"Rome n'est plus dans Rome mais elle est toute où je suis". C'est ainsi que Quintus Sertorius, le rebelle romain d'une Espagne romaine colonisée mais indépendante de Rome, s'exprime dans la tragédie que lui a consacrée notre grand Corneille...

https://www.universalis.fr/encyclopedie/quintus-sertorius/

General Quintus Sertorius

Toute proportion gardée, nous avons déjà écrit ici que "Rouen n'est plus dans Rouen"... Mais on hésite quant à la personnalité publique qui serait capable de poursuivre: "... Mais elle est toute où je suis". Surtout lorsque l'écho nous vient de la rive droite, au delà de Saint-Sever, sachant que si l'on applique le principe des "vers normands" utilisés par notre grand rouennais dramaturge, Saint-Sever rime avec... sévère ou pourrait rimer avec... Robert mais certainement pas avec Yvon ou Frédéric!

Porter comme nom propre le nom de baptême chrétien de Rollon ne suffit pas au maire de Rouen pour se faire entendre du nouveau et vrai maître des lieux, celui qui préside la métropole de Rouen depuis la rive droite alors qu'une "métropole" (d'abord au sens religieux du terme) est établie sur la rive gauche de la Seine depuis le règne de l'empereur romain Dioclétien...

Lire l'entretien d'Yvon Robert maire de Rouen accordé à Paris-Normandie (16 janvier 2019) dans lequel il explique pourquoi il est resté sur la rive droite de la Seine alors que le président de la République passait à Grand-Bourgtheroulde, trop loin semble-t-il, sur la rive gauche...

(Paris-Normandie, 16 janvier 2019)

Gouvernance rouennaise PN 160119

 

Commentaire de Florestan:

Sertorius, qui a mis Rome en Espagne ne dirigeait pas une armée "mexicaine" mais une armée... romaine. Pour remettre Rouen dans Rouen et en Normandie il va falloir faire en sorte que la "gouvernance collégiale" soit plus simple.

L'Europe à 28 ne fonctionne pas bien pas plus que Rouen à 71 avec un chef sur la rive gauche et un autre qui prétend l'être sur la rive droite!

Il est temps de lancer des ponts sinon des passerelles entre les deux rives de la métropole rouennaise (surtout lorsqu'on est officiellement encarté dans la même boutique politique!)

Nicolas Mayer-Rossignol sera-t-il le Sertorius rouennais de 2020?

 


 La question de la gouvernance de la métropole normande est d'autant plus urgente à résoudre qu'il y a un grand projet d'avenir à préparer, à savoir: la candidature de Rouen au titre de "capitale européenne de la culture" en 2028.

Le 16 janvier 2019 a eu lieu une grande soirée de présentation du projet nommée "Acte 1" (on a pris l'idée aux Gilets Jaunes?): le dossier rouennais doit être prêt pour 2022 date à laquelle un jury européen d'experts procèdera à une sélection des candidatures. Pour la France, sur le créneau 2028, Rouen sera en concurrence avec Clermont-Ferrand et Bourges.

Pour Frédéric Sanchez, la métropole normande dispose d'un patrimoine culturel imposant et prestigieux mais il faudra proposer un programme original, créatif et fédérateur. Il faudra mettre en valeur l'originalité rouennaise, à savoir le fleuve et la mer. Mais insister sur le Fleuve et la Mer c'est mettre en valeur l'évidence normande qui, à force d'être évidence, est comme le nez au milieu du visage que beaucoup de décideurs rouennais peinent toujours à voir. C'est ce que pense Catherine Morin-Dessailly, sénatrice de la Seine-Maritime, conseillère régionale mais aussi présidente de la commission "Culture" du Sénat mais aussi l'écrivaine Agnès Desarthe récemment installée à Gonneville-la-Malet qui a fait une très belle déclaration d'amour au patrimoine littéraire normand...

Concrètement, s'il fallait assumer totalement une originalité d'une candidature rouennaise au titre de capitale européenne de la culture en 2028, il faudrait qu'elle soit organisée en y associant Le Havre et... Caen: à Rouen, cette idée chemine... puisque Frédéric Sanchez a fait savoir lors de cette réunion que des contacts étaient en cours pour associer Le Havre et Caen à une candidature totalement normande!

Et de répondre à quelques grognons se plaignant de la réunification:

"Rouen, Caen et Le Havre, est-ce que c'est équilibré? J'ai le sentiment que oui, il faut un peu de temps pour que tout s'apaise." Avant de confier au public présent que la relation de confiance et de travail avec Hervé Morin, le président de région, était parfaite.

Pour réussir cette grande ambition, il faut une union sacrée rouennaise. Sauf que le maire de Rouen était absent lors de cette présentation. Cherchez l'erreur!

La Normandie est réunifée depuis 2016 avec succès. Mais on attend toujours la réunification rouennaise...

Voir aussi:

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/rouen-capitale-europeenne-la-culture-2028-acte-i-la-concertation-le-public_20889758.html

Rouen capitale européenne de la culture en 2028 ? « Acte I » de la concertation avec le public

Dans le cadre de la candidature de Rouen (Seine-Maritime), à être capitale européenne de la culture en 2028, une réunion publique a été organisée, mercredi 16 janvier 2019.

