Dans son mépris souverain, l'Etat central jacobino-parisien, use de son droit à expérimenter une mesure légale nouvelle ou une politique publique "innovante" sur tout ou partie du territoire, généralement en province dont les habitants, sont comme des rats de laboratoire avant généralisation de la mesure si lesdits mammifères sont capables ou non, avec plus ou moins de docilité, de s'adapter à l'expérience... Sauf qu'il y a expérimentation et expérimentation.

C'est ainsi que les jeunes Bretons du Finistère vont tester le futur "pass Culture" cher à Monsieur Macron. Tandis que les Normands ont eu droit à une expérimentation d'un renforcement du fliquage des chômeurs par Pôle emploi ou le test d'un nouvel impôt puisque cela revient à dire cela, avec le déploiement des nouvelles voitures radars privées dans le département de l'Eure avant généralisation à toute la Normandie...

L'Etat central jacobino-parisien s'est, bien entendu, gardé d'expérimenter ce type de déploiement dans le Finistère puis dans le reste de la Bretagne puisque les Normands ont la réputation dans les ministères du centralisme parisien de n'être que des vaches à lait dociles et soumises ou qui se plaignent de temps à autre contrairement aux Bretons qui ont la réputation d'être des têtes dures qui sont capables de brûler une sous-préfecture.

Concrètement: l'Etat central parisien n'a que mépris pour ceux qui se font un point d'honneur de ne pas mépriser la loi en prenant le légalisme normand pour de la docilité...

Ces façons de faire sont déplorables car elles ont deux conséquences graves pour l'avenir de l'esprit républicain:

1) détruire tout consentement à l'impôt qui est la base du consensus social et politique permettant notre vie commune sous l'égide de la République française.

2) légitimer les actions illégales qui semblent plus efficaces pour se faire respecter par l'Etat central que de respecter tranquillement la loi dans la discrétion!


 

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Normandie : Chantal Benoit, la maire qui dit « non » aux radars privés

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Rencontre avec Chantal Benoit, maire du Caule-Sainte-Beuve, village situé en plein cœur du pays de Bray : l’élue a pris un arrêté interdisant le passage des véhicules-radars privés dans sa commune. Elle entend dénoncer la « privatisation » des missions de sécurité relevant de l’État, mais aussi un système répressif pénalisant avant tout le milieu rural. D’autres maires du secteur pourraient lui emboîter le pas, assure-t-elle. La légalité des radars embarqués privatisés est aujourd’hui contestée devant le Conseil d’État, qui n’a pas encore tranché.

«Non, je ne suis pas indifférente à la sécurité sur nos routes ! », tonne Chantal Benoit, maire du Caule-Sainte-Beuve, en réponse au reproche que certains ont pu lui faire depuis sa récente décision : un arrêté interdisant la circulation, dans sa petite commune de 500 habitants située au cœur du pays de Bray (entre Neufchâtel-en-Bray et Aumale), des voitures de sociétés privées équipées de radars embarqués. « Au contraire : je veux davantage de gendarmes sur la route !, insiste l’élue au caractère bien trempé. Il y en a assez de cette privatisation des missions de l’État : c’est à lui de remplir cette fonction de sécurité. Je suis pour le service public dans toute sa grandeur ! »

« Je suis sûr que l’arrêté n’est pas illégal »

« Pourquoi n’embauche-t-on pas davantage de gendarmes ? Beaucoup de jeunes sont attirés par ce métier », atteste par ailleurs l’ancien professeur de français, au lycée Georges-Brassens de Neufchâtel. Rien d’étonnant, donc, à voir soudain Victor Hugo s’inviter dans le bureau de maire qu’elle occupe depuis 1983. « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent », cite Chantal Benoit, qui en ferait bien une devise personnelle et la justification de son engagement public.

