L'Etoile de Normandie, le webzine de l'unité normande depuis 2004 et militant en conséquence depuis cette date pour la réunification de la Normandie et pour les fusions indispensables à mettre en oeuvre pour rétablir cette unité normande, n'est pas favorable au principe de fusionner pour fusionner: car on voit bien le piège où cette posture peut nous mener.

La fusion pour fusionner, la "fusionnite" est le mauvais carburant d'un clochemerle entre Caen et Rouen que d'authentiques ennemis de l'idée normande ou plus médiocrement, des adversaires politiques de l'actuel président de région et de sa majorité régionale entendent relancer en jetant leur mauvaise huile sur le feu, tels des pompiers pyromanes.

On voit bien l'instrumentalisation politicienne des inquiétudes et des colères que peuvent générer une fusionnite aigue menée aussi pour des raisons comptables: au gouvernement, on ne serait pas loin de penser que la Normandie pourrait être le laboratoire territorial d'une restructuration régionale idéale qui pourrait être généralisée dans les grands machins néo-régionaux issus de la réforme de 2015: et ainsi le gouvernement Philippe/Macon et les crânes d'oeufs qui l'inspirent dans quelques ministères dits "régaliens", pourront croire qu'ils font ainsi "une pierre deux coups" en restructurant la Normandie "et en même temps" en destabilisant Morin, le chef de l'opposition girondine à Macron...

Donc, il ne faut pas fusionner pour fusionner et ne fusionner que ce qui est pertinent de fusionner pour le service de l'unité normande et de l'intérêt général normand.

Par exemple: il était évident pour tous les vrai(e)s Normand(e)s qu'il fallait fusionner les deux régions administratives de Haute et de Basse Normandie pour n'en faire qu'une seule...

En revanche, il n'est pas certain qu'il faille fusionner toutes les institutions de la société civile régionale normande pour les mettre au périmètre de la région normande quand bien même ce périmètre territorial soit le plus légitime et le plus identifié que l'on puisse imaginer pour une région française puisque la Normandie a le privilège unique de faire coïncider la région avec la province historique:

Cet avantage précieux en terme d'identification et d'identité, ne doit pas devenir un inconvénient parce que ce principe qui est à la base même de notre renaissance normande serait dévoyé dans une course à la fusion alimentée par des raisons qui nous éloignent fort de la poursuite de l'intérêt général normand.

Par exemple: il n'y a aucune utilité normande à fusionner les deux cours d'appel pour n'en faire qu'une seule. En revanche, il y aurait urgence à rapatrier une école d'avocats en Normandie car celle de Caen est partie à Rennes et celle de Rouen est partie à Douai.

Conclusion: fusionner pour fusionner consiste à rétablir à l'échelle normande ce que l'on combat à l'échelle nationale, à savoir une centralisation métropolitaine au profit de la ville qui va bénéficier de la fusion institutionnelle au détriment d'une autre.

Les "Pères fondateurs" de l'unité normande contemporaine (MM. Tourret et Cazeneuve), dans le mitan de l'année 2014, avaient parfaitement perçu le danger et avaient fait le nécessaire pour que soit expérimenté en Normandie un polycentrisme régional d'esprit fédéral sinon girondin en répartissant les rôles de façon équilibrée entre Caen, siège du conseil régional et Rouen siège de la préfecture régionale.

Il est urgent de ne pas confondre fusion et union au risque de générer une confusion qui nous ferait perdre la Normandie, son évidence et son projet.

C'est ainsi que sur la question universitaire, il ne faut pas fusionner les trois universités de Caen, du Havre et de Rouen car elles sont associées aux villes qui abritent leurs campus, notamment à Caen où l'université est, depuis 1432, l'une des raisons d'être de la cité. Il faut, en revanche, améliorer la fédération universitaire normande pour qu'elle soit plus réactive et plus solidaire sur les grandes urgences ou certaines opportunités qui nous passent sous le nez: la récente colère d'Hervé Morin contre les présidents d'université normande, colère partagée officiellement par le recteur Rolland et par la préfète Buccio (chose étonnante...) portait moins sur l'idée de fusionner les universités normandes que sur leur manque de coopération dans une fédération universitaire normande qui n'est pas encore assez affirmée: c'est ainsi que les universités de Caen et de Rouen ont proposé, la semaine passée, leurs portes ouvertes... le même jour!

Le problème est que le mauvais esprit du clochemerle échauffe les cervelles tant à Caen qu'à Rouen notamment du côté des élus locaux ou de certains acteurs et décideurs caennais ou rouennais: on aimerait que les présidents de l'Alma mater fassent preuve de plus de sérénité et de discernement. Ils devraient même montrer l'exemple. On en est encore loin.

Mais Hervé Morin a eu raison de secouer le pommier universitaire normand: dans la dernière livraison hebdomadaire du journal d'informations gratuites diffusé à Caen par Tendance Ouest (N°406 8 février 2018), les trois présidents d'université de Normandie ont décidé de s'expliquer et de se justifier:

13-02-2018 16;33;41

13-02-2018 16;25;45

13-02-2018 16;42;10


 

Commentaire de Florestan:

Cette publication sent un peu la communication de crise... Mais elle a le mérite d'exister!