Le Havre est vraiment la ville à nulle autre pareille: une mythologie urbaine est même en passe d'y renaître. Une mythologie urbaine voilà qui est bien plus ambitieux qu'un simple esprit des lieux, plus discret qui réserve jalousement ses charmes aux seuls autochtones... Le port international, la situation dans un bout du monde, des cieux immenses avec leurs lumières magiques, la mer et son invitation infinie au voyage et à la liberté. Mais aussi et surtout, la beauté radicale de l'architecture proposée par Auguste Perret sur la table rase de septembre 1944.

Ce billet est accompagné des magnifiques images havraises proposées par Hervé SENTUCQ

Afficher l'image d'origine

http://www.panoram-art.com/galerie/france/12962-france-Seine-Maritime-Promenade-Le-Havre-panorama-sentucq.jpg.php

Les mythologies du passé havrais ont été tuées lors de la Libération (le port américain) ou sont mortes depuis (les grands paquebots et la séparation du port d'avec la ville). Mais depuis quelques temps (depuis le classement UNESCO?) une nouvelle mythologie havraise se reconstruit dans l'oeil des cinéastes et des écrivains autour d'une nostagique évocation des splendeurs maritimes passées (encore les paquebots) mais aussi les beautés contemporaines havraises qui inspirent les graphistes, les designers, les créateurs venus de Paris pour y respirer un grand bol d'air libre.

Le 500ème anniversaire de la fondation de la ville du Havre de Grâce (1517 - 2017) s'annonce donc sous les meilleurs auspices en ce qui concerne l'image de la ville qui demeure ce qu'elle fut dans la tête des imbéciles.

La prochaine étape de cette reconquête havraise au coeur de la renaissance normande pourrait être une candidature à être "capitale européenne de la culture" en réseau avec Caen et Rouen: un beau projet mobilisateur pour les trois grandes villes normandes!

Mais ce n'est pas encore suffisant pour enrayer la perte continue d'habitants pour la ville centre, la plus grande commune de Normandie enserrée dans une agglomération enclavée et trop petite: d'où la nécessité de construire autour du Havre, le pays de l'Estuaire au coeur de la Normandie avec la côte d'azur augeronne de Honfleur à Deauville mais aussi avec le Pays d'Auge (Lisieux et Pont-L'Evêque)


 

http://www.ouest-france.fr/normandie/le-havre-se-devoile-dans-les-yeux-de-ses-ecrivains-3978638

Le Havre se dévoile dans les yeux de ses écrivains

Un documentaire de 52 minutes raconte le lien de sept écrivains qui ont grandi au Havre avec la cité portuaire. Il y est projeté en avant-première ce soir, puis sur France 3.

Sur fond de musique baroque, surgit une mer translucide. Le Havre, avec sa plage, ses galets, sa fameuse église Saint-Joseph et son architecture singulière apparaissent à l’écran. « Au commencement, il y a une ville : Le Havre », narre une voix d’homme. « Le Havre, c’est une ville qui est unique au monde, qui a de la gueule », témoigne la romancière Maylis de Kerangal.

C’est avec une beauté dans le choix des images et des textes que débute De la plage à la page. Écrit par Christian Clères, scénariste depuis vingt-cinq ans, ce documentaire fait la part belle à sept écrivains primés, tous originaires du Havre. « Je savais que certains de ces romanciers étaient Havrais, explique Christian Clères. Réaliser un documentaire sur ce sujet m’est apparu comme une évidence à la suite d’une discussion que j’ai eue lors d’un reportage à la Maison de la culture en 2014. »

Qualité de l'ennui

Guillaume Le Touze, prix Renaudot 1994, Philippe Huet, grand prix littérature policière 1995 ; Benoît Duteurtre, prix Médicis 2001 ; François Vallejo, prix du livre Inter 2007 ; Maylis de Kerangal, prix Médicis 2010 ; Linda Lê, prix Renaudot du livre de poche 2011 et Christophe Ono-dit-Biot, grand prix du roman de l’académie française 2013…Tous ces romanciers ont un lien privilégié avec la cité océane, imaginée en 1517 par François Ier et repensée après les bombardements de septembre 1944 par l’architecte Auguste Perret. Tous ont accepté de témoigner. « Ils se confient beaucoup, souligne le scénariste. Chacun est heureux de parler de son adolescence. Dans les années 1970, il y avait au Havre une qualité de l’ennui. »

De la plage à la page, mardi 19 janvier à 20 h 45 au cinéma du Havre Le Sirius. Diffusion sur France 3 Normandie le 25 janvier à 23 h 40, le 1er février sur France 3 Normandie, Pays-de-la-Loire, Île-de-France et Centre.