Le tout Rouen culturel se projette dans l’avenir. La cité normande ambitionne en effet de devenir capitale européenne de la culture en 2028. Dans cette optique, une réunion publique a été organisée à l’auditorium H2O, à Rouen (Seine-Maritime), mercredi 16 janvier 2019, sur le thème : « Un projet à construire, des idées à partager ». Il s’agit de « l’acte I » d’une série de rencontres, qui rassemblera les acteurs de la culture aussi bien que les simples curieux. 

LIRE AUSSI : Rouen capitale européenne de la culture en 2028 ? « C’est plus impressionnant que des Jeux olympiques »

Des richesses culturelles et patrimoniales

De fait, tout est à imaginer. À l’animation du débat, Selma Tobrak, directrice du festival Normandie impressionniste, a présenté les enjeux d’une telle candidature, en se basant notamment sur les retours d’expérience des éditions de Lille 2004 et Marseille Provence 2013 : accueil potentiel de « 9-10 millions de visiteurs », « création de nouvelles infrastructures », « nécessité de mobiliser l’ensemble des habitants », ou encore « inscription dans une compétition ». 

LIRE AUSSI : Rouen, candidate pour 2028 : qu’a fait Leeuwarden, actuelle capitale européenne de la culture ?

Au micro, les intervenants invités (Gilbert Coullier, producteur de spectacles ; Sylvain Amic, directeur des musées rouennais ; Marie-Hélène Garnier, metteure en scène et comédienne ; Agnès Desarthe, écrivaine et traductrice) ont tenté de jeter les bases d’un projet commun.

« Depuis toujours, la Normandie est européenne, a rappelé Sylvain Amic. Lillebonne a été un grand port de l’Empire romain dans cette zone, et des courants culturels européens (gothique, classicisme, impressionnisme), sont nés ou passés en Normandie. » Sans oublier les invasions Vikings, la révolution industrielle ou encore la domination normande en Sicile à l’époque médiévale.

Voilà pour la filiation et la place de la Normandie – la candidature engageant naturellement un territoire plus large que Rouen – dans le « vieux continent ». À propos des atouts rouennais, outre les richesses culturelles et patrimoniales bien connues, des réalisations récentes ont été mises en avant : création du Centre dramatique national (CDN), regroupement et structuration des musées au sein de la Réunion des musées métropolitains (RMM), création du 106, mutation des quais etc. 

LIRE AUSSI : CARTE. Partez à la découverte de 50 lieux méconnus et « secrets », à Rouen

Nécessité d’innover

Mais bien sûr, les intervenants en ont convenu, « ce n’est pas avec l’existant qu’une candidature se construira ». Il faudra inévitablement innover, proposer du neuf et peut-être, comme l’a suggéré une personne du public, « dépoussiérer » le paysage culturel rouennais. À cet égard, des pistes pourraient être creusées du côté de la création contemporaine.

Par ailleurs, l’implication du grand public sera un défi en soi. « Il est parfois compliqué pour tout un chacun, de s’autoriser d’entrer dans une institution culturelle, note Sylvain Amic. Il y a tout un tas de freins psychologiques à cela. Il y a un gros travail à faire pour « dédramatiser » le sujet. »

Enfin, il y a la question de l’image renvoyée à l’extérieur. Présente lors de la rencontre, une responsable du festival d’art urbain Concéntrico 04, organisé chaque printemps à Logroño, en Espagne, avec qui la Métropole rouennaise est partenaire, a fait part de sa propre expérience : « Quand j’ai parlé de Rouen à ma mère, en Espagne, elle m’a dit : Rouen, ce sont les tableaux de la cathédrale… mais sinon, c’est quoi ? » Ici, tout le monde a à l’esprit l’enquête de l’Ifop, dévoilée en février 2018, et selon laquelle l’image de Rouen en France est « floue » et « reste à construire ». Pour convaincre au niveau européen, il faudra ainsi réussir à se faire connaître et parvenir à se démarquer.

LIRE AUSSI : Selon une enquête de l’Ifop, l’image de l’agglo de Rouen est « floue » et « reste à construire »

Dans la compétition. En 2028, trois villes accéderont au statut de capitale européenne de la culture : une française (Rouen, Clermont-Ferrand et Bourges sont en lice), une de République Tchèque, et une autre d’un pays candidat à l’entrée dans l’Union européenne. Dans les prochaines semaines, une association de « préfiguration » sera constituée, pour porter le projet de candidature. Le 4 mars 2019, une deuxième réunion publique sera proposée. 
En avril 2018, une rencontre avait été organisée avec les anciens directeurs de Lille 2004, Marseille Provence 2013 et Mons 2015. Puis, en juillet, une délégation de la Métropole rouennaise était allée à Leeuwarden (Pays-Bas), capitale cette année-là, pour prendre connaissance des projets entrepris et de la méthode utilisée.


 Commentaire de Florestan:

Si Rouen n'associe pas davantage son image à celle de la Normandie, l'image rouennaise restera floue, ce flou qui ne faut pas confondre avec la lumière impressionniste de l'eau sur la Seine...

24033784420_38c2a9cd2c_b

Camille Pissarro: le pont Boieldieu de Rouen au soleil couchant