Certains médias se qualifient de « lettres d’information » alors qu’ils ne seront jamais que des outils de communication ; il en sera ainsi de la Lettre d’information de Haropa Port de Rouen, « ROUEN PORT ESTUAIRE # Développement & Environnement », dont c’est déjà le n° 3 - mars 2019

     Deux exemples :

Thème « gouvernance »

Catherine Rivoallon nommée préfiguratrice du nouvel ensemble portuaire HAROPA

http://www.haropaports.com/fr/rouen/nominations

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le 7 février dernier la nomination de Catherine Rivoallon en qualité de préfiguratrice du nouvel ensemble portuaire HAROPA. Présidente du conseil d’administration de HAROPA - Ports de Paris, elle devra poser les conditions de la création d’un établissement public portuaire unique de la Seine. La ministre des Transports Élisabeth Borne a précisé que « l’enjeu consiste à conforter la position de ces trois ports (Paris, Rouen et Le Havre) dans les grands flux de transport maritime international en les inscrivant au cœur des chaines logistiques ». Les consultations entamées dès le mois de février avec les équipes dirigeantes des ports vont se poursuivre avec les élus, clients, acteurs économiques et partenaires sociaux dans les prochains mois. Avec l’ambition affichée de proposer un projet stratégique unique pour la période 2021-2025. Catherine Rivoallon pourra s’appuyer sur un comité de préfiguration présidé par Valérie Fourneyron et composé de Thierry Tuot, Conseiller d’Etat, Gilles Belier, Avocat, membre du Haut conseil du dialogue social, Emmanuelle Perron, Présidente du Conseil de surveillance de HAROPA - Port du Havre et Frédéric Henry, Président du Conseil de surveillance de HAROPA - Port de Rouen.

Commentaire :

     Nous avons déjà commenté cette annonce dans l’article :

JACOBINISME PORTUAIRE : Fusion des ports de l'axe Seine, les jeux sont faits, rien ne va plus... pour la NORMANDIE !

http://normandie.canalblog.com/archives/2019/02/08/37084500.html

du 8 février dernier ; Rien à ajouter ! Si ce n’est « l’oligarchie ploutocratique parisiano-francilienne garde le contrôle… »

Pascal Gabet, Ingénieur en Chef des Ponts, des Eaux et des Forêts a été nommé par arrêté du 1er mars 2019 de la ministre chargée des transports, Président du Directoire et Directeur Général de HAROPA - Port de Rouen par intérim, à compter du 13 mars 2019. Il succède à Nicolas Occis qui occupait ces fonctions depuis le 12 janvier 2015 et dont le mandat est arrivé à terme. Pascal Gabet était jusqu’à présent directeur général adjoint, membre du Directoire et en charge, depuis juillet 2013, de la Direction du Chenal et des Travaux Maritimes de HAROPA - Port de Rouen. A ce titre, il a conduit le programme d’amélioration des accès maritimes de HAROPA - Port de Rouen et a contribué aux réflexions portant sur la stratégie, les investissements et l’organisation interne de l’établissement. Pascal Gabet et les directeurs généraux des ports du Havre et de Paris contribuent à la mission de préfiguration pilotée par Catherine Rivoallon chargée par le Gouvernement de l’intégration des ports du Havre, de Rouen et de Paris dans un établissement portuaire unique à l’échelle de l’Axe Seine.

Commentaire :

     Un lecteur régulier de l’Etoile de Normandie peut-il être étonné de voir nommé un Ingénieur en chef des Ponts, des Eaux et des forêts Président du Directoire et Directeur Général de HAROPA - Port de Rouen par intérim…

     Le plus contrariant, pour moi, dans le message, c’est que ce monsieur a conduit le programme d’amélioration des accès maritimes de HAROPA - Port de Rouen dont le rapport coût/utilité paraissait déjà injustifié dans un rapport de l’un de ses prédécesseurs, Gérard Franck, à la veille d’une opération antérieure beaucoup moins onéreuse…

