Nous vous donnons à lire le dernier communiqué du réseau citoyen du Cercle de l'Opinion Normande qui revient sur la question d'intérêt régional et national du contournement autoroutier Est de Rouen.

Nous ne ferons pas plus de commentaires à la suite de ce qui est à lire ci-après mais nous avons retrouvé dans les archives de l'Etoile de Normandie ce billet plutôt édifiant à propos de "N.M.R" (Nicolas Mayer-Rossignol, alias le "Nouveau Maître de Rouen"...)

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http://normandie.canalblog.com/archives/2018/08/02/36604396.html


 

LA PALINODIE DES RENIEMENTS

 

Tous les responsables politiques ne sont pas de cet acabit. Fort heureusement.

Le nouveau Maire de Rouen, récemment promu Président de la Métropole de Rouen – Normandie, Nicolas Mayer- Rossignol (N.M.R. pour faire court) nous fait ces temps-ci une démonstration exemplaire du retournement de veste. Cela laissera des traces et...ce n’est pas fini !

L’affaire du Contournement Est de Rouen est de ces épineux problèmes qui suscitent tellement de tergiversations qu’ils paraissent insolubles pour tous ceux qui n’ont pas le courage de trancher. Ce que doit savoir faire un chef.

Depuis… 1972, ce désormais seul point noir de l’Axe routier européen Calais-Bayonne, à savoir le franchissement de la Seine sans passer par le centre de Rouen, est une sorte de serpent de mer que l’État et les différentes collectivités territoriales se révèlent incapables de maîtriser. La Métropole de Rouen est certainement la seule de son espèce à ne pas avoir un évitement périphérique des flux routiers. La question est aggravée du fait que le port céréalier de Rouen recevant les blés de Champagne et de Picardie entraîne un trafic de poids lourds qui, devant emprunter les ponts du centre-ville, sont source d’embouteillages et d’inconvénients écologiques particulièrement éprouvants pour la population.

L’État, par son Préfet Philizot chargé du développement de la vallée de la Seine, était parvenu à mettre les représentants de toutes les collectivités concernées autour de la table, parvenant ainsi à établir une clef de répartition du financement du projet de Contournement Est.

Tous et toutes ont voté le plan de financement.

(ndlr: sauf le département de l'Eure qui s'est retiré en 2017)

Parmi les partenaires, il y avait l’ex demi-région haute Normandie alors présidée par N.M.R. (depuis 2016, la Région Normandie a amplifié son concours), il y avait le Ville de Rouen, dans le conseil de laquelle siégeait N.M.R., il y avait la Métropole de Rouen, dirigée en ces temps par M. Sanchez, s’appuyant sur une majorité de conseillers dans laquelle se trouvait N.M.R.

C’était hier.

Depuis, N.M.R. a brigué la mairie de Rouen et pris le contrôle de la Métropole. Pour ce faire, il a recherché l’alliance des Verts : le prix de cette entente électorale, ce fut le retournement de veste de N.M.R., épousant la répulsion de ces Ecolos contre le Contournement Est. N.M.R. pensait, sans doute, ne prendre aucun risque : il croyait que tous les recours déposés contre le projet impliqueraient son abandon… Patatras ! Le Conseil d’État vient de confirmer la validité du projet.

Partisans et adversaires de ce projet, qui concerne toute la Normandie, soit dit en passant, s’affrontent derechef dans la presse. N.M.R., lui, se tait.

Après avoir trahi ses convictions profondes de partisan du projet hier, va-t-il trahir demain ses amitiés intéressées avec les Verts pour finalement se rallier à la réalisation de cette infrastructure ?

Après tout, les états d’âme de N.M.R. importent peu aux Normands dont la majorité d’entre eux méprise ces palinodies de reniements. Ce qui importe maintenant, c’est qu’on sorte par le haut de cette question non résolue depuis 50 ans. Contrairement aux affirmations péremptoires des adversaires du projet, il y a autant d’arguments écologiques pour l’acceptation du projet que pour son refus. Quant aux arguments économiques et aux nécessités de fluidité des mobilités dans l’agglomération rouennaise, la cause est entendue depuis longtemps.

C.N.O. de Mt-St-Aignan, le 5 décembre 2020


 Pour tenir compte de l'opinion opposée à ce projet, on trouvera intéressante la consultation du site suivant:

https://contournement-est.fr/les-cartes-du-projet

tracé-A28-A13

 Commentaire de Florestan:

Cela fait 50 ans que l'on vit avec ce serpent de mer abandonné par l'Etat à des élus Normands divisés, incapables de prendre une décision. Désormais, la Normandie est réunifiée et l'occasion d'effacer l'un des passifs les plus importants de la division régionale se présente: la clef de financement est trouvée avec les grandes collectivités concernées (sauf le département de l'Eure).

Le changement de position de NMR sur ce dossier est irresponsable et les milieux économiques rouennais n'en peuvent mais!

