Le peintre normand et honfleurais Eugène BOUDIN s'était rendu célèbre pour ses nuages et ses "beautés météorologiques" célébrées par Baudelaire. Edouard PHILIPPE après avoir traversé à la nage le bassin du commerce de sa bonne ville du Havre dont on célèbre cette année le 500ème anniversaire, s'est lancé dans un nouveau défi:

le commentaire stratosphérique dans un quotidien bobo de Paris jadis fondé par ce prof de philo qui s'ennuyait si fort dans son lycée de "Bouville / Le Havre" qu'il en eut la... nausée !

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Dites-moi, Monsieur Philippe? Quelle est donc votre utilité pour assurer l'avenir de la ville et du port du Havre après 500 années d'existence? Nous n'avons pas besoin d'un dandy dilettante mais d'un mécanicien de la logistique politique pour redresser la barre d'un navire qui navigue à présent sur son erre en raison d'une avarie des machines.

Aux dernières nouvelles, les ports d'Anvers et de Rotterdam se déclarent déjà "port de Paris" dans leur communication. On attend que l'apprenti journaliste et, par ailleurs maire de Bouville, propose à destination des Bobos du Tout Paris le grand article qui leur révélera l'existence des réalités maritimes...

Au lieu de faire des piges (gratuites?) pour Monsieur Joffrin, Edouard Philippe devrait prendre la tête du lobby maritime français dans l'actuelle campagne des présidentielles.

Mais on nous informe que cette place est déjà prise... Par qui?

Par Jean-Luc Mélenchon qui n'est pas très apprécié, d'ailleurs, par la rédaction de Libération (et c'est tant mieux...)

Revenons à Eugène Boudin pour respirer un peu d'air marin:

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Voici le nuage dessiné par Edouard Philippe pour Libération. Aucune allusion à la mer... On boude !

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/02/08/vie-republique-set-et-match_1547274

Chaque jeudi, Edouard Philippe, député et maire LR du Havre, proche d’Alain Juppé, chronique la campagne présidentielle pour Libération.

Pour Marx, l’histoire se répète, «la première fois comme tragédie, la seconde comme farce». Et si nous y étions ?

En 1957, la IVe République est agonisante. Poujade a fait élire 52 députés sur son «Sortez les sortants», l’adhésion aux institutions devient infime, les principales forces politiques, communistes et gaullistes, étant en quasi-dissidence, et le bilan politique est négatif : la reconstruction patine, les dévaluations rognent le pouvoir d’achat, la décolonisation enlise le pays dans la violence.

En 2017, le bilan est aussi sombre : incapacité des gouvernements à résoudre les questions du chômage et des déficits, affaiblissement de l’autorité de l’Etat, disparition affligeante d’une scène européenne que nous avons si longtemps animée. Les sortants, surtout lorsqu’ils étaient favoris, ont été méthodiquement sortis : Sarkozy, Juppé, Hollande, Valls ont été «dégagés» en trois mois.

Tous les survivants de ce jeu de massacre s’érigent en candidats antisystème. Pas seulement ceux dont c’est depuis longtemps la marque. Tous. Y compris Hamon (le PS, antisystème ?). Y compris le représentant emblématique du «système», Macron, dont la profession de foi s’appelle… «Révolution» ! Et y compris le candidat que je soutiens, François Fillon. Si, si. Tous ont compris que la fin du cycle approche. Tous sentent que nous sommes en 1957. Voire en 1788. Ils ont raison.

La nécessité d’une VIe République devrait dès lors devenir un thème central de cette campagne. Je sais : c’est un réflexe bien français de vouloir changer les institutions dès qu’on est mécontent de ceux qui les incarnent ou des politiques menées. Il y a quelques mois, j’aurais pesté devant ceux qui réclament une nouvelle Constitution. Aujourd’hui, je constate que la crise est imminente et qu’en France, on en sort par la violence ou par les institutions. Et parfois par les deux.

La Constitution de 1958 devait rendre aux Français «la confiance en leurs gouvernants», faire du président un «arbitre au-dessus des luttes politiques», permettre au gouvernement de ne pas être «prisonnier du court terme» et garantir que le Parlement représenterait la «volonté politique de la Nation». Dresser cette liste, c’est énumérer ce qui ne marche plus.

De Gaulle voulait une Constitution «pour le peuple que nous sommes, au siècle et dans le monde où nous sommes». Notre peuple change, notre siècle n’est plus le même et notre monde…

Soit nous en prenons acte très vite, soit le «dégagisme» va continuer à sévir et conduire aux solutions extrêmes. Et même si le pire n’est pas toujours certain, il finit par arriver à force de s’annoncer. Marx avait tort. Le bégaiement actuel de l’histoire n’a rien d’une farce. C’est un drame qu’il annonce.


 Commentaire de Florestan:

Aucune allusion à la mer... au Havre. Aucune allusion non plus à Jean-Luc Mélenchon qui a fait du "dégagisme" sa force de conviction. Le nuage d'Edouard circule "main stream" dans la stratosphère parisienne...

Le Havre?