Jeudi 18 novembre 2016, dans le dernier débat proposé sur France 2 en partenariat avec Europe 1 et le quotidien La Voix du Nord, la question de la réforme territoirale et régionale a fait sa réapparition dans le débat, après une heure et quarante-cinq minutes d'émission, suite à une question d'un télespectateur alsacien postée aux candidats via une video Facebook: notre concitoyen alsacien a posé LA question que tout authentique partisan de la décentralisation régionale souhaiterait poser aux candidats d'une droite républicaine et du centre qui se prépare à revenir aux affaires gouvernementales le printemps prochain:

Doit-on revenir sur le charcutage des régions réalisé en 2014 et 2015 par l'actuelle majorité socialiste dans le seul but de montrer à une Commission européenne qui voulait nous mettre à l'amende que la France était capable de mener à bien une grande réforme structurelle destinée à faire des économies?

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Pour mémoire, notre projet de découpage plus respectueux des réalités géo-historiques françaises:

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http://normandie.canalblog.com/archives/2015/06/25/32268916.html

Le sujet a eu du mal à être pris au sérieux par les candidats surtout lorsqu'ils voulaient continuer à s'exprimer sur le sujet précédent: ainsi Frédéric Poisson voulant dire un mot sur les causes de la montée de la pauvreté en France tout en disant que ces histoires de découpage régional n'intéressaient pas les gens. Ce à quoi Nathalie Kosciusko- Morizet a finement rétorqué que cela n'intéressait effectivement personne à Paris mais que cela met toujours les Alsaciens en colère...

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Justement, c'était à NKM de s'exprimer sur ce sujet la première. Et elle a très bien parlé sur un sujet sur lequel on ne l'attendait vraiment pas...

- La réforme régionale s'est faite d'une façon "ahurissante", sur "un coin de table" et dans un "total mépris des territoires".

- Il faut revenir au droit d'option pour un département de quitter une région pour en rejoindre une autre. Il faut des régions cohérentes dans lesquelles les territoires veulent se retrouver pour travailler dans le respect des identités culturelles et historiques a précisé Nathalie Kosciusko-Morizet: NKM de citer expressément le cas de la Loire Atlantique devant rejoindre la "grande" Bretagne (sic!)

- Pour l'Alsace, le droit d'option doit s'exercer pour le Haut et le Bas-Rhin pour leur permettre de recréer une région Alsace

Bruno Lemaire: décevant, comme d'habitude sur ce sujet, n'a pas évoqué la réunification de la Normandie, certainement trop évidente pour affirmer qu'il fallait maintenir les départements qui constituent le "socle de notre identité territoriale" tout en proposant de fusionner les caisses d'allocation familiales avec le conseil départemental.

Nicolas Sarkozy veut tout refaire:

- Demander à toutes les régions si elles veulent rester telles qu'elles sont ou non.

- Revenir à la réforme du conseiller territorial supprimée en 2012 qui devait permettre la fusion entre la région et le département

- Un statut spécial de collectivité territoriale unique d'outre mer pour la Corse

 François Copé pense la même chose que Nicolas Sarkozy tout en affirmant qu'il faut maintenir les communes.

Alain Juppé, qui tient visiblement à sa "Nouvelle Aquitaine" (sic!), ne veut surtout pas d'un nouveau "big-bang" territorial."Laissons les élus locaux digérer la dernière réforme". Prudent, il souhaite un "pacte de stabilisation financière" entre l'Etat et les collectivités territoriales tout en réclamant une plus grande liberté d'action des collectivités (expérimentations) parce qu'il était plus que jamais "girondin".

François Fillon a rappelé que la réforme territoriale consiste d'abord à faire des économies: on ne saurait le contester mais si une collectivité territoriale ne sert qu'à cela, on passe à côté de l'essentiel!

Enfin, Frédéric Poisson, après avoir dit que ce sujet n'intéressait personne, a fini par dire qu'il fallait favoriser le droit à l'expérimentation locale pour les collectivités territoriales avant de plaider pour le respect des particularités du "peuple corse". Et Nicolas Sarkozy de le corriger en parlant "d'identité corse"... "Peuple corse, je maintiens ce que je dis car c'est ce que je ressens" retorqua l'intéressé.

Pour suivre le débat sur la question qui nous importe, voir le lien ci-dessous (à partir de 1h45):

http://pluzz.francetv.fr/videos/primaire_le_debat_decisif_,148653414.html

Enfin, on connaissait le goût d'Emmanuel Chaunu pour les choses primaires... En voici une nouvelle preuve:

Chaunu primaire