Le 1er mars 2017, l'hebdomadaire Le Point nous proposait une synthèse vigoureuse sur l'avenir de la gouvernance du Mont Saint Michel: le rapport commandé au directeur de la réunion des musées nationaux est sur le bureau du dernier Premier ministre de François Hollande. Le cherbourgeois Bernard Cazeneuve doit le rendre public et trancher: au sein du futur établissement public du Mont St Michel, émanation directe de l'Etat central qui posséderait "80% des lieux", cinq collectivités territoriales seraient associées:

Les régions de Normandie et de Bretagne

Les départements de la Manche et de l'Ille et Vilaine

La communauté d'agglomération "Pays du Mt St Michel Normandie"

pilotage Mt St Michel

Alors, rappelons une nouvelle fois l'évidence: le Mont Saint Michel est, certes, un monument national français ayant un rayonnement mondial universel (UNESCO). Mais c'est aussi l'un des tous premiers monuments du patrimoine historique et culturel de la Normandie, la pièce maîtresse du tourisme normand, mais surtout, cette création essentielle du génie normand est située sur le territoire de la Normandie. Dans le futur conseil d'administration qui va associer les collectivités territoriales concernées associées à l'Etat, le président de région de la Normandie doit jouer le rôle principal.

Il serait donc judicieux qu'Hervé Morin, certes embarrassé par la présidence embarrassante d'un syndicat mixte finissant gérant des histoires compliquées à n'en plus finir d'épiceries au sujet des parkings, (absence remarquée d'Hervé Morin à la dernière réunion du syndicat mixte) se souvienne que le Mont, transformé en Tour Eiffel du Moyen-âge pour servir de tiroir caisse, mériterait d'être "normandisé" dans sa valorisation culturelle et touristique tout comme il devrait aussi se souvenir que les élus Bretons (région et département) n'ont pas été des "partenaires" très fiables dans l'actuel syndicat mixte (un coup ils claquent la porte. Un coup ils reviennent).

Le pilotage du Mont Saint Michel doit être normand:

1° Parce que le Mont Saint Michel participe essentiellement de l'évidence normande

2° Parce que le Mont Saint Michel a besoin d'un projet culturel et touristique qui soit, enfin, de qualité! (en finir avec la "Tour Eiffel du Moyen-âge": les projets portés par le maire d'Avranches et l'intercommunalité de l'Avranchin vont dans le bon sens)

3° Parce que les élus et partenaires bretons ne sont pas fiables en remettant régulièrement en cause, à chaque fois que l'occasion s'en présente, le lien essentiel unissant le Mont Saint Michel et la Normandie. Le rapport de force n'est jamais loin et c'est bien dommage: les Normands subissent ce chantage breton malhonnête.

Il faut donc prendre le manche avec fermeté !

Et ça tombe bien !  Le Mont St Michel, baigné régulièrement par les marées de la manche, est dans le département de la Manche, puisque situé dans la partie orientale et normande d'une baie qui se prolonge en Bretagne vers l'Ouest...


 

Quel pilote pour le Mont-Saint-Michel ?

Après les dix années de travaux qui l'ont remis à flot, le Mont-Saint-Michel doit maintenant reconquérir les touristes. Avec quel chef de file ?

DE NOTRE CORRESPONDANT À CAEN, JEAN-PIERRE BEUVE

Publié le 01/03/2017 à 13:46 | Le Point.fr

À chaque grande marée, les flots entourent de nouveau le Mont-Saint-Michel, redevenu une île en 2014. Le fruit d'un chantier de dix ans et de 160 millions d'euros piloté par un syndicat mixte, structure associant les collectivités locales en vue du rétablissement du caractère maritime du Mont. Maintenant que les travaux sont terminés, qui doit assurer la maintenance des installations ? Et surtout piloter le projet touristique autour de l'îlot rocheux et de la baie du Mont-Saint-Michel, où cohabitent Normands et Bretons ?

En décembre 2014, déjà, le Conseil général du développement durable déplorait que le monument, qui est le site touristique le plus visité de France hors Île-de-France, « souffre paradoxalement d'une absence de vision stratégique sur le plan touristique, culturel et économique ».

Hémorragie de touristes

Et il y a aujourd'hui urgence : on est passé de 3 millions de visiteurs à 2,3 millions. La faute, notamment, aux attentats. « Un Asiatique sur deux qui vient à Paris vient au Mont. Mais s'il ne vient plus à Paris... », lâche un hôtelier. L'organisation mise en place par le syndicat mixte après les travaux est aussi pointée du doigt : plus question de se garer au pied du Mont. Des parkings payants ont été construits sur la côte à quatre kilomètres et des bus acheminent ensuite les touristes au pied de l'archange. À la clé, des visites forcément raccourcies pour les touristes, soumis aux horaires des bus, qui roulent jusqu'à minuit. De plus, les tarifs ont été relevés de 40 % en 2015 pour permettre à Transdev-Veolia, l'exploitant, d'équilibrer ses comptes.

Selon Hervé Morin, président de la Normandie et du syndicat mixte, la région n'a pas vocation à gérer ces parkings et bus, des tâches qu'elle assure pourtant actuellement. Entre l'État, les collectivités locales et les entreprises privées, véritable millefeuille, il est difficile de définir une mission commune. Pour débloquer la situation, Nicole Klein, préfète de Normandie à l'époque, et Philippe Belaval, directeur du Centre des monuments nationaux (CMN), avaient été chargés par Manuel Valls, alors Premier ministre, d'« étudier la possibilité de mettre en place une structure chargée de la gestion et du développement du site ». Leur rapport sur la gouvernance du site est aujourd'hui sur le bureau de l'actuel locataire de Matignon, Bernard Cazeneuve, ancien élu de la Manche.

Nouvelle gouvernance

Propriétaire à 80 % du Mont-Saint-Michel, l'État prendra la main à travers un établissement public national (EPN) comme pour le centre Pompidou à Paris. À caractère industriel et commercial, cet établissement public assurerait l'exploitation des parkings et bus et la billetterie de l'abbaye. Cependant, les collectivités locales (régions, communauté d'agglomération Mont-Saint-Michel-Normandie, département de la Manche) prendraient place au sein de cet établissement public. En vue notamment de mettre en place et d'assurer des actions de promotion touristique, de développement hôtelier ou de transports.


 

A noter aussi:

Le Mont Saint Michel s'intègre enfin à la promotion touristique du département de la Manche avec un partenariat qui vient d'être signé avec la Cité de la Mer de Cherbourg. A priori, on a du mal à voir le lien entre la Merveille du Moyen-âge normand et le premier sous-marin nucléaire français conservé à Cherbourg. Le lien est territorial et ce sont les deux grands sites touristiques de l'Ouest normand qui s'associent.

http://www.ouest-france.fr/normandie/saint-lo-50000/l-abbaye-du-mont-et-la-cite-de-la-mer-le-mariage-4785050

Mais, pour nous, la priorité est à porter sur une autre cohérence et une autre urgence qui nous paraissent plus légitimes:

Le premier grand chantier qui devra être mené par le tout nouveau Etablissement Public du Mt Saint Michel, sera de conduire le rapprochement entre l'abbaye du Mont Saint Michel et le Scriptorial d'Avranches qui présente la muséographie que l'on refuse de présenter au Mont St Michel avec l'autre merveille du Mont St Michel: les fabuleux manuscrits de son scriptorial !

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