Nous avons la grande peine d'apprendre le décès d'un grand, d'un vrai et très sincère ami de notre Normandie: le professeur François Gay, doyen de la faculté de géographie de l'université de Rouen qu'il a vu naître, n'est plus. Il avait 96 ans: c'était un jeune homme, l'un de nos plus beaux esprits.

Grand témoin de l'histoire contemporaine de la Normandie à laquelle il a activement participé (on relira, ici même, en page d'accueil sa "petite histoire de l'aménagement de la Basse-Seine normande" que nous avions publié il y a un an tout juste...) François a fait partie dès le début, en 2010, de l'aventure intellectuelle du collectif des géographes universitaires normands qui s'étaient mobilisés pour obtenir la réunification de la Normandie. Ils étaient quinze.  Désormais, ils ne sont plus que quatorze...

Nous garderons de lui la vivacité de son esprit, sa réactivité sur tous les sujets essentiels concernant l'avenir de notre Normandie mais aussi ses conseils et ses encouragements pour nous aider au développement et à la reconnaissance de l'Etoile de Normandie dans le but de favoriser le débat public démocratique et citoyen sur les questions régionales qui passent, trop souvent, sous les radars médiatiques d'une grande presse nationale centrée sur Paris.

François Gay était l'un de nos plus fidèles lecteurs: nous eûmes nos derniers échanges sur la question métropolitaine normande et rouennaise à la fin du mois de novembre 2018.

François va nous manquer: avec lui c'est une bibliothèque normande qui disparaît...

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Lire, ci-après, le message de la famille:

Mon beau père Francois Gay est décédé mardi 22 janvier. Il avait 96 ans, c'était un universitaire (prof de géographie à l'université de Rouen) très actif et impliqué dans les questions de géographie urbaine, d'aménagement du territoire. Il était curieux, il lisait beaucoup et s'intéressait énormément à l'actualité et aux problèmes du monde. C'était aussi un père, grand père et arrière grand père attentionné et présent.

La cérémonie aura lieu à l'église Notre-Dame de Miséricorde de Mont- Saint- Aignan le mardi 29 janvier à 14h30.

Tous ceux qui ont connu et aimé François GAY et qui voudraient participer à cette cérémonie par une petite évocation ou autre intervention, sont invités à contacter un des trois enfants Gay ci-dessous pour organiser la chose : Jean François, Catherine, ou Philippe :
jfg4776@live.fr - 0615287313
cateringay@gmail.com – 0681213715
ph.gay@free.fr - 0686201224

Eglise N.D. de Miséricorde : 2 rue Saint Gilles, 76130 MONT SAINT AIGNAN

Pour consulter le faire-part:

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Lire l''hommage du Mouvement Normand au professeur Gay:

Nous avons appris avec tristesse la disparition de François Gay, géographe, ancien professeur de l’Université de Rouen.

Sans revenir sur sa carrière universitaire – le nombre de ses publications est considérable : c’était un savant et un maître –, il faut rappeler qu’il fut souvent invité à participer à maints colloques dans des universités étrangères, en Amérique du Nord notamment.

 

François Gay a effectué toute sa carrière universitaire à Rouen, et ce, avant même que le Collège littéraire universitaire de cette ville ne devînt faculté et Rouen le siège d’une nouvelle université. C’est à cette époque que nos chemins se croisèrent : François Gay voulait que Rouen fût une Université de plein exercice, comme nous, à la Fédération des Étudiants de Rouen, qui œuvrions dans le même sens. Plus tard, d’ailleurs, François Gay, « Breton du Havre », fut partisan de la création d’une autre université dans cette ville. Pour lui, comme pour nous, il n’y avait pas incompatibilité entre la multiplicité des universités normandes et l’unicité toujours souhaitable du monde universitaire normand.

Dès la création du Mouvement Normand, dont le principal objectif était, déjà en 1969, la réunification de la Normandie, le professeur Gay nous apporta son soutien, puis son adhésion, nous conseillant souvent, tant au plan doctrinal que par son entregent. Ce fut un passeur d’idées en matière de décentralisation / régionalisation et le Mouvement Normand lui doit beaucoup.

 

La Normandie lui doit encore plus : ses nombreuses études, notamment sur la Basse Seine, la ville nouvelle de Val-de-Reuil, la vocation maritime de la Région, en ont fait un interlocuteur incontournable pour tous les hauts fonctionnaires et les responsables élus, amenés à réfléchir sur le devenir normand. Ce n’est pas un hasard si le professeur Gay a tenu à bout de bras, pendant des années, la revue « Études Normandes ». Grâce à elle, grâce à ses travaux, le monde universitaire n’a pas été absent de la lutte pour la réunification normande.

 

François Gay a été à l’origine du « Groupe de réflexion des Quinze géographes normands », dont l’intervention dans le débat qui a précédé le redécoupage des régions de la France a été décisive pour réunifier la Normandie. Si le pouvoir central a unifié la Normandie – seule Région de France à pouvoir se targuer d’avoir retrouvé sa cohérence –, il est indiscutable que la caution universitaire des Quinze géographes a pesé autant que le sentiment d’appartenance et de fierté normande que nous représentions depuis des décennies.

 

Cela, nous ne l’oublierons pas

 

C’est la raison pour laquelle, lors de la réunion de nos instances, le 2 avril 2016, il a été décerné à François Gay le titre de membre d’honneur du Mouvement Normand, hommage que notre ami, présent, apprécia particulièrement.

 

 Le dernier combat de François Gay pour la Normandie fut dans sa conviction, partagée par ses collègues géographes, que l’avenir de la Région reposait sur la constitution d’une Métropole normande, rassemblant dans un même ensemble, entre la métropole de Rouen – Normandie, les pôles métropolitains de Caen – la Mer et du Havre – Estuaire, afin de contrebalancer l’influence léonine du Grand Paris. Participant à presque tous les déjeuners-débats de l’Association Normandie – Axe Seine, François Gay ne manquait pas de rappeler qu’il fallait une structuration urbaine métropolitaine unique pour la Normandie.

 

Le Mouvement Normand a fait sienne cette ambition régionale et nous le devons à François Gay.

 

L’homme, lui-même, était un symbole de tolérance et d’ouverture. Européen convaincu, il admettait que l’on puisse regretter les dérives technocratiques d’un système complexe impacté par la financiarisation de l’économie. Très attaché à la démocratie, c’était un homme de dialogue avec lequel il était toujours passionnant de discuter, soit de vive voix, soit par internet (il en était friand !).

 

 François Gay aura marqué son époque. Il a bien mérité de la Normandie.

Didier PATTE, porte-parole et ancien Président du Mouvement Normand