Thème trafic de céréales

La modernisation du terminal céréalier de Canteleu se dessine

http://www.haropaports.com/fr/rouen/developpement

HAROPA - Port de Rouen lance en mars une consultation en vue de démarrer en fin d’année les travaux préparatoires de ce projet d’envergure. Le poste céréalier occupé par le Groupe Soufflet offrira, à l’issue du chantier, un mètre de tirant d’eau supplémentaire pour l’exportation en passant de 10,30 m à 11,30 m. Pour permettre la réalisation des travaux en proximité de berge, le Port va devoir au préalable réaliser 260 m de rideau de soutènement ; un chantier auquel va s’ajouter l’extension d’une vingtaine de mètres de la voie de grue qui permet de déplacer le portique de chargement plutôt que de déplacer les navires eux-mêmes ! Le nouvel équipement, qui accueillera également un nouveau portique destiné à réduire les émissions de particules lors des chargements, devrait être opérationnel début 2021.

Commentaire :

     Tout d’abord quelques éléments d’appréciation :

     Un premier commentaire :

     Soufflet est le second groupe céréalier, derrière Senalia, à charger des céréales à l’exportation sur le port de Rouen.

     Le port fluvio-maritime de Rouen dispose d’un emplacement privilégié, immédiatement proche de la Beauce et de la Brie… et relativement proche d’autres territoires céréaliers…

     Le trafic de céréales, principalement exportateur, représente le tiers du trafic maritime global du Grand Port fluvio-Maritime de Rouen et permet à ce port, comme nous le verrons plus loin, d’être le premier port français exportateur, et même le premier port européen exportateur – mais cette place est disputée - sur ce trafic…

Autres commentaires :

     Effectuons une observation rétrospective étendue du trafic céréalier, principalement exportateur, des ports français… Nous ne retiendrons que les onze premiers du classement, et Le Havre, nous verrons plus loin pourquoi…

 

     A l’exportation, en 2018, Rouen représente à lui seul 45,5 % de l’ensemble des ports français, suivi par la Rochelle avec 23,7 %, puis par Dunkerque avec 7,7 %, Nantes – Saint-Nazaire avec 5,8 %, Bordeaux avec 4,2 % et… Caen-Ouistreham avec 2,6 %... pour ne citer que les 6 premiers… Il représente aussi à lui seul l’équivalent de l’ensemble des 6 ports suivants dans le classement…

     Mais, compte tenu d’une grande variabilité de trafic constatée, d’une année sur l’autre, sur les ports de Rouen, Nantes – Saint-Nazaire et Bordeaux, à l’exportation sur une moyenne des années 2015 à 2018 (donc sur une moyenne de 4 ans), Rouen représente plutôt à lui seul 40,5 % de l’ensemble des ports français, suivi par la Rochelle avec 22,4 %, puis par Dunkerque avec 11,4 %, Nantes – Saint-Nazaire avec 7,1 %, Bordeaux avec 5,9 % et… Caen-Ouistreham avec 2,0 %... pour ne citer que les 6 premiers… Il représente aussi plutôt à lui seul l’équivalent de l’ensemble des 3 ports suivants dans le classement…

     Pourquoi Le Havre en fin de classement alors que ce grand port maritime du littoral en aval de Rouen n’a vu revenir aucun trafic céréalier depuis… 2004 ! Est-ce un effet de la libre concurrence et de la rationalité économique ?

     Selon moi, cette situation peut s’expliquer par un motif majeur et deux motifs subséquents :

. La communauté politico-économique rouennaise s’est constamment obstinée à conserver au port de Rouen le stockage et le chargement des céréales collectées malgré l’accroissement permanent de la taille des navires minéraliers. Autrement dit, un choix communautariste local et corporatiste s’impose à la collectivité nationale avec la complicité de l’Etat central qui supervise l’activité des grands ports maritimes ;

. Un réseau d’influence fait en sorte de maintenir une carence en moyens terrestres de transport massifié desservant le port du Havre ;

. Le même réseau d’influence a le pouvoir de persuader les pouvoirs publics d’engloutir des sommes considérables dans l’approfondissement et l’entretien des accès maritimes au port de Rouen !

     Cela, vous ne le lirez jamais dans une lettre d’information d’Haropa… Ce n’est pourtant plus un secret mais une chape de plomb le recouvre…