Il y a pire que le chauvinisme, il y a l'anti-chauvinisme, à savoir: un dénigrement permanent, un goût sado-masochiste pour l'autoflagellation, pour la discrétion inhibée ou pour d'autres passions tristes comme médire ou maudire son voisin immédiat selon une antique rancune sans imagination à force d'être pratiquée au point d'en avoir perdu la raison.

Rouen, pourquoi tant de haine?

Si l'on est détesté ou détestable à force de détester peut-être est-ce le fait que les Rouennais, les Havrais ou les Caennais ne s'aiment pas assez et que, d'une manière générale, comme l'avait bien diagnostiqué Michel Onfray au lendemain de la réunification, "les Normands ne s'aiment pas assez" faute de se connaître assez pour se reconnaître: ce dernier point est essentiel et c'est l'urgence à laquelle doit répondre le retour à l'unité normande en permettant la recréation d'un espace vécu régional normand car le mépris est toujours mal fondé sur une méprise ou une ignorance.

Concrètement: il faut améliorer toutes les liaisons possibles entre Caen, Le Havre et Rouen. Il faut une proposition multi-média authentiquement normande couvrant le réseau des trois villes normandes pour faire autre chose que de vendre de mauvais articles en alimentant un bourdonnement de mouches autour d'un clochemerle localiste faisandé.

A toutes fins utiles, nous publions ci-dessous le coup de gueule d'un Rouennais qui aime sa ville et qui en a assez de voir sa ville toujours dénigrée. Nous en sommes bien d'accord mais on se risquera à lui dire que si Rouen s'aimait davantage et faisait davantage confiance à la Normandie, plus personne en Normandie n'aurait aucune mauvaise raison pour gerber sur notre métropole normande...

Lire ce point de vue affirmé sans ambages dans Paris-Normandie, 31 mars 2018:

07-04-2018 18;01;43


 

Commentaire de Florestan:

Ajoutons au constat lucide de cet amoureux de Rouen, le traumatisme et les défigurations de la dernière guerre ainsi que le refus en 1965 de l'Etat central parisien de faire de Rouen la métropole d'équilibre du Nord-Ouest pour comprendre comment l'ancienne seconde ville de France a failli devenir une banlieue industrialo-portuaire de Paris en aval de Mantes la Jolie. Guy Pessiot a raison de dire que Rouen se réveille mais il faut que ce réveil se confirme avec deux retours:

1) celui de Rouen dans Rouen avec une métropole plus forte et moins dispersée enfin pilotée par la ville qui la justifie)

2) celui de Rouen en Normandie avec l'abandon de l'illusion suicidaire d'un dialogue d'égal à égal avec le Grand Paris sur l'Axe Seine pour intégrer un authentique projet de développement normand en construisant avec Caen et Le Havre une métropole régionale en réseau dont la candidature à la capitale européenne de la culture pourrait être le prétexte stimulant et fédérateur...