Chiffres sans surprises révélés par l'INSEE: La Normandie, en proximité avec la région parisienne, reste globalement attractive en tant que région la plus au Nord du grand arc attractif qui structure désormais la géographie humaine et sociale française qui va de Deauville et de la vallée de la Seine normande au Nord à Lyon et Strasbourg à l'Est en passant par tout l'arc atlantique et méditerrannéen.

Cet arc combiné à "l'héliotropisme" (autrement dit, les bronze-culs au soleil) mais aussi à "l'occidentalotropisme" (courir toujours plus loin dans le Far West pour suivre, aussi, le soleil), correspond à la couronne de métropoles régionales d'équilibre mises en place à partir de 1965 pour compenser le poids de la région parisienne: situées hors du Bassin parisien, ces grandes villes régionales réussissent à être dynamiques et attractives. En revanche, dans le Bassin parisien, la proximité avec Paris ne permet pas un tel dynamisme, du moins sur les mêmes bases qu'à Nantes, Bordeaux, Lyon: le petit Paris de province n'y est pas possible il est donc indispensable que des agglomérations comme Rouen, Tours, Orléans, Reims puissent construire un réseau régional de villes et c'est la Normandie qui présente la géographie la plus évidente et la plus favorable pour y arriver.

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Les_dynamiques_demographiques_des_aires_urbaines

Quant au reste, il s'agit, malheureusement de territoires qui sont dans le retroviseur de Paris ou placés dans le cône d'ombre de la ville lumière: tout le quart Nord, Nord-Est de la France, autrefois si prospère et industriel est en déprise profonde élargissant ainsi, au Nord du Morvan, la fameuse "diagonale du vide" qui court des Pyrénées aux Ardennes en passant par les hauts plateaux du Massif central.

Si l'on change de focal en s'approchant du terrain, on s'aperçoit que les villes normandes n'échappent pas à la règle nationale: plus l'agglomération urbaine est grande, plus la commune centre se dépeuple au profit des communes périphériques.

Cela oblige donc à repenser les solidarités financières et la représentation politque pour conduire les projets du développement local sur une autre échelle que l'échelle strictement communale. La fusion des communes est donc bien plus pertinente sur le territoire urbanisé d'une agglomération ou d'une métropole que que dans un territoire rural: il y a eu beaucoup de fusion de communes et de création de communes nouvelles en Normandie qui est devenue la première région française pour la création de communes nouvelles à partir d'une carte qui n'avait pas vraiment beaucoup bougé depuis la carte des paroisses normandes de 1789.

Mais cet effort a plutôt été fait dans la ruralité non sans excès absurdes (nouveaux noms débiles, changement du nom des voiries, arbitrages mettant en péril le patrimoine culturel et architectural des communes concernées, on pensera aux églises...) alors qu'il peine à être fait là où ce serait le plus nécessaire de le faire: l'exemple de Cherbourg-Octeville n'a guère été suivi car il demande un certain courage politique. Les fusions de communes et leur transformation en quartiers d'une plus grande commune urbaine restent difficiles à faire... Notamment du côté de la métropole de Rouen (on se souvient de l'échec de la fusion entre Bihorel et Bois-Guillaume).


 

https://www.tendanceouest.com/actualite-257241-insee-ces-villes-de-normandie-qui-perdent-et-gagnent-des-habitants.html

INSEE : ces villes de Normandie qui perdent et gagnent des habitants

Mercredi 27 décembre 2017, l'Insee a publié les données de populations légales au 1er janvier 2015. L'étude permet de constater en détail la population de toutes les communes et villages des cinq départements de Normandie, calculée en 2015, et de les comparer avec l'année 2010.

L'Insee (Institut national de la statistique et des études économique) a dévoilé, mercredi 27 décembre 2017, les données de populations légales au 1er janvier 2015. Cette enquête s'appuie sur des informations collectées entre 2013 et 2017, ramenées à une date, celle du milieu de la période, afin d'assurer l'égalité de traitement entre les communes. Elle est donc représentative des chiffres de l'année 2015. Dans le rapport de l'Insee, ces chiffres ont été comparés à ceux calculés pour l'année 2010, permettant de dresser une évolution moyenne durant cette période, en pourcentage.

Calvados : la banlieue de Caen attire

La plus grande ville du département du Calvados perd du terrain. Avec 2 694 habitants de moins recensés, la ville de Caen accueillait 106 260 Caennais en 2015. Ce n'est en revanche pas le cas de sa proche banlieue. Hérouville Saint-Clair redevient la deuxième ville la plus peuplée, avec 1 026 habitants de plus en 2015 qu'en 2010. Elle dépasse Lisieux qui chute à la troisième place à cause d'une baisse de 0,8 % de sa population durant cette période, avec un total de 20 771 Lexoviens au 1er janvier 2015.

    • Population du Calvados calculée au 1er janvier 2015 : 693 579 habitants

Manche : deux villes majeures en hausse

Cherbourg-en-Cotentin (Manche) reste la ville la plus peuplée du département avec 80 616 habitants en 2015, malgré une perte de 1 811 habitants par rapport à 2010. Les deux autres plus grandes villes de la Manche ont vu leur population croître. Saint-Lô et Granville restent attractives avec respectivement une croissance moyenne entre 2010 et 2015 de 0,6 % (19 301 habitants en 2015) et de 0,3 % (13 175 habitants en 2015).

    • Population de la Manche calculée au 1er janvier 2015 : 499 287 habitants

L'Orne : une tendance à la baisse

Les trois principales villes de l'Orne ont toutes vu leur population diminuer. Alençon enregistre une baisse de 0,5 % de sa population, soit 635 habitants de moins entre 2010 et 2015. En ce qui concerne Flers et Argentan, elles ont vu disparaître respectivement 0,7 et 0,8 % de leurs habitants durant la même période. À noter que l'Orne reste le seul département de Normandie à voir sa population diminuer de manière globale, passant de 291 642 habitants en 2010 à 286 618 habitants en 2015.

    • Population de l'Orne calculée au 1er janvier 2015 : 286 618 habitants

Seine-Maritime : Le Havre et non Rouen

La ville de Rouen a beau être le chef-lieu de la Seine-Maritime, c'est l'agglomération du Havre qui est la plus peuplée du département et de la Normandie au sens large. Pourtant, elle voit tout de même sa population diminuer, passant de 175 497 habitants et 2010 à 172 366 habitants en 2015. Rouen constate une toute petite baisse de 0,1 %, ce qui la maintient au-dessus de la barre des 100 000 habitants (110 169 très exactement). Grosse baisse toutefois pour Dieppe qui enregistre 2 000 habitants de moins, ce qui équivaut à une perte de 1,1 % de sa population entre 2010 et 2015.

    • Population de la Seine-Maritime calculée au 1er janvier 2015 : 1 257 699 habitants

Eure : Évreux et Vernon délaissées, Louviers à la cote

Les deux principales villes de l'Eure que sont Évreux et Vernon voient leur population diminuer respectivement de 0,4 % et de 1,1 %. Alors que la ville de Louviers située entre Rouen et Évreux passe la barre des 18 000 habitants (18 410 exactement).

    • Population de l'Eure calculée au 1er janvier 2015 : 601 948 habitants

La Normandie, terre d'accueil

De manière générale, la Normandie reste attractive. En comparant les chiffres de 2010 à ceux de 2015, la population normande a augmenté de 28 693 habitants, passant de 3 310 448 à 3 339 141.