A Paris et, pire encore, à Bruxelles nous n'avons que des gestionnaires et des comptables qui respirent l'air de leur évidence, celle de la finance mondialisée et dérégulée, tout en l'imposant au reste du réel. Ces messieurs dames dirigeants tant dans la haute fonction publique que dans les grands conseils d'administration des banques ou des multinationales, se plaignent régulièrement de la France, pays bloqué qui refuse les "réformes"... Leurs réformes.

Il nous semble judicieux, sinon urgent, de renverser un tant soit peu la perspective: et si c'étaient eux qui débloquaient ! Les bloqués du cerveau?

Bloqués dans leur indépassable idéologie libérale d'un pur marché qui serait capable de marcher tout seul sans l'aide de la puissance publique de l'Etat et des richesses socialisées par les énergies, les talents, les forces de la société civile et ses corps intermédiaires, à commencer par les collectivités territoriales.

Le poison qui fait mourir la France de mort lente c'est ce terrible cocktail entre un jacobinisme techno parisien devenu impuissant et l'idéologie néo-libérale dominante d'un capitalisme mondialisé généralisant la norme nord-américaine: la panne actuelle du projet européen tenu captif par les grands lobbies de l'affairisme, ne fait que rendre cette triste réalité encore plus évidente comme si nous pouvions voir le roi tout nu !

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La solution, c'est de revenir à la base.

D'innover et de prendre prise, à nouveau, sur réel pour le transformer afin de ne plus le subir dans l'espace local et régional où des êtres humains se connaissent et se reconnaissent tout en appréciant et en éprouvant des lieux et des territoires qu'ils aiment, voire qu'ils habitent, où ils sont nés: la grande patrie française est empêchée. La construction européenne s'est arrêtée tout en menaçant ruine.

La petite patrie normande, l'une des pierres fondamentales qui font la France, retrouve son utilité pour faire, à l'échelle normande avec les énergies normandes et un enthousiasme normand retrouvé, une légitime fierté normande ni haute (sans chauvinisme) ni basse (sans haine de soi) ce qui, hélas, n'est plus possible de faire à Paris ou à Bruxelles du fait des pesanteurs de l'idéologie libérale officielle:

Il s'agit d'oser un volontarisme industriel et économique pour reprendre l'effort séculaire de maîtrise et de transformation du réel pour plus de progrès humain mais pour assurer, désormais, la survie de l'humanité face aux défis du changement climatique qu'elle a provoqué par l'intensification de ses activités depuis deux siècles.

La réunification normande est un double pari:

1) Faire exister la plus authentique et la plus ancienne des régions de France à moins de deux heures à l'Ouest du Grand Paris.

2) Reconstruire une véritable souveraineté normande en tant que modèle d'action régionale: l'antidote normand et girondin à la langueur parisienne et jacobine.

Sur ce point essentiel du programme du retour de la Normandie dans l'espace français voire de la Normandie comme recours politique, il faut avoir l'honnêteté de constater que le parcours d'Hervé Morin depuis janvier 2016 est proche du sans faute: c'est le signe d'une vraie prise de conscience de l'immense potentiel normand et de la grande qualité du bien public normand de la part du président Morin qui pilote la Normandie considérée non pas comme une niche parmi d'autre dans le mille- feuilles territorial ou comme un bâton de maréchal pour un grand élu de la République ayant sa carrière parisienne derrière lui.

Il y a dans l'expérience normande commencée par Hervé Morin et ses équipes, à l'occasion historique du retour à l'unité normande, une esquisse de transformation et de modernisation de l'organisation politique de la France: avec la Normandie, il devient possible de faire un mandat public plus intéressant, passionnant, stimulant et actif que depuis les ors d'un hôtel particulier du 6ème arrondissement de Paris.

C'est possible avec la Normandie parce que la Normandie est, surtout, la seule vraie région de France sur la carte.

Les chiffres de l'INSEE ont montré le dynamisme de la reprise économique, notamment dans le secteur industriel, en Normandie: on peut parler d'un effet "réunification normande" renforcé par le dynamisme politique de la nouvelle collectivité territoriale régionale.

