Le demande des communes bretonnes du Pays de Fougères d'intégrer le futur périmètre de l'AOC Camembert de... Normandie a reçu le soutien du député du coin avec un argument qu'il faut entendre car il témoigne de l'urgente nécessité de restaurer, sinon de réparer une Normandie dont les Normands n'avaient pas pris assez soin des années durant. Voici donc un passif de la division normande doublé d'un mépris normand pour la Normandie  avec pour conséquence cette gifle de mauvaise foi toute bretonne:

En quoi un camembert breton élaboré avec le lait de vaches de race normande serait-il moins normand qu'un camembert normand élaboré avec le lait de vaches hollandaises?

L'argument principal justifiant la réforme du cahier des charges de l'AOC/AOP Camembert de Normandie, réforme soutenue par Hervé Morin, est ici totalement dévoyé car l'enjeu est, précisément, de renormandiser le troupeau de vaches laitières de Normandie.

Cela rend aussi plus que jamais pertinente notre idée de créer une AOC/AOP LAIT DE NORMANDIE.


 

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https://actu.fr/societe/et-le-camembert-normandie-aop-etait-fabrique-le-lait-vaches-bretonnes_27639681.html

Et si le camembert de Normandie AOP était fabriqué avec le lait des vaches bretonnes ?

Le débat est lancé alors que des communes bretonnes souhaitent rejoindre le périmètre de l'AOP du camembert.

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L’annonce de cette candidature des communes bretonnes souhaitant rejoindre le périmètre de l’AOP a hérissé le poil de certains… Et si du lait breton servait à fabriquer du camembert de Normandie ? Le débat est lancé.

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L’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) a décidé de réviser le cahier des charges et l’aire géographique de l’AOP du camembert. Les communes qui remplissent les nombreux critères et exigences de ce label étaient donc invitées, si elles les souhaitaient, à postuler pour rejoindre la fameuse appellation avant le 9 septembre.

Mêmes territoires

C’est précisément ce qu’ont choisi de faire plusieurs communes du pays de Fougères. Le député Thierry Benoit a soutenu la démarche de plusieurs communes d’Ile-et-Vilaine séduites par cette opportunité :

Les territoires limitrophes de la Manche, qui ont des prairies, avec une pluviométrie similaire, pourraient être des candidats intéressants pour cette AOP. Nous avons sur notre territoire des éleveurs amoureux de cette race qui pourraient ainsi valoriser leur production laitière. On peut se questionner : est-il préférable d’avoir du lait de normandes qui pâturent en Bretagne ou du lait de Prim’holstein dans le Sud-Manche ? Une partie du lait breton est déjà transformé en Normandie, cela ne changerait pas grand-chose pour certains.

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L’élu ne veut pas entendre parler, par le biais de cette démarche, d’un effet d’aubaine :

Il y a d’autres appellations comme le comté qui s’affranchissent de certaines frontières. Parmi les critères de sélection, est indiqué le fait d’avoir déjà produit du camembert dans le passé, ce qui est le cas de nombreuses communes du pays de Fougères. Dans notre esprit, il n’y a pas de mauvaise pensée de créer une quelconque querelle autour de ce produit.

Vives réactions chez les Normands

Malgré ce solide argumentaire, les réactions ne sont pas forcément enthousiastes du côté des Manchois. David Aubrée est à la tête de l’entreprise Réo, qui produit du camembert au lait cru à Lessay. Chaque année, plusieurs millions de camemberts sont transformés sur place, fournis grâce au lait des agriculteurs locaux. Le responsable de Réo indique :

Tout notre lait provient d’un périmètre de 30 km autour de l’usine, et nous n’avons pas de souci de ressource. Dans la Manche, le lait pour l’AOP représente entre 3 et 5 % de la production.

Il a du mal à envisager une issue positive pour cette demande :

Nous sommes favorables au maintien de l’aire géographique en Normandie. L’origine du lait est pour nous un élément très important dans notre démarche. Nous défendons notre savoir-faire et notre valeur ajoutée.

« Un produit de qualité »

Cette candidature bretonne revêt néanmoins un aspect positif selon lui :

Cela prouve que nous avons là un produit de qualité, avec une belle valeur ajoutée pour les producteurs. Avec ce changement du cahier des charges, nous aspirons à monter encore en qualité, en augmentant le pourcentage d’herbe sur l’année et la part de lait issu des vaches normandes.

Emmanuel Armenoult, fromager, est installé à Cherbourg. Il s’est fendu d’un texte dans lequel il défend la qualité du produit normand :

Le camembert, c’est notre patrimoine et il faut le défendre. Dans ma boutique, je ne vends que du camembert au lait cru, et de Normandie. Et j’y tiens !

« Un retentissement inhabituel »

L’heure est maintenant à l’étude des candidatures… Selon Marie Guittard, directrice générale de l’INAO :

On a reçu de très nombreuses observations, environ 400, qui sont en cours de dépouillement. On va regarder s’ils prouvent qu’ils ont des raisons d’intégrer l’aire. Cela va être à la commission d’enquêter et ensuite à l’organisme de défense et de gestion de statuer. On en aura pour plusieurs semaines. Il y a des limites administratives qui ne répondent pas forcément aux mêmes critères agro-pédo-climatiques. C’est un travail qui est important car la moindre faille pourrait être exploitée juridiquement.

Marie Guittard s’étonne que l’AOP du camembert provoque de telles réactions :

On effectue des consultations pour des modifications de cahier des charges très souvent. D’habitude, les réactions sont locales. Mais là, c’est un retentissement inhabituel. On touche quelque chose du patrimoine collectif des Français. C’est peut-être dû à l’histoire ? Le camembert est devenu un symbole comme la baguette. Pourtant, c’est un fromage dont la consommation diminue mais j’ai l’impression que c’est vraiment l’image des fromages français.