Très symboliquement, après avoir dit ses adieux à l'Assemblée Nationale, l'actuel Premier ministre et ancien député de la Manche et maire de Cherbourg aura à trancher l'avenir du Mont Saint Michel.

On sait que Bernard Cazeneuve est attaché à ce rocher qui fait la fierté des Normands. Mais en tant que Premier ministre, il aura à tenir la dragée haute à Jean-Yves Le Drian, le tout puissant ministre-président de la Défense de la Bretagne dont on connaît le goût pour les approximations géographiques et historiques concernant le Mont Saint Michel. Après cette décision d'importance, il faudra que le dernier Premier ministre du Rouennais Hollande expédie les affaires courantes jusqu'au mois de mai 2017.

Nous surveillerons de très près la position et l'attitude d'Hervé MORIN président de la région Normandie et président de l'actuel syndicat mixte de rétablissement du caractère maritime du Mont qui doit s'arrêter prochainement puisque son oeuvre est achevée. En effet, Hervé Morin pourrait faire sa première grande erreur dans un parcours normand jusque là plutôt satisfaisant s'il devait persister à dire que le Mont Saint Michel est un "joyau" qui doit être "géré" par l'Etat.

Non ! Justement: le Mont St Michel est le joyau de la Normandie et c'est à la région Normandie d'en prendre la gestion.


Lire l'article de Normandie actu:

http://www.normandie-actu.fr/etat-region-collectivite-qui-pour-piloter-mont-saint-michel_255969/

État, région, collectivité : qui pour piloter le Mont-Saint-Michel ?

Quelle gouvernance pour le Mont-Saint-Michel ? État, région, collectivité... les conclusions d'un rapport sur les modalités de gestion du site seront bientôt connues. Explications.

Mise à jour : 16/02/2017 à 14:18 par Gwendoline Kervella

Quelle gestion future pour le Mont-Saint-Michel ? Le rapport est sur le bureau du Premier Ministre. (Photo ©jackmac34/pixabay)

Comment sera géré, à l’avenir, le Mont-Saint-Michel ? Début 2017, le directeur du centre des Monuments nationaux et la préfète de région Normandie ont remis leur rapport au Premier Ministre, Bernard Cazeneuve. Des décisions seront rapidement prises sur la gouvernance du site, classé au patrimoine de l’Unesco.

Une « gestion unifiée, claire et dynamique »

En avril 2016, à l’occasion de sa visite au Mont-Saint-Michel, Manuel Valls, le Premier Ministre de l’époque, avait annoncé le lancement d’une mission d’étude, confiée à la préfète de région et au président du Centre des monuments nationaux. Objectif : favoriser « une gestion unifiée, claire et dynamique entre l’État et les collectivités locales du site ».

Commentaire de Florestan: avec les Bretons comme voisins, il va falloir être très clair en effet!

Le Centre des monuments nationaux pour l’abbaye ; le syndicat mixte Baie du Mont-Saint-Michel (auxquelles participent les régions Normandie et Bretagne, le Département de la Manche et les communes riveraines) pour la gestion économique des parkings, navettes et structures touristiques ; la municipalité pour la sécurité et le cadre de vie des habitants (au nombre de 29) : les partenaires sont nombreux, l’organisation actuelle complexe.

> LIRE AUSSI : Patrimoine. L’ancien cimetière médiéval du Mont-Saint-Michel découvert par les archéologues

Quid du syndicat mixte ?

D’autant que, le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel étant achevé, la question des missions et de l’existence même du syndicat mixte Baie du Mont-Saint-Michel, dont c’était la vocation première, devait se poser.

Manuel Valls avait évoqué une organisation nouvelle : « Elle impliquera les élus, les locaux, les commerçants, les acteurs du tourisme. Une action concertée doit être menée pour améliorer l’accueil sur le site, où le parcours devrait être unifié entre le village et l’abbaye et faire un véritable projet de territoire pour garder les visiteurs le plus longtemps possible ».

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Les régions ne veulent plus gérer les écluses

Qui alors, va désormais gérer les parkings, les navettes, les structures touristiques… ? Le syndicat, toujours présidé par la Région, avec de nouvelles missions ? La nouvelle grande communauté d’agglomération Mont-Saint-Michel-Normandie ? L’État ?

Hervé Morin, président de la Région et président du syndicat mixte s’est exprimé dans Ouest-France en janvier 2017 : « La cohérence, c’est que celui qui a le joyau, l’État, le gère ».

Le rôle de la Région n’est pas la gestion quotidienne d’une écluse ! Mais de porter un projet de développement : promotion touristique, immersion digitale, numérisation, réalié augmentée, schéma de transport, capacité hôtelière.

Anne Gallo, vice-présidente au tourisme de la Région Bretagne, qui siège également au syndicat mixte, est sur la même ligne :

Les travaux terminés, on n’est plus sur une vision technique, mais touristique. Il faut remettre le visiteur au centre de la problématique. On n’a pas à s’intéresser à des parkings. Il nous faut travailler d’une autre manière sur l’axe touristique. Le syndicat mixte n’est plus à même de porter cette priorité du tourisme.
Commentaire de Florestan:
Le Mont St Michel est la pièce maîtresse du tourisme normand. Il doit donc être piloté par la région Normandie. La coopération avec la Bretagne ne doit concerner que la valorisation touristique de la Baie du Mont Saint Michel.

