Ce qui est à lire ci-après nous agace au plus haut point!

Et nous partagerons totalement la mauvaise humeur de Véronique Richez-Lerouge, président de l'association Fromage de terroirs qui relève un oubli sinon une incohérence dans le nouveau périmètre pourtant élargi en Normandie identifiant les productions de camemberts AOC "de Normandie": le Pays de Caux a été oublié alors qu'on y fait d'excellents camemberts fermiers à partir d'un troupeau qui est resté largement peuplé de vaches de race normande, contrairement à ce qu'on peut hélas voir dans certains bocages de la Normandie occidentale!

normande

Nous relayons le coup-de-gueule!

https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/le-perimetre-de-l-aop-camembert-de-normandie-conteste-6518552

Le périmètre de l'AOP camembert de Normandie contesté

Véronique Richez-Lerouge, présidente de l'association Fromage de terroirs, réagit au projet de nouvelle aire d'appellation du camembert de Normandie (AOP) qui oublie presque entièrement la Seine-Maritime (sauf deux communes). Elle le dit dans un courrier à l'INAO, l'institut national de l'origine et de la qualité à qui elle demande de revoir l'aire d'appellation, et publié ci-dessous.

« Lors de la séance du 13 juin 2019, le comité national des appellations d’origine relatives aux appellations l’origine laitières, agroalimentaires et forestières de l’Inao, a décidé la mise en consultation publique du projet d’aire géographique de l’appellation d’origine susmentionnée. Dans le cadre de la révision de l’AOP, le projet de nouvelle aire géographique protégée du camembert intègre 1 181 communes ou partie de communes réparties sur les départements du Calvados, l’Eure, la Manche, l’Orne et la Seine-Maritime.

Le périmètre de cette aire, à la date de présentation du projet d’aire géographique au comité national compétent, englobe le territoire des communes suivantes sur la base du code officiel géographique de l’année 2019. En l’état actuel de la proposition, l’aire géographique de l’AOP camembert de Normandie s’étendra sur trois départements. Ne figurent que deux communes de Seine-Maritime (contre zéro avant), Sandouville et Saint-Vigor-d'Ymonville, et une dizaine de nouvelles dans l’Eure, dans la liste officielle.

« L'histoire du camembert trahie »

L’absence de la Seine-Maritime trahit d’une part, l’histoire du camembert normand, et relève d’autre part, d’une décision discriminatoire et incohérente d’un point de vue économique. L’identité normande du camembert serait-elle désormais à géométrie variable ? Non, bien-sûr, c’est un tout qui ne saurait s’accommoder de l’appréciation géographique du moment au gré de la conjoncture ou des intérêts particuliers.

La Normandie, berceau du célèbre fromage, ne peut ignorer l’un des bocages qui a longtemps compté dans l’essor du camembert, notamment au début du 20e siècle, avec le développement des moyens de transport. Il suffit d’aller visiter le Musée du camembert pour y découvrir pléthore d’étiquettes et de codes de laiteries qui témoignent d’une forte activité économique liée au camembert, jusqu’en 1950 : on y dénombrait pas moins de 26 laiteries, fromageries et négociants, rien qu’en Seine-Maritime, nommé la Seine-Inférieure avant 1955. Si en 2008, ce département a été retiré à tord de l'AOP actuelle, c’est justement une belle opportunité de le réintégrer par fidélité à la mémoire, à la tradition, aux usages, sans parler du goût. Le terroir seinomarin donnait un caractère plus iodé au camembert.»

En outre, le principal argument de l’Inao par le truchement de l’ODG Camembert de Normandie, repose sur la «relance » de l’appellation d’origine pour justifier la pasteurisation, comptant pour cela sur l’installation de nombreux producteurs laitiers. C’est pourquoi, nous nous étonnons de l’absence d’un bassin laitier tel que la Seine-Maritime. La demande est-elle si forte que le comité national n’a pas jugé nécessaire de l’intégrer dans la future aire ?

Les troupeaux de vaches normandes y sont déjà implantés et ne demandent qu’à s’y développer ; la géologie seinomarine est mixte, composée de zones de plaines et de zones herbagères, à l’instar de certaines parties du Calvados ou de l’Eure. Quant à son climat et sa pluviométrie, ils sont identiques à ceux des départements voisins. Il réunit donc toutes les conditions pour être éligible.

Camembert fermier en Seine-Maritime exclu

Cette décision est d’autant plus surprenante que la Ferme des 5 Frères située à Bermonville, a manifesté son souhait d’intégrer l’aire de l’appellation. La ferme familiale dispose déjà d’un atelier de fabrication avec une capacité de 800 camemberts par jour et annonce des projets d’agrandissement pour faire face au succès de son camembert fermier au lait cru, que l’on peut trouver localement chez des affineurs renommés et sur les bonnes tables régionales. De même, Aline Catoir, agricultrice basée à Conteville, a fait une demande dans ce sens. Elle souhaite valoriser le pâturage en entrant dans l’AOP. Il n’est pas impossible que d’autres demandes sesoient manifestées…

Actuellement, l’AOP camembert de Normandie n’est pas riche en producteurs fermiers, c’est même une appellation d’origine sinistrée de ce point de vue. Elle n’en compte que trois dans l’Orne, face à une filière industrielle puissante. Les 5 Frères serait le quatrième et le seul en Seine-Maritime. Alors pourquoi se priver d’une telle opportunité quand on sait que la précieuse image du label que de nombreuses filières revendiquent, repose essentiellement sur la production fermière et artisanale ?

Nous notons aussi que dans un communiqué de presse daté du 25 janvier 2019, Hervé Morin, les producteurs de camembert de Normandie et l’Inao expliquaient que la révision du cahier des charges Camembert de Normandie AOP prévoyait une extension de l’aire géographique d’appellation à toute la Normandie. En l’état, l’extension proposée est quasi inexistante. Oubliée depuis 2008, la Seine-Maritime dont les caractéristiques géologiques, géographiques et climatiques ne diffèrent pas de celles du Calvados ou de l’Eure, doit légitimement redevenir le quatrième terroir du camembert.

À ce titre, nous demandons officiellement à l’Inao au nom des « usages locaux, loyaux et constants» consacrés dans la Loi du 6 mai 1919 relative à la protection des appellations d’origine dont nous avons fêté le centenaire cette année, de revoir sa proposition de nouvelle aire géographique. Les appellations d’origine sont la résultante d’une construction historique dont nous sommes les légataires, ce qui nous obligent à considérer le terroir avant le territoire, l’héritage avant le marché, l’histoire avant le marketing.


 

Commentaire de Florestan:

Ras-le-bol des ronds-de-cuir de l'INAO ou d'ailleurs qui nous compliquent la vie au lieu de nous la simplifier!