En Normandie, nous avons un EPR au bord de la mer et un... RMN sur un méandre de la Seine.

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http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/esthetique-du-108-futur-siege-metropole-rouen-presentee-berlin-cadre-expo-impressionism-1216683.html

Dans les deux cas, l'audace technique ou architecturale se traduisent par divers problèmes propres à la mise au point de prototypes... L'EPR de Flamanville ne fonctionne toujours pas tandis que dans les nouveaux locaux de l'hôtel de la métropole de Rouen (Rouen Métropole Normandie) c'est une panne politicienne dans le commandement d'une armée mexicaine qui perturbe le lancement du nouveau vaisseau...

Manuel SANSON, journaliste perspicace à la rédaction de FILFAX  a enquêté (8 novembre 2017) et ce qui est à lire, ci-après, est édifiant...

Sauf que ce n'est plus du journalisme, c'est du caca. Car on aimerait avoir à dire autre chose sur la Métropole de Rouen dans un moment critique pour l'avenir même de la Normandie qui doit affirmer son projet de territoire face au Grand Paris. 

Il serait préférable de s'exprimer sur les vraies questions, comme la réalité de Rouen Métropole Normandie (réalité sur laquelle le collectif des géographes universitaires normands emmené par Yves Guermond et Arnaud Brennetot ont fait les recherches nécessaires tout en organisant des réunions publiques sur le rôle de Rouen comme chef lieu de Département de la Seine-Maritime, comme chef lieu de la Région  et comme pôle métropolitain dans le cadre d'une fusion avec Le Havre et Caen.

Rouen doit également,  sans être hégémonique,  permettre aux villes de toutes la Normandie de s'adosser à elle avec l'objectif bien compris de l'union de la Normandie.

Ces basses polémiques politiciennes demandent à être résolument écartées. Ces petits jeux sont mortifères pour la Normandie et les Normands. Tout élu devrait prendre en considération que la presse ne peut se subsister à eux qu'en profitant de leur vacuité . Les sujets qui suscitent la gravité pour l'avenir, l'ambition normande dans une démarche prospective responsable, un engagement désintéressé des contingences immédiates localistes ou égocentrées se présentent à eux  tous les jours.

Les Normands sont , par négligence ou parfois par les calculs sordides de certains,  tenus à  l'écart des enjeux qui conditionnent leur vie au quotidien et qui affecteront les générations qui les suivront, celle de leurs enfants.

Depuis le retour inespéré à l'unité régionale en 2015, il nous est offert de réveiller l'esprit normand. Celui de la légalité, du droit, de la modération,  de l'équité , bref de l'esprit normand, qui peut être  celui qui pourrait inspirer à nouveau la France et constituer un modèle politique  vertueux d'expérimentation de l'aménagement du territoire parce qu'il a eu l'occasion de le démontrer au cours de l'Histoire. 

Métropole de Rouen : une démission... et tout fout le camp

Lors du dernier conseil métropolitain, l'opposition est montée au créneau contre une délibération, de prime abord plutôt anodine, consistant en une réorganisation à la marge du bureau de l'institution. A y regarder de plus près, le texte n'est peut-être pas si marginal que ça. Ou l'on parle de détournement de la loi sur le non cumul des mandats mais aussi de frictions au sein de majorité métropolitaine. Filfax vous aide à y voir plus clair dans cette bonne vieille tambouille politique.

Le refus du président Sanchez de supprimer un poste de vice-président à la suite de la démission de la sénatrice Nelly Tocqueville a suscité un pataquès politique lors du dernier conseil de la Métropole

« Et pourtant, tout s'était bien passé jusque là.... » Ainsi s'exprime Pascal Houbron, maire UDI de Bihorel, à propos du conseil métropolitain organisé lundi soir dernier. (NDLR: 6 novembre 2017) Comme d'habitude, tout se déroulait en effet dans une ambiance plutôt consensuelle. Jusqu'à l'examen d'une délibération s'intéressant à la composition du bureau de l'institution intercommunale. Un point technique, mais non sans conséquence politique...