Un plan de gestion pour le site inscrit à l’Unesco

C’est l’autre mission qui a été confiée à la préfète de région : l’installation, en décembre 2016, de la Conférence de la baie, dont l’objectif est de permettre « d’associer le territoire aux grands étapes d’élaboration du plan du bien inscrit au patrimoine mondial, élaboré par l’État avec la collaboration de l’InterScot Baie du Mont-Saint-Michel ».


 

Voir aussi ce qu'on en dit dans la Gazette de la Manche (il s'agit de la gestion future de la baie du Mont St Michel):

http://www.lagazettedelamanche.fr/2017/01/08/mont-saint-michel-la-gestion-de-la-baie-sera-partagee/

La gestion de la baie du Mont-Saint-Michel sera partagée

La première Conférence de la baie du Mont-Saint-Michel a été installée jeudi 22 décembre 2016. Le plan de gestion Unesco sera écrit avec l'ensemble des parties prenantes.

04/01/2017 à 17:06 par pascale Brassinne

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L’idée fondatrice de la Conférence de la baie est d’associer l’ensemble des parties prenantes dans les réflexions sur le devenir de la baie du Mont Saint-Michel : l’Etat, les collectivités territoriales normandes et bretonnes mais également les acteurs socioprofessionnels et les représentants de la société civile.

La préfète de la Région Normandie, Nicole Klein l’a dit très explicitement devant un parterre de deux cents personnes, accueillies à la salle Victor-Hugo d’Avranches par le maire David Nicolas.

Entourée d’Anne Gallo et d’Agnès Poussier-Winsback, respectivement vice-présidente des régions Bretagne et Normandie en charge du tourisme, elle a rappelé que cette mission de coordination lui avait été confiée par le Premier ministre Manuel Valls, lors de sa visite au Mont-Saint-Michel le 25 avril 2016.

« Diriger ce bien de façon partagée »

Le devenir de la baie, coécrit par les divers partenaires, telle est la recommandation formulée par l’Unesco pour ce patrimoine mondial. La Conférence de la baie ne traitera donc pas de « la gouvernance future du site du Mont-Saint-Michel, en cours de réflexion », même si, une fois créée, cette structure aura vocation à rejoindre la Conférence de la baie. Il ne sera pas plus question de l’avenir des barrages du Sud-Manche, a souligné Nicole Klein.

La pléthore d’invités de ce jeudi matin a surpris de prime abord. Les représentants d’associations de défense de la nature, du patrimoine, des historiens, responsables de services de l’Etat, des collectivités territoriales, d’acteurs économiques, de congrégations religieuses, des parlementaires bretons et normands… Et si les représentants de l’Inter-Sage (aménagement et gestion de l’eau entre Normandie et Bretagne) n’avaient pas été invités, comme l’a souligné Christophe Fambon, la préfète a d’emblée répondu « qu’il n’y a pas de difficulté à rajouter des noms. Il n’y a pas d’exclusions. L’important, c’est de faire des propositions ».

Partage, échanges et coordination

Il faut donc voir dans cette assemblée plénière une des missions de cette Conférence de la baie : être un lieu de partage et d’échanges. L’autre mission étant celle de la coordination pour définir une vision stratégique. C’est avec le président du centre des monuments nationaux que la préfète proposera des modalités de gestion unifiée du site, « concertées avec les présidents des collectivités membres du syndicat mixte Baie du Mont-Saint-Michel et le président de la communauté de communes ».

Si elle a terminé ce travail, c’est au président Beleval du Centre des monuments nationaux de le parachever désormais, de sorte qu’un rapport puisse être présenté au Premier ministre, Bernard Cazeneuve, en janvier prochain lors de sa visite au Mont-Saint-Michel.

« Convaincre et pas contraindre »

L’Inter-Scot, réunion des instances normandes et bretonnes en charge d’urbanisme et d’aménagement du territoire dans la baie, travaille sur le sujet en s’appuyant sur l’exemple du Grand Chambord dans le Val de Loire. Son travail aujourd’hui reconnu (lire La Gazette du 7 décembre 2016) en fait un des acteurs actif de cette Conférence de la baie. « Ce plan de gestion doit convaincre et non pas contraindre », a souligné Erick Goupil, président du Scot de la baie et coordonnateur de l’Inter-Scot.

« L’Etat ne se substituera pas aux élus »

Le président du conseil départemental et sénateur, Philippe Bas s’est dit confiant dans « la mobilisation du territoire » pour relever ces défis touristiques, économiques et environnementaux pour protéger le Mont Saint-Michel et sa baie. « Nos collectivités auront besoin de l’Etat, a-t-il rappelé à sa représentante, comme de la Région. La gouvernance est subordonnée à un accord de tous sur ces questions ». Il n’a pas manqué de dire sa « colère » face à des « textes exigeants, des compétences transférées, pas assorties des fonds nécessaires ». Même écho de la part du sénateur Jean Bizet qui veillera à ce que l’Etat ne fournisse pas que l’encre nécessaire à l’écriture de ce plan de gestion de la baie.

Le sous-préfet de Saint-Malo, François-Claude Plaisant, relevait pour sa part que « L’Etat ne sera pas là pour se substituer aux élus, mais il soutiendra les élus en capacité d’agir ». Sur l’aspect des contraintes qui régissent la baie, il note que « la norme est logique et cohérente » dans le cadre de la préservation, mais convient qu’il faut l’articuler et que ça nécessite « qu’elle soit claire et lisible pour tous ».

En conclusion de ces deux heures d’échanges, le consensus semble acquis que chacun soit entendu dans un esprit constructif pour écrire l’avenir du site.