Ce qu'un Montebourg n'avait pas pu ou su faire depuis Bercy, un Morin est en passe de le faire depuis sa Normandie !


On ne pourra que s'en convaincre en lisant le reportage proposé par Ginette Bléry pour la feuille d'informations Normandie XXL qui nous rend compte de la remise des premiers trophées de l'économie normande à l'Opéra de Rouen le 12 mai 2017:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=2191

Il y a de l’énergie dans l’air normand

 Hervé Morin

Collectivités. Pour les grandes occasions, Hervé Morin opte pour l’Opéra de Rouen, ce fut le cas pour l’annonce du lancement du programme « Attractivité » en septembre 2016 et, le 10 mai 2017, il y a établi le bilan de la première année de fonctionnement de l’Agence de Développement de la Normandie (ADN). A cette occasion furent remis les Trophées de l’économie normande. La salle était pleine, plus de 900 personnes : chefs d’entreprises, responsables des administrations et des organismes liés au monde de l’entreprise pour découvrir les heureux lauréats. (cf. article Des petits léopards..)

 « On a fait ce qui était annoncé »

Si le ton reste modeste et s’il sait bien que tout est loin d’être réalisé au bout d’un an et demi d’exercice, le président Morin tient souligne que les grands axes du programme annoncé sont mis en place…Il a planté ses arbres, reste à espérer que les fruits viendront et avec un peu de chance dépasseront la promesse des fleurs.

Les signaux positifs ne manquent pas avec, pour la Normandie : « une croissance de 7% de la production industrielle et une progression nette de créations emplois dans les meilleures de France ». Ajoutons à cela, la baisse du nombre de mise  en liquidation des entreprises (-4%) qu’on peut sans doute, en partie attribuer à l’action de la Région. « Un frémissement rempli d’énergie commence à être sensible en Normandie » constate le héraut de la Normandie. Il n’hésite pas à rappeler ses principaux succès comme : « les éoliennes de Cherbourg dont le marché n’a été obtenu que grâce à des garanties apportées par la Région ou Métal Value de Pitres qui va mener 75 millions d’investissements, une entreprise séduite par la réactivité de la Région ».

La réussite est le travail d’une équipe et le Président ne manque pas de rendre hommage à 1ère vice-présidente Sophie Gaugain qui à ses côtés s’implique totalement sur l’économie, hommage appuyé aussi à Alexandre Wahl directeur de l’ADN, la structure fonctionne désormais à plein régime et à Christiane Vulvert, conseillère régionale qui anime le dispositif ARME. 53 collaborateurs à l’ADN répartis entre Caen et Rouen et une soixantaine à la Région s’activent pour tantôt sauver une entreprise, tantôt lui permettre de conquérir des nouveaux marchés ou résister à un concurrent.

125 millions d’euros sur un an pour les entreprises

125 millions d’euros en un peu plus d’un an ont été investis pour le soutien de l’économie normande, sur le même laps de temps, « les interventions de la haute et la basse Normandie ne portaient que sur 55 millions d’euros » glisse le président.

Ces apports se sont faits sous forme de fonds propres, de subventions, d’avances remboursables. Une nouvelle démarche va aussi se mettre en place pour les PME / TPE qui n’aiment guère que l’on entre dans leur capital. Un détour financier pour néanmoins faire des apports haut de bilan. Et le président détaille : « Impulsion développement » : 40 millions, « impulsion export » :7 à 8 millions, 15 millions pour le dispositif ARME qui a permis de sauver 3.870 emplois et 300 entreprises.

Pour les prises de participations Normandie Participations a investi 15 millions d’euros et la structure est désormais présente dans le capital de 10 entreprises, à titre de comparaison pendant ce temps NCI  a apporté 3 millions d’euros aux entreprises normandes. D’autres développements sont à venir avec BPI.