Sur le papier, au moins, les choses sont simples. Il s'agit de se mettre en conformité avec la loi sur le non-cumul des mandats. La sénatrice PS Nelly Tocqueville, par ailleurs vice-présidente à la Métropole en charge des petites communes, n'est plus en mesure d'occuper cette fonction. Elle doit quitter l'exécutif. Elle a donc démissionné au courant du mois d'octobre comme avant elle, par exemple, le nouveau député PCF Hubert Wulfranc, remplacé depuis par le maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, Joachim Moyse. Mais les similitudes s'arrêtent là. A la différence de son homologue communiste, la sénatrice est sortie de l'exécutif par la porte pour y revenir par la fenêtre.

« La majorité socialiste a trouvé un artifice qui consiste à l'intégrer au bureau, chose qui reste autorisée par la loi », décrypte Patrick Chabert, conseiller métropolitain d'opposition (UDI). En charge des relations avec les petites communes, un poste hautement stratégique au sein d'une intercommunalité qui en compte 45 de moins de 3500 habitants, Frédéric Sanchez n'a visiblement pas envie de se priver des services de Nelly Tocqueville. « C'est un appui politique important pour lui », assure Gilbert Renard, maire de Bois-Guillaume et président du groupe d'opposition de la droite et du centre à la Métropole. « Le président m'a sollicité pour je continue », confirme l'intéressée.

Contacté pour s'expliquer à ce propos, Frédéric Sanchez n'a pas donné suite. C'est Olivier Rousseau, directeur général adjoint de la Métropole, qui se charge de répondre succinctement : « Nous respectons les termes de la loi, tout cela est parfaitement légal. » Sur le papier, Nelly Tocqueville ne dispose plus de délégations de signature, mais se voit simplement attribuée des missions. « Comme beaucoup d'autres élus de la Métropole », soutient Olivier Rousseau. Dans les faits, la sénatrice de Seine-Maritime devrait poursuivre son travail engagé depuis 2008 aux côtés de Laurent Fabius. Comme si rien n'avait changé.

« Un détournement de l'esprit de la loi »

« C'est un détournement de l'esprit de la loi », critique Gilbert Renard. Pascal Houbron ne dit pas autre chose, rappelant au passage « que cette loi sur le non-cumul a été votée par les socialistes aux affaires pendant le dernier quinquennat »« C'est la vieille politique », ajoute-t-il. Si l'opposition, bien naturellement, tire à boulets rouges contre cette manoeuvre, certains dans la majorité s'y mettent aussi. « Ça veut dire que la loi sur le non-cumul, on s'assoit dessus », assène l'un d'entre eux sous le sceau de l'anonymat.  Voilà pour le premier point de friction observé lundi soir en conseil de la Métropole. Mais ce n'est que l'entrée avant la plat de résistance...

Au-delà de ce tour de passe-passe, ce n'est finalement pas le sujet qui suscite le plus de critiques. « Nelly Tocqueville fait plutôt bien le job », commente d'ailleurs Gilbert Renard. Ce qui chagrine le plus la minorité, ce sont les conséquences de cette manoeuvre sur la composition de l'exécutif. En 2014, au moment des élections municipales et communautaires, un accord politique avait été trouvé à l'agglomération (CREA). A la majorité des 2/3, les délégués se sont entendus sur la gouvernance de l'institution. « Il a été prévu que l'exécutif soit composé de quarante membres, vingt vice-présidents et vingt membres du bureau », se souvient Patrick Chabert. Il s'agissait, entre autres, de faire taire les critiques récurrentes sur l'exécutif pléthorique – 45 vice-présidents – de l'ancienne communauté d'agglomération (CREA).

En installant Nelly Tocqueville au bureau, la délibération initiale se trouve faussée. Non pas d'un point physique – on a toujours quarante personnes, 21 au bureau et 19 vice-présidents -, mais en termes de poste. Car la vice-présidence de Nelly Tocqueville est maintenue. « Le siège reste vacant », explique Pascal Houbron. On se retrouve donc avec 21 postes de membres du bureau et 20 de vice-président. Soit 41 au total. « Très simplement, nous avons demandé que l'on supprime la vice-présidence de Nelly Tocqueville et que les élus restants remontent d'un cran », explique Gilbert Renard. Une solution somme toute logique.

