On n'en a peu parlé dans la presse locale et régionale et on doutera que la plupart de nos lecteurs, fussent-ils authentiquement mélomanes et attachés aux plus beaux fleurons musicaux de notre patrimoine musical européen, soient sensibles à l'opéra dans sa version prestige pour (do ré mi ) fats sur le sol et autres fâcheux m'as-tu-vus là si, dorénavant, il était enfin possible de s'ennoblir les oreilles en de telles circonstances !

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Samedi 24 juin 2017 au soir, le cadre somptueux du parc du château du Champ-de-bataille, près du Neubourg, ce "Versailles normand" où le très fastueux décorateur parisien Jacques Garcia s'évertue à restituer les grandioses fééries du Grand siècle baroque, recevait, dans le cadre de l'opération "Opéra en Plein Air" une production des Noces de Figaro de Mozart mises en scène par une certaine Julie Gayet et une certaine Anne Gravoin, violoniste de son état, à la direction d'orchestre. Inutile de nommer le chef d'orchestre puisque l'intérêt de la soirée n'était pas musical:

Qu'on se le dise d'emblée, notre ami lecteur qui était sur place (en ayant acheté sa place) et qui nous a rapporté cette information, n'a pas vu François Hollande, l'impuissance absente. En revanche, aux premiers rangs sur le gravier bien peigné des jardins à la française du Versailles normand, étaient présents:

Manuel Valls (la ci-devant puissance, officiellement venue écouter la première violon de l'orchestre)

Bruno Lemaire (la puissance invitante)

Sébastien Lecornu ( la vice-puissance invitante)

Gérald Darmanin (la puissance invitée)

Philippe Augier (la puissance normande venue pour observer...)

Il manquait à cet aréopage que la présence d'un havrais Premier ministre pour avoir, au grand complet, l'ensemble des grands élus qui ont eu à arbitrer et qui auront à arbitrer, ce coup-ci définitivement, sur les affaires les plus essentielles de la Normandie en faisant en sorte de répondre à la question suivante: est-il possible de faire l'Axe Seine "et en même temps" le Canal Seine Nord?

Vous connaissez certainement la réponse... Et on se souviendra que les Noces de Figaro (la pièce de théâtre écrite par  Beaumarchais juste avant 1789) nous conte l'histoire d'un jeu de dupes où les grands vaniteux se font avoir par plus petits et plus malins qu'eux !

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Commentaire de Florestan:

Parmi les absents à cette soirée de prestige, notre duc de Normandie en fonction, Hervé Morin. A moins que le maire de Deauville ne fut ses yeux et ses oreilles, ce qui est peut-être encore mieux... 

Car Hervé Morin est le seul à avoir mis sur la table une vraie option sinon un vrai projet faisant rupture pour éviter que la solution ne soit que la poursuite du problème:

La régionalisation de la gouvernance portuaire, la normandisation de l'Axe Seine

Et il faut bien le dire, c'est bien sur ce point essentiel, qu'il existe un beau et noble sujet d'opposition politique entre le girondin et normand Morin faisant le constat que la gouvernance locale de tradition "hanséatique" fait la fortune des ports concurrents du Havre et le jacobin plus parisien que havrais (au final) Philippe qui en tient au mode de gouvernance actuel, celui de l'Etat central qu'il faudrait simplement améliorer à la marge, histoire, aussi, de ne pas mettre tous les dockers des GPM normands en grève...

Un récent article des Echos (3 mars 2017), à lire ci-dessous, nous rafraîchira la mémoire sur le jacobinisme assumé du ci-devant maire du Havre devenu, depuis, Premier ministre...

https://www.lesechos.fr/03/03/2017/LesEchos/22396-110-ECH_morin-et-pecresse-ouvrent-le-debat-sur-la-regionalisation-des-grands-ports.htm#

Morin et Pécresse ouvrent le débat sur la régionalisation des grands ports

Les présidents des régions Normandie et Ile-de-France veulent inscrire la question d'une gouvernance régionale des grands ports maritimes dans les débats de la campagne présidentielle. ¤ Deux études vont être lancées pour évaluer l'intérêt d'une fusion des ports du Havre, de Rouen et de Paris.

Pour la première fois, des élus chargés de grandes collectivités mettent sur la table la question du passage sous gouvernance régionale de grands ports maritimes, jusqu'alors domaine réservé de l'Etat.

Hervé Morin (UDI) et Valérie Pécresse (LR), à la tête respectivement de la Normandie et de l'Ile-de-France, ont ensemble plaidé en faveur de cette solution pour les ports du Havre, de Rouen et de Paris. Au préalable, ces trois établissements, qui forment un des premiers ensembles portuaires français, déjà réunis sous l'enseigne Haropa, seraient fusionnés. Ces élus qui souhaitent que cette question soit débattue dans la campagne pour l'élection présidentielle estiment que cette régionalisation mettrait fin à "l'impuissance " de l'Etat dans ce domaine. "Quand les collectivités territoriales s'emparent d'un sujet, la situation s'améliore et le dialogue devient plus facile ", argumente Hervé Morin.

La Cour des comptes, dans son rapport annuel, a abondé dans leur sens en pointant une nouvelle fois le manque de compétitivité des ports français. Leurs trafics cumulés sont restés à leur étiage de 2008, alors que leurs concurrents d'Europe du Nord ont déjà effacé les effets de la crise.

Si une telle régionalisation devait voir le jour, la gouvernance de ces ports se rapprocherait de celles de leurs concurrents. Le premier d'entre eux, Rotterdam, appartient ainsi à une entreprise publique au sein de laquelle la municipalité est majoritaire. Cette solution irait dans le sens de la montée en puissance des collectivités locales, qui investissent déjà dans les ports pour pallier la déficience de l'Etat. Hervé Morin réclame toutefois que celui-ci attribue une « recette » aux régions pour qu'elles puissent assumer la charge de ce transfert.

Localement, certains se disent réservés sur cette solution, qui entraînerait un désengagement de l'Etat. "Ce qu'il faut, ce n'est pas plus de région mais mieux d'Etat", dit Edouard Philippe, député-maire LR du Havre, en soulignant que les grands ports relèvent d'une « logique nationale ». Michel Segain, président de la Fédération des communautés portuaires de l'axe Seine, défend une position proche. « Nous sommes favorables à plus de région et plus de privé, mais l'Etat doit rester présent », dit-il. Il vient d'ailleurs de réclamer un « plan Marshall » en faveur des ports, mais en demandant à l'Etat de cesser le "saupoudrage" en concentrant ses investissements sur l'axe Seine, d'une part, et Marseille-Fos, d'autre part.

Opposition des syndicats

Si Hervé Morin dit ne pas avoir de doutes " sur l'intérêt de la régionalisation", il se montre plus prudent quant à la question de la fusion des trois ports. De même, Edouard Philippe appelle à ne pas en « faire un totem », en se disant favorable à la poursuite de « l'intégration des trois ports », sans aller nécessairement « jusqu'à la fusion complète ». Pour sortir de la simple « intuition » que cette fusion serait profitable, Hervé Morin et Valérie Pécresse ont commandé une étude aux deux conseils économique, social et environnemental régional (Ceser) et une autre à un cabinet indépendant. « Il faut une analyse très posée, très précise, très pointue et parler avec chaque interlocuteur », souligne Hervé Morin. Il faudra en effet du doigté, car les puissants syndicats CGT du personnel portuaire de Rouen et du Havre ont prévenu : ils rejettent par avance tout « débat » ayant pour objet « la fusion des ports » et se disent « prêts au combat " pour faire échouer le projet.

Correspondant au Havre Dominique Aubin