« Le développement ne vient pas simplement des apports d’argent, il y a aussi le rôle essentiel des garanties apportées par la Région qui permettent aux entreprises de débloquer des crédits auprès de leur banque » nous est-il rappelé.

Si on ajoute les aides apportées aux entreprises agricoles ce sont 250 millions d’euros qui ont été injectés dans l’économie des entreprises normandes

Pourtant on ne s’affranchit pas comme cela de la lenteur de la transformation des mécanismes administratifs, du poids de la réalité, ainsi faudra-t-il 18 mois pour qu’une nouvelle carte des formations se mette en place.

Forces et faiblesses

Analysant une fois de plus « sa » Normandie, Hervé Morin relève 3 faiblesses :

  • absence de sièges sociaux non seulement le pouvoir de décision est à Paris ainsi que les emplois les plus qualifiés.
  • Faiblesse du secteur tertiaire, la fonction métropole n’a pas joué le rôle moteur qu’elle a eu pour d’autres régions, Rouen et Douai sont les seules métropoles qui n’ont pas accompli leur mutation vers le tertiaire.
  • La densité de cadres est inférieure 20 à 30% à ce qu’elle devrait être il en va de même pour les post bac.

Les atouts ne manquent pas

  • La vocation industrielle de la Normandie 1ère région industrielle de France est à double tranchant, comme les gouvernements passés ne se sont pas souciés de l’industrie, l’économie a souffert plus que dans d’autres régions, mais cette base industrielle est aussi une chance colossale, si l’intérêt revient pour l’industrie (une rêve d’efficacité de Macron n’est pas interdit ndlr) la Normandie rebondira fort et vite.
  • Pour Hervé Morin il ne fait pas de doute « que la réunification  a bousculé les conservatismes et constitue désormais un atout essentiel pour la Normandie ».

Bâton de pèlerin

Désormais la mission d’information est essentielle, à la Région et à l’ADN de faire connaître aux chefs d’entreprises qui n’en ont pas nécessairement conscience, les nouvelles potentialités mises à leur disposition. Il faut aller sur le terrain pour leur expliquer. Notons au passage que le message a bien été reçu par les startups qui se repassent l’information et font la queue au guichet.


Commentaire de Florestan:

Après 1944, nous assistons et nous pouvons participer de bon coeur à la SECONDE RECONSTRUCTION NORMANDE. Après la reconstruction matérielle et la modernisation (brutale) de la Normandie dans la division et sa nationalisation par l'Etat central parisien qui avait abouti à la prospérité des années 1960 /1980, prospérité industrielle, fordienne et keynésienne dont l'illusion s'effondrera à l'occasion de la grande crise de désindustrialisation liée à l'ouverture à la mondialisation libérale des années 1990 /2000 qui a révélé les fragilités structurelles de la Normandie (le déclin de l'influence politique normande au niveau national lié à la division, l'absence d'une métropolisation régionale normande suffisamment puissante pour exister à l'Ouest de Paris, une région découronnée qui est agie plus qu'elle n'agit, un niveau de qualification de la population normande qui n'a pas progressé comme ailleurs), l'opportunité historique de la Réunification permet de reconstruire une souveraineté régionale normande dans tous les domaines stratégiques du réel: il s'agit tout simplement de faire revenir l'avenir normand en Normandie.


 http://www.normandiexxl.com/article.php?id=2192

Des petits léopards qui deviendront grands

 Les lauréats et les partenaires

Collectivités. Les lauréats des trophées de l’économe  ont été sélectionnés parmi 159 candidats issus de toute la Normandie. Pas moins d’une trentaine d’entreprises ont été nominées, des PME et des TPE et les Trophées ont été attribués à 5 heureux lauréats. Ces récompenses ont pour objectif de soutenir l’exemplarité des projets avec un prix financier d’une valeur de 10 000 euros par lauréat et des jours de conseil expert pour les accompagner dans la réussite de leur projet. A cela s’ajoutent 1 distinction « femme de l’économie » et 1 trophée d’honneur de la personnalité de l’année, en l’occurrence Jean-Louis Louvel.