« Frédéric Sanchez apparaît isolé en ce moment »

Sauf que... Frédéric Sanchez s'y est opposé de manière catégorique. Pourquoi cette rigidité, voire de « l'entêtement » dixit Gilbert Renard, sur ce que l'on peut, de prime abord, considérer comme un point de détail ? Sollicité, là encore, pour y répondre, le maire du Petit-Quevilly n'a pas donné suite. Olivier Rousseau explique, sans vraiment convaincre, « qu'il s'agit de ne pas remettre en cause l'accord politique de 2014 ». On reste sur notre faim puisque, comme indiqué ci-dessus, le nombre de quarante postes est aujourd'hui dépassé. Pour comprendre, il faut chercher ailleurs.

La première hypothèse qui vient à l'esprit consiste à penser qu'il se garde le poste sous le coude pour le réattribuer dans quelque temps. Manifestement, ce n'est pas la raison privilégiée par Gilbert Renard qui rapporte que le président lui a fait « la promesse de ne renommer personne ». Patrick Chabert avance pour sa part une autre explication qui semble mieux tenir la corde. « Supprimer le poste de vice-président de Nelly Tocqueville pourrait conduire à l'obligation de procéder à une réélection complète de l'exécutif de la Métropole », assure l'avocat dans le civil. « En tous les cas, il y a une discussion juridique sur le sujet », ajoute-t-il. « La décision a été prise de ne pas modifier le nombre de vice-présidents, cela aurait complexifié les choses et nécessité l'organisation de nouvelles élections », confirme Nelly Tocqueville.

Selon Pascal Houbron, Frédéric Sanchez préférerait « le statu quo » pour éviter d'avoir à se lancer dans une grande remise à plat de l'exécutif. « Il y a des tensions et des tiraillements au sein de la majorité », croit savoir l'édile de Bihorel qui dit avoir surpris, en marge de la réunion de lundi soir, « un maire socialiste de l'agglomération menacer de ne pas voter le prochain budget ». Et d'ajouter que « Frédéric Sanchez apparaît isolé en ce moment »« Peut-être craint-il que la réélection des vice-présidents ne se passe pas bien », avance Gilbert Renard. Outre ce supposé mouvement d'humeur d'un membre de la majorité, le maire de Bois-Guillaume insiste sur « la situation compliquée entre le patron de la Métropole et les élus socialistes rouennais ». Patrick Chabert rappelle en outre que « certains maires PS ont rejoint les rangs de la République en Marche », citant Dominique Gambier ou Laurent Grelaud, maires respectifs de Déville-lès-Rouen et de Bonsecours. Avec ce dernier, les tensions sont importantes (lire ci-dessous).

Tout cela fait dire à un élu de la majorité « que ça tangue à la Métropole ». De quoi, sans doute, se creuser les méninges pour faire en sorte que rien ne bouge au sein de l'exécutif. Et tant pis si l'opposition sort de ses gonds. Lundi soir, la majeure partie de la minorité de droite et du centre a quitté la salle, refusant de prendre part au vote sur la délibération concernant la réorganisation du bureau. « Une mascarade », dixit Pascal Houbron. « Nous allons attirer l'attention de la préfecture sur cette délibération au titre du contrôle de légalité », prévient de son côté Patrick Chabert qui considère « que le vote au 2/3 de 2015 ne peut pas être démantelé par un autre vote cette fois obtenu à la majorité simple »La représentation de l'Etat se risquera-t-elle à s'immiscer dans cette explosive querelle ? Réponse dans les prochains jours.

Le vice-président Grelaud sur la touche

Mais que se passe-t-il avec Laurent Grelaud, le maire de Bonsecours et vice-président à la Métropole ? Manifestement, les relations ne sont pas au beau fixe entre lui et Frédéric Sanchez, patron de la Métropole. Selon Pascal Houbron, l'élu socialiste s'est vu retirer « la substance de ses délégations au profit d'un autre élu ».

