Voici la nouvelle tendance qui se développe avec l'explosion des pratiques numériques:

La transformation des espaces publics urbains, de préférence les plus agréables (parcs publics) les plus monumentaux ou les plus historiques pour en faire des "espaces games" afin que les nouvelles générations de zombies connectés en permanence puissent revenir en ville et sortir du confinement de la chambre avec l'écran d'un smartphone ou d'un ordinateur portable comme seul compagnon de vie!

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Frédéric Sanchez, président de la métropole de Rouen, un pokémon rare?

On a vu déjà cet été la folie de Pokemon Go. On a encore rien vu! Car pourrait se développer, à terme, les sites accueillant des "espaces games" où les lieux seraient appropriés par des joueurs connectés à leurs prothèses numériques.

La privatisation et la virtualisation généralisée du réel est donc en marche alors que la Normandie, riche de son patrimoine culturel et historique a pourtant tout ce qu'il faudrait pour nous permettre de proposer une alternative sérieuse, intelligente, exigente et de qualité à la disneylandisation totale: c'est l'objectif de développer les principes et les pratiques de "l'histoire publique", une nouvelle approche de la recherche historique proposant une éducation populaire de qualité en utilisant tous les outils possibles, notamment ceux du numérique. Un pratique sérieuse de l'histoire publique doit donc éviter pour l'Histoire mais aussi et surtout pour l'exceptionnel patrimoine historique normand les méfaits de "l'infotainment" lorsque le journalisme s'est mélangé au divertissement:

Il est donc très inquiétant de voir quelques irresponsables du côté des élus proposer une chasse aux Pokémons dans l'enceinte du château de Caen ou la transformation du donjon Philippe Auguste de Rouen en... "espace game"!


Paris-Normandie nous informe donc sur cette polémique qui en dira long sur notre époque...

http://www.paris-normandie.fr/actualites/le-donjon-tour-jeanne-d-arc-de-rouen-abritera-un-jeu-grandeur-nature-d-ici-avril-2017-EE6776754?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=21767f8da2-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-21767f8da2-137315997

Le donjon-tour Jeanne-d’Arc de Rouen abritera un jeu grandeur nature d’ici avril 2017

Publié 09/09/2016 á 18H07
Métamorphose. Le donjon-tour Jeanne-d’Arc, récupéré par la Métropole en janvier dernier, va être transformé en jeu grandeur nature sur l’histoire de la ville. L’ouverture est prévue en avril 2017.

 

L’information devait rester confidentielle jusqu’en octobre, mais une page glissée dans le programme des expositions de la RMM (Réunion des musées métropolitains) a coupé l’herbe sous le pied de Frédéric Sanchez. Le donjon-tour Jeanne-d’Arc est destiné, dans les mois à venir, à prendre « la forme d’un jeu grandeur nature où énigmes, indices et logique seront au rendez-vous. Ce nouveau projet vise à raconter, sous un angle inédit et décalé, l’histoire de la ville de Rouen et de son époque médiévale». Le président de la Métropole, visiblement très déçu que sa surprise ait été gâchée, n’en dira pas plus, sinon que « les musées nouvelles générations sont pour nous une source d’inspiration», en citant par exemple le musée de la Nature et de la Chasse, à Paris, qui parlerait d’à peu près tout sauf de nature et de chasse.

Pas plus de 19 personnes à la fois

Un jeu grandeur nature avec énigmes, indices et tout le toutim, chez les initiés, cela porte un nom, anglais : l’escape game. Et selon nos informations, c’est bien ce qui se tramerait entre les murs du donjon, dernier vestige de la forteresse construite sous le règne de Philippe Auguste, en 1204. Dans ce type d’aventure, les candidats sont enfermés dans une pièce et doivent, pour en sortir, démêler un scénario en soixante minutes. À Rouen, il existe déjà un escape game, le Brainscape. Un scénario autour de Jeanne d’Arc y est d’ailleurs proposé. Les cofondateurs seraient impliqués dans la métamorphose de la tour. Contactée, l’équipe se garde bien de confirmer toute information, mais ceux qui ont désespérément cherché la clé pour se libérer des menottes et des zombies dans le jeu « 60 minutes plus tard », trépignent déjà de savoir quel pourrait être le résultat d’une telle collaboration dans un lieu aussi chargé d’histoire.

Trop chargé d’histoire ? C’est ce qui déplaît à Jean-Pierre Chaline, le président des Amis des monuments rouennais. Le défenseur du patrimoine n’est pas contre « réveiller cet endroit» mais là, « c’est indécent, on ne fait pas n’importe quoi n’importe où ». La nouvelle est arrivée jusqu’à ses oreilles au cœur de l’été et a même fait l’objet d’une discussion entre adhérents de l’association. La réponse est collective. «Nous ne sommes pas contre les jeux médiévaux, j’ai vu des choses avec des énigmes dans les châteaux de la Loire, c’était très bien! Mais là, on parle d’enfermer des gens dans un lieu où Jeanne d’Arc a été menacée de torture. Je vous rappelle également qu’il y a, à proximité, une plaque commémorative rappelant que des Résistants ont été incarcérés ici. À eux, on ne leur a pas donné d’énigmes pour sortir!»

La Métropole devrait exposer officiellement son projet en octobre. Le donjon, lui, doit fermer au public le 19 septembre. Les collections permanentes - quelques maquettes et objets présentant l’histoire du château et des illustres personnages qui l’ont côtoyé - seront réparties dans les différents musées de la RMM. Des travaux seront ensuite entrepris, pour une ouverture prévue en avril 2017. La difficulté sera d’aménager ce lieu, classé, dans lequel pas plus de 19 personnes peuvent se trouver en même temps. Cela donne un aperçu du nombre de visiteurs que ce donjon, dans sa configuration muséale d’un autre temps, attirait...

Céline Bruet

c.bruet@presse-normande.com

un peu d’histoire
Ce donjon, appelé également tour Jeanne-d’Arc, faisait partie du château construit à partir de 1204 sous le règne de Philippe Auguste. Il est le dernier vestige encore visible de la forteresse. C’est dans ce château que se déroula le procès de Jeanne d’Arc et plus précisément au rez-de-chaussée. C’est dans ce donjon que l’héroïne fut menacée de torture en présence de ses juges, mais c’est dans une autre partie, aujourd’hui disparue, qu’elle était enfermée. Cette grosse tour cylindrique comprend trois salles superposées et un comble qui est une restitution du XIXesiècle. Classé monument historique en 1840, le donjon fut cédé en 1884 au département de la Seine inférieure, qui le transféra à son tour à la Métropole Rouen Normandie le 1erjanvier 2016.