La haute trahison du Havre et de la Normandie est en marche...

Après s'être rendu dans la matinée ( le 25/10) à Rouen pour assurer le service minimum de la compassion et de l'indemnisation des Rouennais éprouvés par la catastrophe Lubrizol, le Premier ministre Edouard Philippe, ci-devant député LR du Havre a fait une "visite surprise" (sic!) dans "sa" ville portuaire pour arpenter les pontons du bassin Vatine et saluer les skippers qui s'apprêtent à partir à la conquête de l'Atlantique à l'occasion d'une nouvelle édition de la Transat Jacques Vabre, du nom du fameux "Gringo" qu'on voyait arpenter, dans une pub à la télé, l'Altiplano andin à la recherche du meilleur grain de café possible...

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Tout ça, vous le savez bien, c'est du pipeau, du symbolique, du virtuel, de l'image, de la com...

On se souvient comment une ancienne cité portuaire puissante, reine du commerce maritime mondial a fini: Venise avait génialement géré son déclin maritime et commercial en le mettant en scène, en devenant, dès le XVIIIe siècle, une ville de plaisirs, de fêtes, de spectacles de la communication permanente. Les vraies réalités maritimes se sont éloignées de la Sérénissime et il semble que pour l'avenir d'un grand port maritime comme celui du Havre qui demeure coincé entre ses terminaux inachevés et un terminus perdu dans le bordel parisien, Edouard Philippe ait, en tête, la solution vénitienne: les paquebots et les touristes viendront compenser le reflux du port et de l'industrie, son éloignement depuis la ville (les bassins du port mort servent à l'accueil temporaire des voiliers d'une course au large ou de grands miroirs d'eau pour magnifier l'absence d'idées des promoteurs immobiliers) alors que le vrai sujet est de désencalminer un port bloqué sous la barre des 3 millions d'EVP annuels et qui demeure rachitique dans le développement de sa logistique terrestre... Sujets trop durs, trop réels donc trop ennuyeux pour des élites plus parisiennes qu'havraises surtout préoccupées par la poursuite de leurs plaisirs.

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Oui, c'est vrai... Ce n'est plus le Normandie ou le France en partance pour New York... On fait ce que l'on peut avec ce qui peut encore naviguer!

Car les choses sérieuses pour l'avenir de la cité maritime du Havre ne se passeront pas ce 27 octobre 2019 date prévue pour le départ de la Transat Jacques Vabre... C'était deux jours avant: le 24, dans la glaise humide d'Aubencheul-le-Bac au bord d'un canal entre Scarpe et Escaut... Symboliquement (et le symbole est visuellement catastrophique), le ci-devant député-maire du Havre, se tenait de guingois sur la planche incertaine d'un naufrage futur...

Mais que faisait-il sur cette planche?

Le plongeon final?

Définitif?

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Lire ci-après:

https://www.liberation.fr/france/2019/10/24/edouard-philippe-confirme-le-soutien-de-l-etat-au-projet-du-canal-seine-nord-europe_1759514

Edouard Philippe confirme le soutien de l'Etat au projet du canal Seine-Nord Europe

Le Premier ministre, longtemps opposé au projet, était en visite jeudi dans le Nord pour réitérer l'engagement de l'Etat en faveur du canal. Inaugurée au mieux en 2028, cette autoroute fluviale reliera le bassin parisien à l'Europe du Nord.

Signe des dieux ? La Lucky Way, péniche tranquille, passe sur le canal de la Sensée, entre la Scarpe et l’Escaut, indifférente au déploiement des forces de l’ordre à Aubencheul-au-Bac. C’est là que débouchera le futur canal Seine-Nord Europe, à 12 kilomètres de Cambrai (Nord). Sur la rive, devant les élus tout ouïe, le Premier ministre est venu réitérer jeudi le soutien financier de l’Etat : 1,1 milliard d’euros, sur les 4,4 milliards nécessaires. L’Etat s’est fait si longtemps désirer que le maire de Marquion, 900 habitants – là où devrait s’installer l’une des quatre plateformes logistiques du projet –, ne cache pas sa jubilation. Enfin, voir le bout de ce dossier serpent de mer, placardisé, ressuscité, remis en doute il y en a encore peu. «C’est une confirmation importante», confie l’élu. Il espère «1 200 emplois créés dans un premier temps». C’est la fin des moqueries de ses administrés : «lls me disent, tu racontes des histoires avec ton canal, ça fait longtemps que t’en parles», sourit-il. La voie d’eau ne sera au mieux inaugurée qu’en 2028, mais il tient sa preuve vivante avec la venue d’Edouard Philippe. Un bonus à cinq mois des municipales.

Goulot d’étranglement

Edouard Philippe, ancien maire du Havre, a longtemps été opposé à ce projet pharaonique, qui avantage le port concurrent de Dunkerque. Ce jeudi matin, il écoute, sans moufter, les explications techniques. Aujourd’hui, entre le bassin parisien et le nord de l’Europe, seules des péniches de 700 tonnes peuvent circuler. Un goulot d’étranglement. «C’est comme si deux autoroutes étaient reliées par une départementale» : Xavier Bertrand, le président du conseil régional des Hauts-de-France, fait la leçon, didactique. Le canal Seine-Nord sera à grand gabarit, capable d’accueillir des péniches de 4 400 tonnes. «Ce qui divise par deux le coût du transport et le rend compétitif», complète Bertrand. Ces monstres des fleuves, jusqu’à 185 mètres de long, qui portent l’équivalent de 200 camions, n’auront plus que six écluses à passer, contre 19 aujourd’hui.