Sur le site internet de l'institution, il reste chargé de l'animation du pôle de proximité Plateau/Robec. Dans la pratique, c'est plutôt Benoît Anquetin, maire de Saint-Aubin Epinay, qui remplit cette mission en tant que conseiller métropolitain délégué... aux mêmes attributions que Laurent Grelaud. « Une dualité de responsabilité unique à l'échelle des cinq pôles de proximité de l'intercommunalité », souligne Pascal Houbron.

Contacté par téléphone, Laurent Grelaud n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Tout juste s'est-il fendu d'un SMS indiquant « qu'il conservait son poste de vice-président ainsi que toutes ses délégations et qu'il restait pleinement dans la majorité de la Métropole conduite par le président Sanchez ». Jointe à son tour, la présidence de la Métropole indique « qu'elle n'a rien à ajouter aux déclarations de M Grelaud ». Et c'est bien dommage...

Selon un document interne à la Métropole en date de mai 2015, il est écrit noir sur blanc que Laurent Grelaud n'est plus titulaire de la délégation concernant le pôle de proximité Plateau/Robec. Il est devenu vice-président chargé « des transferts de technologie ». Et Olivier Rousseau, le directeur adjoint de la Métropole, d'indiquer, sans donner plus de détails quant à ce changement, « qu'il s'agit d'une modification de délégation comme il peut y en avoir d'autres ».

Un élu de la majorité évoque à son endroit « une sanction ». Le contentieux entre le patron de la Métropole et son vice-président se nourrit de plusieurs éléments. Et cela depuis longtemps. « Laurent Grelaud était monté au créneau, au moment, de la création de la Métropole contre les modes de calculs appliqués au transfert de charges financières », rappelle Pascal Houbron. « Il y a aussi eu un clash au moment des élections départementales et des désignations dans le canton dont fait partie Bonsecours », rapporte de son côté un socialiste sous couvert d'anonymat.

Et l'on comprend donc mieux pourquoi Frédéric Sanchez est plus que réticent à l'idée de procéder à une large refonte de son exécutif via de nouvelles élections (lire ci-dessus). En le faisant, cela risquerait d'attirer l'attention sur cette situation pour le moins étrange. Surtout que rien ne change afin de sauver les apparences... Aux yeux du grand public, Laurent Grelaud continue d'être vice-président à la Métropole avec les mêmes délégations qu'à l'initial et en percevant l'indemnité prévue à cet effet. En coulisse, il se retrouve à gérer une coquille vide, les obscurs « transferts de technologies »« Je ne sais pas ce qu'il fait », avoue Gilbert Renard. Filfax aurait bien aimé poser la question de vive voix au maire de Bonsecours. Malheureusement, ce dernier n'a pas donné suite. Sans doute un pur hasard...


Commentaire de Florestan:

Cette situation politique peu confortable renvoie à la faiblesse structurelle que l'on espère provisoire de la soi-disant Métropole de Rouen qui est la métropole de France qui comporte le plus grand nombre de communes membres et dont le maire de la commune centrale n'est pas le président:

c'est donc une armée mexicaine qui peuple le conseil métropolitain de Rouen qui avait, d'abord, pris ses ordres auprès d'un généralissime lointain ou d'un abbé commendataire non-résident qui préside aujourd'hui à Paris le Conseil consitutionnel dans le but de garder politiquement un fief électoral plutôt que de développer ou de piloter un territoire stratégique au coeur d'une région qui se réveille enfin d'un long sommeil suite à sa réunification.

On peut faire crédit à Frédéric Sanchez d'une certaine lucidité face à cette complexité qui consiste à transformer un fief électoral (la Fabiusie) en un vrai territoire stratégique (la Métropole de Rouen) au coeur d'une région qui compte (la Normandie): les anomalies structurelles citées plus haut doivent être supprimées sans pour autant destabiliser la majorité socialiste actuelle.

L'échéance 2020/2021 sera déterminante pour que Rouen soit à nouveau dans Rouen et qu'un esprit métropolitain normand puisse enfin s'exprimer. En attendant, l'alliance entre Frédéric Sanchez et Hervé Morin est essentielle: c'est même une question de survie tant pour Rouen que pour la Normandie.

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Voir par ailleurs, pour rester positif:

https://www.tendanceouest.com/actualite-250853-pour-son-budget-2018-la-metropole-rouen-normandie-mise-sur-les-investissements.html