Pour monter cette opération, la Région a fait appel à des sponsors : le monde bancaire est très présent avec la BNP Paribas, les deux agences du Crédit Agricole de Rouen et de Caen, la Caisse des Dépôts et Consignation ; les grands de l’énergie sont aussi là avec EDF Normandie et GRTgaz. Participaient aussi au sponsoring le cabinet d’études KPMG et la Direction Régionale aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes. Le Partenariat Public / Privé joue à plein.

Palmarès révélateur du génie de l’innovation

Plutôt que de grappiller à la volée une information, nous prendrons le temps de vous présenter ultérieurement plus en détail nos coups de cœur de cette sélection.

PETIT BONHEUR DE NORMANDIE (14) - Prix Création remis par Dany Sebire, Associé KPMG BU Caen Sud Normandie pour la belle histoire du boulanger-pâtissier normand qui devient entrepreneur et s’exporte au Japon.

ONIP - Prix Innovation remis par Thierry Sauvage, Directeur Centre d'Affaires Normandie Picardie Entreprises BNP Paribas. L’entreprise développe une nouvelle gamme de peintures révolutionnaires captant et détruisant les mauvaises odeurs.

FACTEM - Prix Développement remis par Nicolas Denis, Directeur Général Crédit Agricole Normandie Seine. Cette entreprise que normandiexxl vous a déjà présentée propose des équipements (casques, écouteurs…) pour transmettre la parole dans les milieux bruyants en protégeant l’opérateur.

CETTEFAMILLE - Prix Enjeux de demain remis par Alban Verbecke, Délégué Régional Normandie d’EDF à l’entreprise pour sa solution d’hébergement chaleureuse, personnalisée et économique pour personnes âgées.

FILT - Prix Made in Normandie remis par Aymeric Cotrel, Responsable Relations Commerciales GRTGaz qui a récompensé l’une des plus vieilles entreprises normandes (1860), pour sa fabrication de filets et de cordons destinés à de nombreux secteurs d’activité.

DIGNITUDE a reçu la Distinction Femme de l’Economie par la CDC et l’Etat, à cette occasion Sophie Gaugain,  Vice-Présidente de la Région Normandie développement économique et au soutien des entreprises est intervenue

Jean-Louis Louvel en voyage n’a pu être présent pour recevoir le Trophée d’honneur des mains d’Hervé Morin, Président de la Région Normandie, mais il avait envoyé un petit film de remerciements. Le serial entrepreneur normand est notamment reconnu pour le développement exceptionnel de son entreprise PGS.

Léopard représenté sur la scène, les lauréats ont eu reçu le masque stylisé d'un léopard

Un léopard pour trophée

Une bonne politique de communication sait décliner les symboles, c’est ce qui a été fait pour la remise des Trophées de l’économie normande. Les lauréats en plus de leur chèque, au lieu de l’éternelle coupe se sont vus remettre le masque d’un léopard, animal qui figure sur le blason et le drapeau normand. Ces emblèmes furent longtemps appelés localement « les p’tits cats » attestant des liens entre les langues normandes et anglaises. Avec ce clin d’œil au passé on voit là se mettre en marche les petits outils pour aider les Normands à retrouver leur identité, pour faire renaître un sentiment d’appartenance.

Mais quand l’animatrice de la soirée, poussant l’association entre le félin normand et le président de la région, l’appelle sur scène en disant qu’il va arriver avec « sa démarche féline », celui-ci récuse une telle comparaison ! Et pour cause, avec lui le léopard traîne un peu la patte à cause d’un accident en descendant du car au retour du collège. A défaut il poussera le cri du léopard, grâce au gadget distribué à cette occasion : une boîte noire émet un rugissement plaintif caractéristique paraît-il de ce félin.


 

Commentaire de Florestan:

"Mettre un tigre dans son moteur" voilà un slogan devenu ringard ! D'autant plus si le moteur est un moteur diesel.

Et si on mettait un "léopard dans notre moteur" collectif ?