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Le chantier du Canal Seine Nord Europe prévoit-il 60% de travailleurs détachés ?

«C’est un projet qui est vert», s’enorgueillit Catherine Jacquart, la responsable du secteur pour la Société du canal Seine-Nord Europe. «Le transport fluvial émet trois fois moins de CO2 que le transport routier.» L’atout est prometteur, avec un frêt fluvial en constante progression : en 2018, dans le Nord-Pas-de-Calais, 14 millions de tonnes de marchandises ont pris les péniches, soit une augmentation de 30% en dix ans. Beaucoup de céréales, précise Luc Féret, directeur adjoint des Voies navigables de France. «On prévoit un doublement du trafic dans les cinq années suivant l’ouverture du canal Seine-Nord», note-t-il.

«Chantier du siècle dans la région»

Edouard Philippe la joue sobre, dans sa prise de parole : «Ce projet a été porté par l’Etat, par les collectivités territoriales, pour le bénéfice de tout le monde.» Xavier Bertrand boit du petit-lait, vante un «chantier du siècle dans la région», qui devrait créer «des dizaines de milliers d’emplois» et salue «une décision politique, dans le vrai sens du terme». Avant de brocarder, vindicatif : «Si on avait laissé faire les technocrates et les comptables qui peuplent Paris et ne voient pas au-delà de leur bout de nez, on n’en serait pas là.» Il hausse les épaules pour un tacle vachard : «Dans une start-up nation, on n’a pas besoin d’aménagement du territoire.»

C’est qu’il a dû guerroyer, des élus de tous bords à ses côtés, pour éviter au canal Seine-Nord le cimetière des grandes infrastructures. «Il a fallu que les collectivités territoriales prennent le pilotage, et prennent le risque sur cette affaire-là», insiste Xavier Bertrand. Les régions d’Ile-de-France et des Hauts-de-France, ainsi que les quatre départements concernés, Nord, Pas-de-Calais, Somme et Oise, ont été à l’origine de la Société du canal Seine-Nord Europe, qui porte le projet, et se sont engagées financièrement au même niveau que l’Etat (1,1 milliard d’euros). L’Union européenne a mis le reste, soit 2,2 milliards. «J’entends souvent des gens qui se demandent à quoi elle peut servir, en voilà un exemple», glisse le Premier ministre.

Xavier Bertrand salue sa capacité à avoir laissé derrière lui «les préventions du passé», et le promet, les ports de Dunkerque et du Havre sont complémentaires.

(Commentaire de Florestan: ports complémentaires oui! Mais dans le naufrage face à Anvers et Rotterdam. Le lobby portuaire belge et hollandais a joué un rôle déterminant pour le positionnement favorable de l'Union européenne dans ce méga-projet. Objectif? La conquête, définitive, de la région parisienne. Et une mise en concurrence des ports français entre eux, notamment Dunkerque et Rouen pour l'exportation des céréales du bassin parisien...)

Il n’oublie pas son vieil ami Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, également présent. «Il a été un super avocat du canal Seine-Nord.» Lequel doit filer pour rejoindre Tourcoing. Gérald Darmanin s’y représente, pour les prochaines municipales.


 

Commentaire de Florestan:

A force de ménager la chèvre du Canal Seine Nord avec le choux portuaire havrais selon l'aporie irresponsable fondamentale du macronisme en marche vers on ne sait où (vous savez, la fameuse formule du "et en même temps..."), Edouard Le Traitre nous signifie sans plaisanter que l'avenir le plus plaisant possible pour le grand port maritime du Havre est dans la course au large de la plaisance.

Pour ceux que cela intéressent:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/havre/premier-ministre-edouard-philippe-visite-village-depart-transat-jacques-vabre-1741353.html

En effet, les skippers de la Transat Jacques Vabre doivent transporter avec eux quelques dosettes de café entre la côte normande et celle des Antilles pour les aider à rester à demeurer éveillés pendant les quarts de nuit. Ils transportent du café en effet. Mais puisqu'on parle du transport maritime du café première boisson consommée dans le monde, les affaires sérieuses se passent depuis longtemps non pas au Havre mais à Hambourg: demain le café Jacques Vabre déboulera plus encore sur le zinc des brasseries parisiennes non pas depuis Le Havre mais depuis Hambourg via le ... Canal Seine Nord!

REVENDICATION NORMANDE:

NOUS EXIGEONS AU MOINS UN MILLIARD € DE L'ETAT POUR LA MISE A NIVEAU LOGISTIQUE DE LA VALLEE DE LA SEINE NORMANDE ET POUR LA MODERNISATION DE L'HINTERLAND DES GRANDS PORTS MARITIMES NORMANDS AVANT L'OUVERTURE DU CANAL-SEINE-NORD!