Ils ne sont qu’une minuscule poignée de maires, aujourd’hui en France, à vouloir s’opposer techniquement à la circulation des radars embarqués. Depuis le 23 avril, ces dispositifs de contrôle emmenés par cinq véhicules d’une société privée (Mobiom) sillonnent les routes de l’Eure. L’expérience doit être élargie rapidement à l’ensemble de la Normandie, avant un déploiement sur toute la France à l’horizon 2020. Aussitôt, le maire de Naujac-sur-Mer, en Gironde, avait pris dès le mois de mai un arrêté préventif interdisant le passage de ces voitures dans sa commune. « J’ai fait un copier-coller », sourit Chantal Benoit, qui a noué au passage des liens d’amitié avec son homologue girondin.

L’arrêté en question se base en particulier sur l’article R412-6 du Code de la route qui, selon lui, « interdit de placer dans le champ de vision du conducteur un appareil doté d’un écran ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation ». Il est ici question de sécurité, « considérant que la vigilance du conducteur peut être altérée, que son inattention peut être provoquée par la présence en fonctionnement de systèmes de caméras embarquées », poursuit le texte. « Je suis sûr qu’il n’est pas illégal », affirme avec aplomb le maire du Caule-Sainte-Beuve.

En Gironde, pourtant, les services de l’État ont rapidement jugé hors-la-loi l’initiative de Naujac-sur-Mer. En Seine-Maritime, la préfecture préfère se donner le temps d’un examen détaillé de l’arrêté avant de se prononcer. Mais en cas d’une éventuelle injonction à remiser son règlement prohibitif, « je ne m’arrêterai pas », prévient d’emblée Chantal Benoit, déterminée à enrayer « ces pompes à fric » qui viennent pénaliser un peu plus, à ses yeux, la mobilité dans les campagnes. « Entre ça, le prix du contrôle technique qui augmente, les 80 km/h... Nous sommes les plus touchés en milieu rural, puisque les gens y sont contraints de prendre leur voiture plus souvent. » Au fond, derrière cet arrêté anti-radars privés dont elle reconnaît le caractère avant tout symbolique, le maire de Caule-Sainte-Beuve se veut le porte-voix de cette France des villages lasse de « tout subir » : la loi NOTRe, les demandes incessantes de regroupements, les pressions budgétaires...

« Il faut bouger ! »

« En prenant un arrêté, j’exerce le pouvoir de police qui reste encore au maire, insiste Chantal Benoit. Je suis une élue de la République : cela ne signifie pas pour autant que je suis un serviteur zélé de l’État. Je suis là pour dire aux autres élus qu’il faut bouger ! »

L’édile du pays de Bray assure, à ce titre, avoir convaincu d’autres maires du secteur de l’imiter. « J’espère qu’ils ne vont pas se dégonfler ! », lance-t-elle. Non loin de là, à Incheville, près des Villes sœurs, le maire José Marchetti vient d’écrire pour sa part à la préfète de Seine-Maritime, afin de lui faire part de son désaccord sur la question des radars privatisés. Sans prendre d’arrêté d’interdiction pour autant. Peut-être n’aura-t-il jamais besoin de le faire, si l’illégalité de cet outil répressif, pointée par l’association 40 millions d’automobilistes, se voit confirmée par le Conseil d’État (lire encadré).

Une légalité mise en doute

Si « aucune date d’audience n’est prévue à ce stade pour cette affaire », fait savoir le Conseil d’État à Paris-Normandie, sa décision pourrait mettre fin prématurément à l’expérience des radars embarqués par des sociétés privées. L’« affaire » en question désigne le recours déposé par 40 millions d’automobilistes en mai dernier devant la juridiction, pour obtenir « la suspension immédiate de la privatisation des radars embarqués ».
L’association s’était alors emparée des révélations du Canard enchaîné, dans son édition du mercredi 16 mai 2018 : l’hebdomadaire s’était fait l’écho d’une note interne issue du service juridique du ministère de l’Intérieur, pointant la possible illégalité du dispositif de contrôles. « L’externalisation de cette mission devrait être prévue par la loi, celle-ci devant expressément prévoir la possibilité, pour des opérateurs privés, de procéder à ces opérations », indique notamment cette note rapportée par le journal.
  Thomas DUBOIS