L'article proposé par Christophe Hubard pour Paris-Normandie (jeudi 2 décembre 2020) a aussi l'intérêt de présenter les arguments en faveur et contre le projet, arguments dont on vous laissera apprécier la plus ou moins grande pertinence...

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/les-forces-economiques-de-la-metropole-de-rouen-mettent-la-pression-pour-que-le-contournement-est-se-fasse-PL17498887

Les forces économiques de la métropole de Rouen mettent la pression pour que le contournement Est se fasse

Contournement Est. Les acteurs économiques ont tenu une conférence de presse pour mettre la pression sur le président de la Métropole Rouen Normandie, sommé de respecter les accords passés à l’époque de Frédéric Sanchez.

« Le contournement Est c’est maintenant », mais surtout pas le changement ! Vincent Laudat, président de la CCI Rouen Métropole donne de la voix.

Réunis hier après-midi au sein de la CCI à Rouen, les acteurs du monde économique local ont défendu le projet de contournement Est et le respect des engagements passés. L’union portuaire rouennaise, le Club Elan Normandie, la chambre de commerce et d’industrie régionale et sa déclinaison locale, tous militent en faveur de cette double autoroute à péage flirtant avec le milliard d’euros censée désengorger Rouen et améliorer l’attractivité économique du territoire.

Rappeler les élus à leurs engagements passés

Depuis la récente décision du Conseil d’État de rejeter les différents recours portés contre l’A133 - A134, le calendrier s’accélère. « Désormais, rien ne s’oppose à l’appel à candidatures d’un concessionnaire [par l’État], à condition que le plan de financement (voir repères) voté en septembre 2017 soit maintenu », défend Vincent Laudat.

En effet, la dernière campagne des élections municipales et métropolitaines a acté le revirement de Nicolas Mayer-Rossignol. Aujourd’hui président de la Métropole Rouen Normandie, le socialiste ne défend plus le projet qu’il avait soutenu quand il présidait la Région Haute-Normandie entre 2013 et 2015.

« L’idéologie est un frein à ce projet, attaque Patrick Coquelet, président du Medef Rouen Métropole. Dans une entreprise, quand il y a un changement de PDG, on ne change pas de stratégie de développement. »

Au sein de la CCI Rouen Métropole, on entend jouer la carte de « la continuité républicaine » en rappelant aux maires socialistes appartenant au « Groupe de la majorité métropolitaine : socialistes et citoyens rassemblés » leurs engagements passés. « La CCI approche les maires, les conseillers (métropolitains) qui prendront position le 14 décembre ou en janvier », évoque Vincent Laudat. Les écologistes ont en effet déjà donné rendez-vous au prochain conseil métropolitain le 14 décembre à l’occasion des débats sur le budget 2021.

En résumé, le milieu économique tente sa chance : désolidariser la base (socialiste) de son président pour tenter de le faire revenir sur son engagement de campagne. Bien que tout soit possible en politique, un tel acte entamerait sérieusement la crédibilité de NMR.

Le financement théorique

Sur les quelque 890 M€ HT estimés (chiffrage de 2014 nécessitant d’être réévalué), 400 M€ seront portés par le concessionnaire, 245 M€ par l’État, 157 M€ par la Région, 66 M€ par la Métropole et 22   M€ par le Département de Seine-Maritime, tandis que le Département de l’Eure s’est retiré du financement en 2017.

Leurs arguments « pour »

Les transporteurs utiliseront le contournement Est   :
Répondant aux arguments estimant que le péage (dont le montant ne sera connu que lors du choix du concessionnaire) dissuadera les transporteurs et les habitants d’emprunter cet axe : «   Les gains de temps et de carburant compenseront cette charge pour les entreprises, les entreprises de transport l’ont vérifié   », promettent-ils. Ainsi, Rouen serait délestée de ces innombrables camions en transit.
Pour être en mesure de proposer des abonnements à tarif préférentiel «   aux habitants et aux entreprises locales, la CCI Rouen Métropole se portera candidate à la concession pour que le coût au kilomètre soit le plus intéressant   ».
Il n’y a pas d’autre contournement possible   :
Si le contournement Ouest (existant) par le pont Flaubert défendu par les écologistes est «   techniquement possible   », dixit Christian Boulocher, président de l’Union portuaire rouennaise, il aurait un coût «   très supérieur   » au contournement Est notamment en raison des péages existants : «   Entre 30 et 50   €.   » En parallèle, «   la mise en place de la future zone à faibles émissions à Rouen est impossible sans l’alternative du contournement Est   », défendent les acteurs économiques. Surtout, une ZFE qui engloberait le pont Flaubert exclurait de facto la possibilité de contourner par l’ouest, prédisent-ils.
(Ndlr: on rappelle qu'il faudrait aussi dépenser quelques dizaines de millions pour optimiser l'accès autoroutier au Pont Flaubert par la rive gauche depuis la Sud III et que même optimisée cette solution ne permettrait pas de prendre en charge la totalité du trafic de transit d'évitement de la région parisienne au risque de surcharger une Sud III déjà saturée matin et soir par le trafic pendulaire de la métropole rouennaise.)
L’occasion de redistribuer les surfaces agricoles   :
Voici un argument qui risque de faire hurler les opposants au contournement Est jugeant le projet écocide : le milieu économique voit là une occasion d’ «   optimiser le fonctionnement des exploitations agricoles dont les compensations foncières permettront d’améliorer le fonctionnement   ».

