de facto les portes d’entrée des routes maritimes d’Asie, d’Afrique et de l’Amérique. 

Or quel est le constat? Alors que 80% du transport total de marchandise passe par la mer :

1/ Notre flotte marchande est au trentième rang mondial. Nos ports stagnent et ne traitent que 5% des conteneurs en Europe ;
2/ Notre flotte de pêche est inexistante. Le dernier pavillon d’envergure appartient à un grand distributeur, et 20% des poissonneries du pays ont disparu ;
3/ Le  budget de recherche dédié aux activités de la mer est inférieur à 600 millions d'euros, contre plus de 2 milliards pour l’espace.

Nos forces dans l’économie bleue sont des trésors dédaignés par le débat présidentiel

Du coup, au lieu d’exceller dans les biotechnologies marines, les molécules médicales des grands fonds, l’aquaculture raisonnée, les énergies renouvelables en mer et toutes les ressources qui tapissent les océans, on flotte entre deux eaux.

Nos forces dans l’économie bleue sont des trésors dédaignés par le débat présidentiel. À une exception : Jean-Luc Mélenchon. Il est le seul des prétendants à l’Élysée à proposer un programme d’une certaine envergure. Et même si son financement pose problème dans la configuration budgétaire élaborée par ce candidat, il lance une salutaire bouteille à la mer. Quel que soit le prochain président, l’économie française gagnerait à ce que ce message soit récupéré.