Un lecteur assidu et avisé de l'Etoile de Normandie nous a signalé cette information parue dans la dernière édition de la lettre d'information du CESER Normandie (N°18 septembre 2018).

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Pour les non-initiés, on rappelle que le sigle "CESER" signifie: Conseil Economique Social Environnemental et Régional et que cette sinécure consiste à représenter les institutions de la société civile régionale (on ne dira pas, hélas, "normande") auprès de l'Etat en région (préfecture) et auprès du Conseil régional de Normandie avec, dans l'idéal, une activité de conseil et d'influence pour définir des politiques publiques régionales qui soient au service de la Normandie et des Normands.

Or, force est de constater que la coopération entre le CESER Normandie et le Conseil régional de Normandie s'est réduite au minimum: les relations entre Hervé Morin, le président de la Normandie et Jean-Luc Léger, le président du CESER ne sont pas au beau-fixe. On ne reviendra pas ici sur les raisons et les torts des uns et des autres car nous en avons déjà largement parlé ici. On ne reviendra pas non plus sur les faiblesses structurelles de l'institution du CESER qui n'est pas si représentative que cela de la société civile régionale et qui en ignore, notamment pour des raisons idéologiques parfaitement déplacées, la dimension spécifiquement normande.

Mais on ne saurait se réjouir pour autant de la situation actuelle du CESER compte tenu de la tendance actuelle à une recentralisation  méprisante pour tous les corps intermédiaires constituant la démocratie française.

Le CESER Normandie est donc une institution qui se sent faible: il faut donc s'associer et se fédérer avec d'autres CESER dans un espace régional qui pourrait être oublié par un Etat central français toujours aussi jacobin et dominé par l'imaginaire d'un archipel métropolitain hyper-compétitif baignant dans une mondialisation heureuse au risque d'ignorer toutes les "périphéries"...

Voilà donc qu'on apprend l'existence d'une "association des CESER de l'Altantique" à laquelle a adhéré le CESER Normandie. Nos plus anciens lecteurs auront le réflexe suivant: revoilà "PREGO"! A savoir: l'initiative "Pour une Région Grand Ouest" poussée dans le mitan des années 1990 par un certain Pierre Méhaignerie et les milieux d'affaires et patronaux "ligéro-bretons" à la recherche de nouvelles marches orientales de Bretagne pour développer l'influence métropolitaine de Nantes et Rennes. Il fut même question, à l'époque, d'intégrer complètement, à terme, la ci-devant région de Basse-Normandie dans ce projet de "Bavière" ligéro-bretonne d'esprit "démocrate-chrétienne" dans le cerveau d'un ci-devant député-maire de Vitré habitué à la géographie régionale de l'Ouest français à partir de la zone de diffusion d'un quotidien régional bien connu...

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Fort heureusement, Jean Callewaert, le président du CESER de Basse-Normandie de l'époque, avait eu la lucidité normande suffisante pour conseiller le Breton René Garrec qui dirigeait alors la demi-région Bas-Normande de résister aux sirènes ligéro-bretonnes du Grand Ouest...

Presque vingt ans plus tard, le contexte géo-politique a complètement changé: les promoteurs de la métropolisation ligéro-bretonne sont moins flambards, le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes est définitivement enterré, l'esprit "Datar" a disparu avec le contenu des contrats de plan, la Normandie est réapparue puissamment dans le paysage et l'Etat central français, totalement impécunieux, est en plein prurit néo-jacobin.

En outre, il se pourrait que le Brexit ne soit pas sans conséquences (positives? négatives?) pour l'ensemble des régions de l'Ouest français et les dernières nouvelles sont plutôt mauvaises notamment du côté portuaire avec les projets de la Commission européenne de réduire son financement envers le trafic ferry fait depuis les ports français.

Le moment est donc venu de penser à nouveaux frais des coopérations interrégionales équilibrées et réellement solidaires notamment face aux actuels méfaits du jacobinisme comptable de l'Etat central en ayant bien conscience, néanmoins, que les intérêts régionaux normands ne sont pas parfaitement superposables sur les intérêts "ligéro-bretons" et vice-versa. Mais certaines urgences nécessitent, néanmoins, que l'on fasse action commune à partir des instances et institutions existantes:

1) l'association des régions de France

2) les conseils régionaux concernés

3) les CESER des régions concernées.

Hervé Morin, à la fois président de la Normandie et des régions de France, s'emploie à combiner le premier et le second point. Il serait judicieux de ne pas oublier le troisième...


 http://ceser.normandie.fr/index.php/presentation/cooperations-interregionales/72-presentation/366-les-ceser-de-l-atlantique

Les CESER de l'Atlantique

Créée en 1993, l'association des CESER de l'Atlantique, dont fait partie le CESER de Normandie, a quatre objectifs :

  • favoriser au niveau interrégional les réflexions à caractère économique, social et environnemental ;
  • promouvoir l'interrégionalité entre les régions de la façade atlantique française ;
  • contribuer à ce que la dimension interrégionale soit prise en compte par les exécutifs régionaux ;
  • influer sur le choix d'un certain nombre d'acteurs grâce à des réflexions partagées et des préconisations précises et concrètes.

Les derniers travaux :

En cours :

  • dynamiques de développement des régions et des territoires de la façade atlantique (publication : début 2020) : les régions atlantiques ont connu des dynamiques variables au cours de l’histoire. Aux 16e et 17e siècles, elles ont été des « régions centrales », du fait de leur situation privilégiée au coeur des échanges maritimes, et de leurs ressources naturelles. A partir des 18e et 19e siècles, le caractère « périphérique » de ces régions s’est accentué, en grande partie parce qu’elles ne se sont pas insérées de manière très forte au sein des nouveaux paradigmes technico-économiques dominants (intensification de la concentration des entreprises, importance de l’accès aux matières premières nécessaires à l’essor industriel, de la distance aux marchés, etc.) (commentaire de Florestan: et surtout à cause de l'état de guerre quasi permanent de 1688 à 1815 entre la France et l'Angleterre qui a effondré l'économie maritime de la Manche). Le 20e siècle a vu se maintenir ce caractère « périphérique », malgré la mise en place de politiques d'aménagement des territoires et certaines politiques ré-équilibrantes de l'Union Européenne. Les régions atlantiques se sont souvent développées en situation de dépendance par rapport aux centres : d’abord vis-à-vis de l'économie coloniale, puis des stratégies d'industrialisation (dans le cadre d'une division du travail « centre-périphérie »), en ce qui concerne l'architecture des réseaux et des services de transports (organisée de façon radiale).