Les alternatives d’Effet de serre toi-même

Pour les opposants au projet, les arguments sont tout aussi légion et... opposés.
Parmi les opposants, l’association Effet de serre toi-même ! tenait hier sa propre conférence de presse pour proposer plusieurs alternatives :
1 — Développer le report modal de transport de marchandises vers le chemin de fer et le fluvial.
2 — Favoriser des déviations larges Est et Ouest des trafics de transit internationaux par des itinéraires autoroutiers existants et interdire le transit à Rouen. La déviation Est consiste, après Orléans, à basculer sur l’A19 au sud de Paris, puis de récupérer l’A26 pour rejoindre le nord de la France. La déviation Ouest emprunte l’A29 et le pont de Normandie. «   Nous proposons qu’au niveau de l’échangeur du Pucheuil il devienne interdit d’emprunter l’A28 pour les camions en transit, indique l’association. Ce qui fait un détour d’une heure (90   km) en passant par Caen avant de récupérer l’A88 et de rejoindre l’A28 au niveau de la connexion de Sées.   »
(Ndlr: argument "yakafokon" totalement inepte parce que le périphérique de Caen est déjà régulièrement surchargé et parce que l'A88 est l'une des autoroutes les plus chères de France!)
3 — Pour le trafic d’échange, une autorisation serait octroyée sur l’A150-A151 et l’A28, excepté sur les plages horaires suivantes 7 h 30 - 9 h 30 et 16 h 30 - 19 h, «   ce qui aura pour effet de ne pas surcharger les infrastructures de transport pendant les heures de pointe pendulaires   ».
4 — Utiliser le boulevard maritime comme itinéraire de délestage à la Sud III.
5Limitation à 30 km/h des poids lourds sur l’aire urbaine de la Métropole Rouen Normandie. 
(Ndlr: certainement pour permettre aux cyclistes métropolitains électeurs de NMR de doubler lesdits poids-lourds!)
À côté de ces propositions, voici deux arguments contre le contournement Est régulièrement avancés : la destruction de près de 150 hectares de forêt et de plus de 300 hectares de terres naturelles et agricoles pèsent lourd dans la balance des « anti » contournement Est.
(Ndlr: c'est sur ce sujet que l'on trouvera le grain à moudre avec la nécessité de financer les compensations écologiques à ces destructions. Hervé Morin, le président de la Normandie propose d'y consacrer 20 millions... Un beau geste à l'égard de la métropole rouennaise. Silence radio de NMR...)
L’augmentation de plus de 50 000 tonnes de CO2 par an (reconnue par le Conseil d’État) semble également incompatible avec les engagements pris par la France en 2015 lors de la COP21 pour baisser ses émissions de CO2, en réponse à la crise climatique.
(Ndlr: cette augmentation est à relativiser avec la montée en puissance des nouvelles motorisations dans le transport routier, on pensera à l'hydrogène...)

Voir aussi le communiqué de presse suivant de Bertrand Bellanger, président du conseil départemental de la Seine-maritime (07/12/20) qui fait état d'une lettre envoyée par le préfet de région de Normandie au président de la métropole de Rouen et au président de la Normandie:

Saisine du Préfet pour confirmer le soutien au Contournement est

« J’ai reçu ce jour un courrier du Préfet de la région Normandie, Préfet de la Seine-Maritime, adressé également à Hervé Morin, Président de la Région Normandie, et Nicolas Mayer-Rossignol, Président de la Métropole Rouen Normandie, invitant nos collectivités respectives à réaffirmer leur engagement financier en faveur du projet de liaison A28/A13 – Contournement est de Rouen.

Bien évidemment, je proposerai à l’Assemblée départementale d’examiner la requête du Préfet tout prochainement.

Je tiens à rappeler que, depuis de nombreuses années, notamment lors des séances plénières des 20 juin 2016 et 22 février 2018, le Département de la Seine-Maritime a toujours soutenu ce projet et ce, quelles que soient les majorités en place.

C’est ainsi qu’à titre personnel, je souhaite que notre collectivité puisse confirmer ce soutien et avec une large majorité, comme ce fut toujours le cas.

Ce soutien se matérialise par un engagement du Département à hauteur de 22 millions d’euros, auxquels il convient d’ajouter les 6,5 millions d’euros nécessaires à la réalisation du « barreau de Quincampoix ». Cette dernière réalisation étant intégralement financée par la collectivité départementale. »